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Majorant
📘 Fiche de cours · 2e année⚙️ PSI⚙️ Sciences de l'Ingénieur

Réponses temporelles des SLCI

Les réponses temporelles en automatique PSI : signaux canoniques (impulsion, échelon, rampe), réponse indicielle et impulsionnelle, système du premier ordre (constante de temps τ, temps de réponse 3τ, réponse KE₀(1−e^(−t/τ)) démontrée), système du second ordre (pulsation propre, amortissement ξ, régimes apériodique/critique/pseudo-périodique démontrés, dépassement, pseudo-période), identification. Avec les 2 démonstrations à savoir refaire et les pièges des rapports de jury.

Fiche rédigée par les mentors Majorant — alumni Polytechnique, CentraleSupélec et Mines Paris.

7 définitions3 théorèmes2 démos à savoirMis à jour le 2026-08-01

Vue d'ensemble

Une fois la fonction de transfert établie, on veut connaître la réponse temporelle du système : comment la sortie évolue quand on applique un échelon, une impulsion ou une rampe. Deux modèles suffisent à décrire l'immense majorité des systèmes de PSI : le premier ordre (une constante de temps ) et le second ordre (pulsation propre , amortissement ). Cette fiche donne leurs réponses, les grandeurs de performance (temps de réponse, dépassement), les 3 résultats incontournables, les 2 démonstrations à savoir refaire et les pièges de copie.

Au programme PSI SII (officiel) — Signaux canoniques : impulsion, échelon, rampe. Réponse indicielle et impulsionnelle. Système du premier ordre : constante de temps, temps de réponse. Système du second ordre : régimes apériodique, critique et pseudo-périodique, pulsation propre, coefficient d'amortissement, dépassement, pseudo-période. Identification d'un modèle à partir d'une réponse expérimentale.

Prérequis

  • Transformée de Laplace et fonction de transfert
  • Décomposition en éléments simples des fractions rationnelles
  • Équations différentielles linéaires du premier et du second ordre
  • Théorèmes des valeurs initiale et finale
🎯 Accompagnement Majorant

Tu confonds constante de temps, temps de réponse et pseudo-période ? Ce sont des grandeurs distinctes qui rapportent des points quand on les maîtrise. Nos mentors alumni X · Centrale · Mines te font lire une réponse temporelle et en extraire le modèle, comme à l'oral.

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1. Signaux d'entrée et réponses canoniques

Définition 1.1 — Signaux canoniques
  • Impulsion de Dirac : .
  • Échelon unité : .
  • Rampe unité : .
Définition 1.2 — Réponse indicielle et réponse impulsionnelle

La réponse indicielle est la sortie à un échelon unité ; la réponse impulsionnelle est la sortie à une impulsion. La réponse impulsionnelle est la dérivée de la réponse indicielle (l'échelon est l'intégrale de l'impulsion).

📝 Linéarité et échelle. Un SLCI étant linéaire, la réponse à un échelon d'amplitude est fois la réponse indicielle unité : on raisonne donc toujours sur la réponse à l'échelon unité, puis on multiplie. Cela vaut aussi pour combiner des entrées par superposition.
Définition 1.3 — Régime transitoire et régime permanent

La réponse se décompose en un régime transitoire (qui s'éteint) et un régime permanent (valeur finale). Le régime transitoire est gouverné par les pôles de , le régime permanent par le théorème de la valeur finale.

📝 Tout se ramène à l'inversion de Laplace. Calculer une réponse temporelle, c'est former , la décomposer en éléments simples, puis lire la transformée inverse de chaque terme dans le dictionnaire de Laplace. C'est mécanique, mais il faut connaître le tableau.
💡 Exemple — Réponse à une rampe. Face à une consigne en rampe (), un système de classe 0 « décroche » (l'écart croît indéfiniment), un système de classe 1 suit avec un retard constant (erreur de traînage), et un système de classe 2 suit sans erreur. La nature de l'entrée et la classe du système déterminent ensemble la réponse — un point clé pour la précision des asservissements.
⚠ Piège — la réponse dépend de l'entrée ET du système. Une même fonction de transfert donne des réponses très différentes selon qu'on applique un échelon, une impulsion ou une rampe. Parler de « la réponse du système » sans préciser l'entrée n'a pas de sens.

2. Système du premier ordre

Théorème 2.1 — Réponse indicielle du premier ordre ★ À savoir démontrer

Pour soumis à un échelon d'amplitude , la réponse est :

Démonstration (inversion de Laplace + éléments simples)

Avec , . On décompose en éléments simples :

La transformée inverse (, ) donne :

La sortie part de 0 (valeur initiale) et tend vers (valeur finale, gain statique).

Définition 2.2 — Constante de temps et temps de réponse

La constante de temps fixe la rapidité : à , la sortie a atteint de sa valeur finale ; la tangente à l'origine coupe l'asymptote à . Le temps de réponse à 5 % vaut (la sortie reste alors à moins de 5 % de la valeur finale).

💡 Exemple — Mise en vitesse d'un moteur. Un moteur à courant continu commandé en vitesse est bien modélisé par un premier ordre : la vitesse suit . On lit sur l'essai indiciel (63 % de la vitesse finale) et le gain sur la valeur finale — l'identification de base en TP de SII.
📝 Tangente à l'origine. Pour un premier ordre, la tangente à la réponse indicielle en coupe l'asymptote finale exactement en . C'est la construction graphique la plus rapide pour lire la constante de temps sur une courbe expérimentale, plus fiable que le repère des 63 % quand le début de la courbe est bruité.
💡 Exemple — Chauffage d'un local. Un système thermique du premier ordre (pièce chauffée) a une grande constante de temps ( de plusieurs minutes à heures). La température monte en vers la valeur de consigne : d'où l'inertie thermique bien connue et la nécessité d'anticiper le chauffage.
🧑‍🏫 Identifier un premier ordre en 30 secondes

Gain sur la valeur finale, sur les 63 % ou la tangente à l'origine : deux lectures et le modèle est trouvé. En une séance, un mentor Majorant alumni de Centrale te fait identifier premier et second ordre sur des courbes réelles — l'exercice qui tombe à tous les oraux.

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3. Système du second ordre

Définition 3.1 — Forme canonique du second ordre

Un système du second ordre s'écrit :

avec le gain statique, la pulsation propre et le coefficient d'amortissement. Les pôles sont .

Théorème 3.2 — Régimes selon l'amortissement ★ À savoir démontrer

La réponse indicielle change de nature selon :

  • : apériodique (deux pôles réels, pas d'oscillation) ;
  • : critique (pôle double, le plus rapide sans dépassement) ;
  • : pseudo-périodique (pôles complexes, oscillations amorties) avec dépassement.
Démonstration (nature des pôles)

Les pôles annulent , soit . Le discriminant réduit est :

  • : , deux pôles réels négatifs → somme d'exponentielles décroissantes (apériodique) ;
  • : , pôle double → réponse critique ;
  • : , pôles complexes conjugués → oscillations de pseudo-pulsation , amorties par .

C'est bien la partie réelle des pôles () qui amortit et la partie imaginaire qui fait osciller.

Définition 3.3 — Dépassement et pseudo-période

En régime pseudo-périodique, le premier dépassement vaut (en fraction de la valeur finale) : il ne dépend que de . La pseudo-période est . Plus est petit, plus le dépassement est grand.

Théorème 3.4 — Temps de réponse minimal du second ordre

Le temps de réponse à 5 % passe par un minimum autour de (). C'est le compromis classique « rapide sans trop dépasser », recherché en réglage d'asservissement.

En deçà (), le système dépasse et oscille avant de se stabiliser ; au-delà (), il devient lent. Le réglage est donc la cible par défaut d'un asservissement bien amorti.

📝 Abaque du dépassement. On utilise souvent un abaque donnant le premier dépassement et en fonction de : deux lectures suffisent alors à caractériser un second ordre. Retiens quelques valeurs repères : , .
💡 Exemple — Suspension de véhicule. Une suspension est un second ordre masse-ressort-amortisseur. Trop peu amortie ( petit), elle oscille (inconfort) ; trop amortie (), elle est lente et raide. Les constructeurs visent : réponse rapide, dépassement maîtrisé — exactement le compromis de la Proposition 3.4.
Définition 3.5 — Grandeurs caractéristiques de la réponse
  • Temps de montée : durée pour passer de 10 % à 90 % de la valeur finale.
  • Temps de pic : instant du premier maximum, (une demi pseudo-période).
  • Temps de réponse à 5 % : durée pour rester définitivement à moins de 5 % de la valeur finale.

Ces grandeurs traduisent le cahier des charges en critères mesurables sur la courbe.

💡 Exemple — Positionnement d'un axe. Un axe asservi en position, modélisé par un second ordre, doit atteindre sa cible « vite mais sans osciller ». On impose typiquement un dépassement (donc ) et un temps de réponse donné (fixé par ). Lire ces deux critères sur le cahier des charges fixe directement et visés — le pont entre spécification et réglage.
📝 Second ordre dominant. Beaucoup de systèmes d'ordre élevé se comportent, en pratique, comme un second ordre : les pôles les plus proches de l'axe imaginaire (les plus lents) « dominent » la réponse. C'est ce qui rend le modèle du second ordre si universel.
📐 Méthode-type — Identifier un second ordre sur une réponse indicielle.
  1. Gain statique : lire la valeur finale (÷ amplitude de l'échelon).
  2. Amortissement : mesurer le premier dépassement et inverser .
  3. Pulsation propre : mesurer la pseudo-période puis .
  4. Vérifier avec le temps de réponse et le régime observé.
⚠ Piège — pseudo-période n'est pas période propre. Le système oscille à la pseudo-pulsation , inférieure à . Confondre et fausse l'identification (d'autant plus que est grand).

4. Erreurs classiques en copie (vues par les correcteurs)

Ces erreurs reviennent chaque année dans les rapports de jury (CCINP, Mines-Ponts, Centrale) sur les épreuves de SII. Elles coûtent typiquement entre 0,5 et 2 points par occurrence.

⚠ Erreur 1 — Confondre constante de temps et temps de réponse. est la constante de temps (63 %) ; le temps de réponse à 5 % vaut . Donner quand on demande (ou l'inverse) coûte des points.
⚠ Erreur 2 — Croire que le dépassement dépend de . Le premier dépassement ne dépend que de . fixe la rapidité (échelle de temps), pas l'amplitude du dépassement.
⚠ Erreur 3 — Oublier de normaliser en forme canonique. Gain statique, et se lisent sur la forme canonique (numérateur et dénominateur commençant par 1). L'identification sur une forme non normalisée donne des paramètres faux.
⚠ Erreur 4 — Prendre un temps de réponse « toujours » au second ordre. La règle est celle du premier ordre. Au second ordre, le temps de réponse dépend de et passe par un minimum vers .
⚠ Erreur 5 — Appliquer la valeur finale à un système instable. Si un pôle a une partie réelle positive, la sortie diverge : le théorème de la valeur finale ne s'applique pas et parler de « valeur de régime permanent » n'a pas de sens.

5. Pour aller plus loin

Les réponses temporelles sont le langage de la performance des systèmes :

  • Réponse fréquentielle — l'analyse en (Bode) complète l'analyse temporelle.
  • Asservissements — rapidité, précision et stabilité s'évaluent sur la réponse indicielle en boucle fermée.
  • Correcteurs — régler un correcteur, c'est modeler la réponse temporelle (moins de dépassement, plus de rapidité).
  • Identification expérimentale — extraire d'un essai réel est une compétence de TP centrale.

Récap final — Ce qu'il faut absolument retenir

À la veille d'une khôlle ou d'un DS, parcours cette checklist : tu dois pouvoir répondre « oui, sans hésiter » à chaque question.

  • Connais-tu les transformées de l'impulsion, l'échelon et la rampe ?
  • Sais-tu que la réponse impulsionnelle est la dérivée de la réponse indicielle ?
  • Sais-tu démontrer la réponse indicielle du premier ordre ?
  • Sais-tu que correspond à 63 % et ?
  • Sais-tu écrire la forme canonique du second ordre () ?
  • Sais-tu démontrer les trois régimes selon le signe du discriminant en ?
  • Connais-tu le dépassement et sa dépendance en seul ?
  • Connais-tu la pseudo-période et la pseudo-pulsation ?
  • Sais-tu que le temps de réponse est minimal vers ?
  • Sais-tu identifier un second ordre à partir de et ?
  • Sais-tu pourquoi la valeur finale ne s'applique pas à un système instable ?
  • Sais-tu que la tangente à l'origine coupe l'asymptote en (premier ordre) ?
  • Sais-tu qu'un système de classe 0 décroche sur une rampe (erreur de traînage) ?
  • Sais-tu retenir ?
  • Sais-tu qu'une réponse dépend toujours de l'entrée appliquée ?
  • Sais-tu définir temps de montée, temps de pic et temps de réponse à 5 % ?
  • Sais-tu que ?
  • Sais-tu qu'un système d'ordre élevé se ramène souvent à un second ordre dominant ?
  • Sais-tu traduire un cahier des charges (dépassement, temps) en et ?

Démonstrations à savoir refaire

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