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📘 Fiche de cours · 2e année⚙️ PSI⚙️ Sciences de l'Ingénieur

Systèmes échantillonnés et transformée en Z

La commande numérique en PSI : système échantillonné, bloqueur d'ordre zéro, transformée en Z (\(X(z) = \sum x[n] z^{-n}\)), propriété du retard \(z^{-1}\), fonction de transfert et équation de récurrence, stabilité par le cercle unité (\(z = e^{p T_e}\)). Les 2 démonstrations à savoir refaire et les pièges des rapports de jury.

Fiche rédigée par les mentors Majorant — alumni Polytechnique, CentraleSupélec et Mines Paris.

5 définitions3 théorèmes2 démos à savoirMis à jour le 2026-08-01

Vue d'ensemble

Les asservissements modernes sont commandés par un calculateur : le correcteur n'est plus un circuit analogique, c'est un programme qui lit la mesure, calcule et agit à intervalles réguliers . Ce chapitre de 2e année PSI donne l'outil pour analyser ces systèmes échantillonnés : la transformée en Z, équivalent discret de la transformée de Laplace. Elle transforme une équation de récurrence en fonction de transfert , permet d'étudier la stabilité (les pôles doivent être dans le cercle unité) et de programmer un correcteur numérique. Cette fiche établit la propriété du retard, le critère de stabilité en , les 2 démonstrations à savoir refaire et les pièges relevés dans les rapports de jury.

Au programme PSI SII (officiel) — Systèmes échantillonnés : échantillonnage, période , bloqueur d'ordre zéro ; transformée en Z, propriété du retard ; fonction de transfert en , équation de récurrence ; stabilité d'un système échantillonné (pôles dans le cercle unité), correspondance ; correcteur numérique.

Prérequis

  • SLCI, transformée de Laplace, fonction de transfert, pôles et stabilité continue
  • Échantillonnage, théorème de Shannon, bloqueur d'ordre zéro
  • Suites, notation
🎯 Accompagnement Majorant

La transformée en Z déroute par ses analogies avec Laplace. Nos mentors alumni X · Centrale · Mines te font manier le retard , passer d'une récurrence à et lire la stabilité dans le cercle unité — les automatismes attendus en épreuve de SII.

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1. Système échantillonné et transformée en Z

Définition 1.1 — Système échantillonné et commande numérique

Un système échantillonné mélange grandeurs continues (le procédé physique) et grandeurs discrètes (le calculateur). La commande numérique enchaîne : mesure convertie par un CAN tous les , calcul de la commande par le programme, restitution par un CNA. Les signaux internes du correcteur sont des SUITES , où est la période d'échantillonnage.

Définition 1.2 — Bloqueur d'ordre zéro

Le bloqueur d'ordre zéro (CNA) MAINTIENT la commande calculée constante pendant toute la période , produisant un signal en escalier. Sa fonction de transfert continue est . Il assure l'interface entre la sortie discrète du correcteur et l'entrée continue du procédé.

Définition 1.3 — Transformée en Z

La transformée en Z d'une suite causale est la série :

C'est l'équivalent discret de la transformée de Laplace : elle transforme les équations de récurrence (discret) en fractions rationnelles en , comme Laplace transforme les équations différentielles (continu) en fractions en .

Proposition 1.1 — Transformées en Z usuelles

Quelques transformées de référence, à connaître comme la table de Laplace :

  • Impulsion unité : .
  • Échelon unité : (pôle en ).
  • Suite géométrique : (pôle en ).
  • Exponentielle échantillonnée : pôle en .

On lit directement la stabilité sur ces pôles : pour l'exponentielle décroissante, pour l'échelon (limite).

Théorème 1.1 — Propriété du retard ★ À savoir démontrer

Retarder une suite d'un pas d'échantillonnage revient à multiplier sa transformée par :

Démonstration (décalage d'indice dans la série)

Par définition, avec (suite causale) : Posons le changement d'indice (donc ), la somme commençant effectivement à car le terme vaut : CQFD. Ainsi est l'opérateur retard : il joue le rôle que joue en continu. Une récurrence se lit directement en en remplaçant chaque « » par un facteur .

2. Fonction de transfert en z et équation de récurrence

Définition 2.1 — Fonction de transfert en z

Pour un système discret linéaire, la fonction de transfert en est le rapport des transformées de la sortie et de l'entrée (conditions initiales nulles) :

C'est une fraction rationnelle en , dont les pôles (racines du dénominateur) gouvernent le comportement dynamique, exactement comme les pôles en en continu.

Définition 2.2 — Équation de récurrence

Une équation de récurrence relie les échantillons de sortie et d'entrée :

C'est la forme PROGRAMMABLE du correcteur : à chaque période, le calculateur évalue à partir des valeurs passées. La propriété du retard permet de passer de la récurrence à et réciproquement.

📐 Méthode-type — Passer d'une F(z) à une récurrence programmable.
  1. Écrire sous forme d'un rapport de polynômes en .
  2. Produit en croix : .
  3. Interpréter chaque comme un retard de pas ().
  4. Isoler : on obtient la ligne de code exécutée à chaque période .
💡 Exemple — Intégrateur numérique (méthode des rectangles). Approcher par la somme . En transformée en Z : , d'où Le pôle est en (sur le cercle unité) : c'est bien un intégrateur (analogue du pôle en continu). C'est la brique d'un correcteur PI numérique.
📝 Remarque — Valeur finale et gain statique en Z. Comme en Laplace, un théorème de la valeur finale donne le régime permanent : (si la limite existe, c.-à-d. système stable). Le gain statique d'un système discret se lit donc en — le point du cercle unité image de . C'est l'outil pour vérifier qu'un correcteur numérique annule bien l'erreur statique, exactement comme en continu.
🧑‍🏫 La transformée en Z au point

z⁻¹ = retard, récurrence ↔ F(z), pôles dans le cercle : la trilogie du discret. Un mentor Majorant te fait faire l'aller-retour récurrence ↔ fonction de transfert sans erreur d'indice — l'exercice qui revient dans les sujets de SII numérique.

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3. Stabilité d'un système échantillonné

Théorème 3.1 — Critère de stabilité (cercle unité) ★ À savoir démontrer

Un système échantillonné est stable si et seulement si tous les pôles de sa fonction de transfert sont STRICTEMENT à l'intérieur du cercle unité :

Démonstration (correspondance z = e^{p Te})

Le lien entre le plan de Laplace et le plan est (car un retard continu devient ). En continu, un mode est stable ssi (demi-plan gauche). Son image discrète a pour module Or (puisque ). Donc le demi-plan gauche stable du continu se transforme EXACTEMENT en l'intérieur du cercle unité . Un système discret est stable ssi ses pôles y sont. CQFD. La frontière de stabilité (axe imaginaire) devient le cercle .

💡 Exemple — Un pôle réel discret et sa dynamique. Un système du premier ordre continu a un pôle en . Son image échantillonnée a un pôle en : il est bien dans le cercle unité (stable). Plus est petit, plus est proche de (dynamique lente en nombre de pas) ; plus est grand, plus approche . La position du pôle dans le cercle donne directement la vitesse de la réponse discrète.
📝 Remarque — Un correcteur PI numérique. Un PI se discrétise (intégrale par rectangles) en une récurrence du type . C'est exactement le genre de ligne exécutée à chaque période par le calculateur : trois multiplications, deux additions, une mémoire du pas précédent. Le passage récurrence est donc directement le passage « théorie code ».
Théorème 3.2 — Influence de la période d'échantillonnage

Un correcteur analogique performant peut devenir instable une fois échantillonné si est trop grand : l'échantillonnage introduit un retard équivalent d'environ , qui CONSOMME de la marge de phase. On retient la règle pratique :

est la constante de temps dominante. Trop lent ( grand) : perte de marge, instabilité. Trop rapide : coût calcul et sensibilité au bruit inutiles.

📝 Remarque — Pourquoi le cercle unité, image de l'axe imaginaire. L'axe imaginaire (frontière de stabilité continue) a pour image , de module : c'est le cercle unité, parcouru quand varie. Le demi-plan gauche (intérieur stable) se replie à l'INTÉRIEUR du cercle, le demi-plan droit à l'extérieur. Cette correspondance conforme est la clé qui transporte tous les critères de stabilité du continu vers le discret.
⚠ Piège — La stabilité discrète n'est PAS « pôles à partie réelle négative ». En continu, stable = pôles à gauche de l'axe imaginaire. En discret, le critère change : stable = pôles DANS LE CERCLE UNITÉ . Appliquer le critère continu aux pôles en est une faute classique.

4. Erreurs classiques en copie (vues par les correcteurs)

Le discret déroute par ses analogies partielles avec le continu. Relevé des rapports (Centrale, Mines-Ponts, CCINP) :

⚠ Erreur 1 — Confondre l'opérateur retard z⁻¹ et une simple division. est l'opérateur RETARD d'un pas (), pas un nombre. C'est l'analogue discret de . Le manipuler comme une variable ordinaire sans voir le décalage temporel conduit à des récurrences fausses.
⚠ Erreur 2 — Appliquer le critère de stabilité du continu. En , la stabilité s'évalue par (cercle unité), pas par le signe de la partie réelle. La frontière est le cercle , pas l'axe imaginaire.
⚠ Erreur 3 — Se tromper d'indice dans la récurrence. Un facteur correspond à un retard de pas : . Décaler d'un pas de trop (ou de moins) change la dynamique. Vérifier terme à terme.
⚠ Erreur 4 — Oublier le bloqueur d'ordre zéro dans la modélisation. Entre le correcteur numérique et le procédé continu, il y a un bloqueur : il introduit un retard équivalent . L'ignorer surestime la marge de stabilité réelle.
⚠ Erreur 5 — Choisir Te sans lien avec la dynamique. doit être petit devant la constante de temps dominante () et respecter Shannon. Un trop grand déstabilise ; trop petit gaspille des ressources. Justifier le choix.

5. Pour aller plus loin

Le discret est la porte d'entrée de la commande embarquée :

  • Correcteurs numériques (PID discret) — implanter un PID par équation de récurrence.
  • Échantillonnage et Shannon — choisir , éviter le repliement de spectre.
  • Commande embarquée — microcontrôleurs, temps réel, quantification.
  • Identification discrète — estimer à partir de mesures.
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Récap final — Ce qu'il faut absolument retenir

À la veille d'une khôlle ou d'un DS, parcours cette checklist : tu dois pouvoir répondre « oui, sans hésiter » à chaque question.

  • Sais-tu ce qu'est un système échantillonné et le rôle de la période T_e ?
  • Sais-tu à quoi sert le bloqueur d'ordre zéro B₀(p) ?
  • Connais-tu la définition de la transformée en Z (X(z) = Σ x[n] z⁻ⁿ) ?
  • Sais-tu démontrer la propriété du retard Z{x[n−1]} = z⁻¹ X(z) ?
  • Sais-tu ce qu'est une fonction de transfert F(z) et ses pôles ?
  • Sais-tu passer d'une F(z) à une équation de récurrence programmable ?
  • Connais-tu le critère de stabilité discret (pôles dans le cercle unité |z| < 1) ?
  • Sais-tu démontrer ce critère via la correspondance z = e^(p T_e) ?
  • Comprends-tu pourquoi Te trop grand déstabilise (retard ≈ Te/2) ?
  • Évites-tu d'appliquer le critère de stabilité continu aux pôles en z ?
  • Sais-tu que z⁻¹ est l'opérateur retard, pas un simple nombre ?

Démonstrations à savoir refaire

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