Vue d'ensemble
Les asservissements modernes sont commandés par un calculateur : le correcteur n'est plus un circuit analogique, c'est un programme qui lit la mesure, calcule et agit à intervalles réguliers . Ce chapitre de 2e année PSI donne l'outil pour analyser ces systèmes échantillonnés : la transformée en Z, équivalent discret de la transformée de Laplace. Elle transforme une équation de récurrence en fonction de transfert , permet d'étudier la stabilité (les pôles doivent être dans le cercle unité) et de programmer un correcteur numérique. Cette fiche établit la propriété du retard, le critère de stabilité en , les 2 démonstrations à savoir refaire et les pièges relevés dans les rapports de jury.
Prérequis
- SLCI, transformée de Laplace, fonction de transfert, pôles et stabilité continue
- Échantillonnage, théorème de Shannon, bloqueur d'ordre zéro
- Suites, notation
La transformée en Z déroute par ses analogies avec Laplace. Nos mentors alumni X · Centrale · Mines te font manier le retard , passer d'une récurrence à et lire la stabilité dans le cercle unité — les automatismes attendus en épreuve de SII.
Trouver un mentor PSI →1. Système échantillonné et transformée en Z
Un système échantillonné mélange grandeurs continues (le procédé physique) et grandeurs discrètes (le calculateur). La commande numérique enchaîne : mesure convertie par un CAN tous les , calcul de la commande par le programme, restitution par un CNA. Les signaux internes du correcteur sont des SUITES , où est la période d'échantillonnage.
Le bloqueur d'ordre zéro (CNA) MAINTIENT la commande calculée constante pendant toute la période , produisant un signal en escalier. Sa fonction de transfert continue est . Il assure l'interface entre la sortie discrète du correcteur et l'entrée continue du procédé.
La transformée en Z d'une suite causale est la série :
C'est l'équivalent discret de la transformée de Laplace : elle transforme les équations de récurrence (discret) en fractions rationnelles en , comme Laplace transforme les équations différentielles (continu) en fractions en .
Quelques transformées de référence, à connaître comme la table de Laplace :
- Impulsion unité : .
- Échelon unité : (pôle en ).
- Suite géométrique : (pôle en ).
- Exponentielle échantillonnée : pôle en .
On lit directement la stabilité sur ces pôles : pour l'exponentielle décroissante, pour l'échelon (limite).
Retarder une suite d'un pas d'échantillonnage revient à multiplier sa transformée par :
Démonstration (décalage d'indice dans la série)
Par définition, avec (suite causale) : Posons le changement d'indice (donc ), la somme commençant effectivement à car le terme vaut : CQFD. Ainsi est l'opérateur retard : il joue le rôle que joue en continu. Une récurrence se lit directement en en remplaçant chaque « » par un facteur .
2. Fonction de transfert en z et équation de récurrence
Pour un système discret linéaire, la fonction de transfert en est le rapport des transformées de la sortie et de l'entrée (conditions initiales nulles) :
C'est une fraction rationnelle en , dont les pôles (racines du dénominateur) gouvernent le comportement dynamique, exactement comme les pôles en en continu.
Une équation de récurrence relie les échantillons de sortie et d'entrée :
C'est la forme PROGRAMMABLE du correcteur : à chaque période, le calculateur évalue à partir des valeurs passées. La propriété du retard permet de passer de la récurrence à et réciproquement.
- Écrire sous forme d'un rapport de polynômes en .
- Produit en croix : .
- Interpréter chaque comme un retard de pas ().
- Isoler : on obtient la ligne de code exécutée à chaque période .
z⁻¹ = retard, récurrence ↔ F(z), pôles dans le cercle : la trilogie du discret. Un mentor Majorant te fait faire l'aller-retour récurrence ↔ fonction de transfert sans erreur d'indice — l'exercice qui revient dans les sujets de SII numérique.
Réserver une séance ciblée →3. Stabilité d'un système échantillonné
Un système échantillonné est stable si et seulement si tous les pôles de sa fonction de transfert sont STRICTEMENT à l'intérieur du cercle unité :
Démonstration (correspondance z = e^{p Te})
Le lien entre le plan de Laplace et le plan est (car un retard continu devient ). En continu, un mode est stable ssi (demi-plan gauche). Son image discrète a pour module Or (puisque ). Donc le demi-plan gauche stable du continu se transforme EXACTEMENT en l'intérieur du cercle unité . Un système discret est stable ssi ses pôles y sont. CQFD. La frontière de stabilité (axe imaginaire) devient le cercle .
Un correcteur analogique performant peut devenir instable une fois échantillonné si est trop grand : l'échantillonnage introduit un retard équivalent d'environ , qui CONSOMME de la marge de phase. On retient la règle pratique :
où est la constante de temps dominante. Trop lent ( grand) : perte de marge, instabilité. Trop rapide : coût calcul et sensibilité au bruit inutiles.
4. Erreurs classiques en copie (vues par les correcteurs)
Le discret déroute par ses analogies partielles avec le continu. Relevé des rapports (Centrale, Mines-Ponts, CCINP) :
5. Pour aller plus loin
Le discret est la porte d'entrée de la commande embarquée :
- Correcteurs numériques (PID discret) — implanter un PID par équation de récurrence.
- Échantillonnage et Shannon — choisir , éviter le repliement de spectre.
- Commande embarquée — microcontrôleurs, temps réel, quantification.
- Identification discrète — estimer à partir de mesures.
Le numérique est un chapitre discriminant de l'épreuve de SII aux concours PSI. Nos stages intensifs vacances (1 semaine, 25h) enchaînent transformée en Z, récurrences et stabilité discrète avec des sujets type concours — encadrés par des alumni X-ENS, Centrale et Mines.
Voir les stages PSI →Récap final — Ce qu'il faut absolument retenir
À la veille d'une khôlle ou d'un DS, parcours cette checklist : tu dois pouvoir répondre « oui, sans hésiter » à chaque question.
- Sais-tu ce qu'est un système échantillonné et le rôle de la période T_e ?
- Sais-tu à quoi sert le bloqueur d'ordre zéro B₀(p) ?
- Connais-tu la définition de la transformée en Z (X(z) = Σ x[n] z⁻ⁿ) ?
- Sais-tu démontrer la propriété du retard Z{x[n−1]} = z⁻¹ X(z) ?
- Sais-tu ce qu'est une fonction de transfert F(z) et ses pôles ?
- Sais-tu passer d'une F(z) à une équation de récurrence programmable ?
- Connais-tu le critère de stabilité discret (pôles dans le cercle unité |z| < 1) ?
- Sais-tu démontrer ce critère via la correspondance z = e^(p T_e) ?
- Comprends-tu pourquoi Te trop grand déstabilise (retard ≈ Te/2) ?
- Évites-tu d'appliquer le critère de stabilité continu aux pôles en z ?
- Sais-tu que z⁻¹ est l'opérateur retard, pas un simple nombre ?
Démonstrations à savoir refaire
- Propriété du retard Z{x[n−1]} = z⁻¹X(z) — décalage d'indice dans la série
- Critère du cercle unité — correspondance z = e^(pT_e), demi-plan gauche → |z| < 1