Vue d'ensemble
Sinus et cosinus, tu les manipules depuis la Première comme des valeurs lues sur le cercle trigonométrique. La Terminale en fait des fonctions à part entière : on les dérive, on dresse leur tableau de variations, on trace leur courbe, et on les étudie comme n'importe quelle autre fonction — à ceci près qu'elles sont périodiques, ce qui change complètement la façon de résoudre une équation.
C'est un chapitre court mais à part : il n'y a rien à démontrer au programme, tout se joue sur deux réflexes — dériver correctement une composée du type , et résoudre en n'oubliant aucune solution. Les questions du Bac y sont souvent géométriques : maximiser une aire, une distance, un angle.
Prérequis
- Cercle trigonométrique, radians, valeurs remarquables de sinus et cosinus (Première)
- Angles associés : , , , (Première)
- Dérivation, dérivée d'une composée et tableau de variations (Terminale, chapitres précédents)
- Théorème des valeurs intermédiaires pour l'existence d'une solution (Terminale)
Ici, on ne perd pas de points sur le cours : on en perd sur les solutions oubliées. Une équation trigonométrique a presque toujours deux familles de solutions par période, et la copie moyenne n'en donne qu'une. Nos mentors alumni X · Centrale · Mines te font travailler la lecture sur le cercle jusqu'à ce que le compte y soit systématiquement.
Trouver un mentor Terminale →1. Sinus et cosinus comme fonctions
À tout réel on associe le point du cercle trigonométrique repéré par l'angle de mesure radians. Le cosinus de est l'abscisse de , son sinus en est l'ordonnée. On définit ainsi deux fonctions sur tout entier, à valeurs dans .
L'identité fondamentale en découle immédiatement, par le théorème de Pythagore appliqué au rayon du cercle :
Une fonction est périodique de période (avec ) si, pour tout , . Sinus et cosinus sont périodiques de période : un tour complet du cercle ramène au même point.
Conséquence pratique décisive : il suffit d'étudier ces fonctions sur un intervalle de longueur , puis de translater la courbe de en . C'est ce qui rend l'étude possible malgré un domaine infini.
La fonction cosinus est paire : , sa courbe est donc symétrique par rapport à l'axe des ordonnées. La fonction sinus est impaire : , sa courbe est symétrique par rapport à l'origine.
Combinée à la périodicité, la parité réduit l'étude à l'intervalle : tout le reste s'obtient par symétrie puis translation. C'est l'argument attendu quand un énoncé demande de « justifier qu'on restreint l'étude ».
À connaître sans hésiter, dans les deux sens :
- et ;
- et ;
- ;
- et ;
- et ;
- et .
Moyen mnémotechnique : pour , les sinus valent — et les cosinus se lisent dans l'autre sens.
2. Dérivées, variations et courbes
Les fonctions sinus et cosinus sont dérivables sur , et :
Le signe moins sur la dérivée du cosinus est la source d'erreur numéro un du chapitre. Retiens-le par la courbe : en , le cosinus est à son maximum, donc sa tangente y est horizontale et il décroît juste après — sa dérivée doit donc être négative sur , ce qui est bien le cas de .
Démonstration (lecture du taux d'accroissement — non listée parmi les démonstrations exigibles du BO, mais très classique en exercice)
Le quotient n'a rien d'un calcul ordinaire : c'est une forme indéterminée « », qu'aucune factorisation ne lève. Il faut le reconnaître pour ce qu'il est.
Écrivons-le en faisant apparaître :
C'est exactement le taux d'accroissement de la fonction sinus entre et . Or la fonction sinus est dérivable en , donc ce taux admet une limite quand , et cette limite est par définition le nombre dérivé .
Comme , on obtient , d'où le résultat.
Le réflexe à installer : devant une forme où apparaît une fonction de référence évaluée en , demande-toi si tu n'as pas sous les yeux un taux d'accroissement déguisé. Le même raisonnement donne et .
Pour dérivable, et en particulier pour :
Démonstration (application de la dérivée d'une composée — non listée au BO, mais indispensable en exercice)
La règle générale de dérivation d'une composée s'écrit .
Avec , dont la dérivée est , on obtient directement .
Avec , dont la dérivée est , il vient .
Le cas donne , d'où les deux formules encadrées.
Vérification qui ne trompe pas : dérive et évalue en . Tu dois trouver , pas : la courbe de est deux fois plus « serrée », donc deux fois plus pentue à l'origine.
Sur , on lit les variations directement sur le signe de la dérivée :
- Cosinus : est positive sur et négative sur . Le cosinus croît de à , puis décroît de à : maximum en .
- Sinus : est négative sur , positive sur , négative sur . Le sinus a donc un minimum en et un maximum en .
Les deux courbes portent un nom : ce sont des sinusoïdes, translatées l'une de l'autre de , puisque .
Une fonction de la forme , avec et , s'appelle une sinusoïde. Le réel en est l'amplitude (la fonction varie entre et ), la pulsation, et la phase à l'origine.
Sa période vaut : plus est grand, plus les oscillations sont resserrées. C'est exactement l'écriture des signaux périodiques que tu rencontres en physique-chimie — tension alternative, onde sonore, oscillateur.
3. Résoudre équations et inéquations
Une équation trigonométrique a en général une infinité de solutions, à cause de la périodicité. L'énoncé précise donc toujours un intervalle de recherche — le plus souvent ou .
Lire cet intervalle avant de commencer fait partie de la résolution : les solutions à donner sont celles, et seulement celles, qui s'y trouvent.
- Vérifie que . Sinon, il n'y a aucune solution — et le dire rapporte le point.
- Trouve une solution évidente parmi les valeurs remarquables, ou avec la calculatrice en radians.
- Ajoute la solution symétrique. Comme le cosinus est pair, si est solution, l'est aussi. Sur le cercle, ce sont les deux points de même abscisse, symétriques par rapport à l'axe des abscisses.
- Conclus : l'ensemble des solutions sur est — réduit à un seul élément si ou .
Équation. Résolvons sur . La valeur remarquable donne . Par parité, est aussi solution. L'ensemble des solutions est donc .
Inéquation. Résolvons maintenant sur le même intervalle. Sur , le cosinus croît puis décroît, et vaut exactement en . Il est donc inférieur à de part et d'autre, c'est-à-dire :
Le réflexe : une inéquation trigonométrique se lit sur le cercle ou sur la courbe, jamais par manipulation algébrique. Repère d'abord les solutions de l'équation, puis regarde de quel côté l'inégalité est vérifiée.
Une résolution trigonométrique se vérifie en dix secondes sur le cercle. Place tes solutions, regarde si tu en as oublié, contrôle qu'elles sont bien dans l'intervalle demandé. Nos mentors Majorant installent ce contrôle final comme un réflexe — c'est le meilleur rapport temps investi sur points gagnés de tout le programme.
Préparer l'épreuve de spécialité →4. Étudier une fonction trigonométrique
- Réduis l'intervalle d'étude en invoquant la périodicité, puis éventuellement la parité. Écris-le explicitement : « est -périodique, on l'étudie donc sur ».
- Dérive en soignant les composées et le signe du cosinus.
- Factorise la dérivée — c'est presque toujours possible, et c'est la clé de l'étude du signe. Les identités et servent souvent à cette factorisation.
- Étudie le signe de chaque facteur sur l'intervalle réduit, en résolvant des équations du type .
- Dresse le tableau et conclus sur l'optimum demandé, en revenant au problème concret s'il s'agissait d'une aire ou d'une distance.
Soit sur — une expression qui apparaît naturellement dans les problèmes d'aire de triangle inscrit. Cherchons son maximum.
Dérivée. Par la règle du produit :
Avec , cela devient .
Signe. Posons : le trinôme a pour discriminant , donc pour racines et . Il se factorise en .
Sur , le facteur est positif (nul seulement en ), donc a le signe de , positif tant que , c'est-à-dire sur , puis négatif.
Conclusion. croît sur puis décroît : elle atteint son maximum en , et ce maximum vaut .
5. Erreurs classiques au Bac (vues par les correcteurs)
Sur ce chapitre, les rapports de correction de l'épreuve de spécialité mathématiques signalent des erreurs très concentrées : le signe de la dérivée du cosinus, et le décompte des solutions. Elles se corrigent toutes par un dessin de cercle en marge.
6. Pour aller plus loin
Les fonctions trigonométriques sont le langage naturel de tout ce qui oscille.
- Calcul intégral — les primitives de et donnent les intégrales des fonctions périodiques, et la valeur moyenne d'une sinusoïde sur une période vaut .
- Suites et limites — les suites du type se traitent par encadrement, la fonction sinus n'ayant pas de limite en .
- Physique-chimie — ondes mécaniques, tension alternative, oscillateur : toute grandeur périodique s'écrit , dont la dérivée est exactement celle de cette fiche.
- Géométrie dans l'espace — le produit scalaire fait intervenir le cosinus de l'angle entre deux vecteurs.
- Après le Bac — en prépa, on ajoute la fonction tangente, les formules d'addition et de duplication, les fonctions réciproques arcsin et arccos, et l'écriture , qui unifie trigonométrie et exponentielle.
Récap final — Ce qu'il faut absolument retenir
À la veille d'un DS ou de l'épreuve de spécialité, parcours cette checklist : tu dois pouvoir répondre « oui, sans hésiter » à chaque question.
- Sais-tu définir sinus et cosinus à partir du cercle trigonométrique ?
- Connais-tu l'identité et son origine ?
- Sais-tu ce que la périodicité et la parité permettent de réduire dans une étude ?
- Connais-tu les valeurs remarquables sur sans les chercher ?
- Sais-tu que , et sais-tu vérifier ce signe sur la courbe ?
- Sais-tu démontrer que en reconnaissant un taux d'accroissement ?
- Sais-tu dériver et sans perdre ni le signe ?
- Sais-tu dresser le tableau de variations du sinus et du cosinus sur ?
- Sais-tu résoudre en donnant les deux solutions ?
- Sais-tu résoudre une inéquation par lecture sur le cercle ?
- Sais-tu factoriser une dérivée trigonométrique en posant ?
- Connais-tu les primitives de et ?
Démonstrations à savoir refaire
- Limite de en — y reconnaître le taux d'accroissement du sinus en
- Dérivées de et — appliquer la dérivée d'une composée