Vue d'ensemble
Un système asservi doit être à la fois précis, rapide et stable — trois exigences souvent contradictoires. Le correcteur , placé dans la chaîne directe, est l'outil qui permet de régler ce compromis. Ce chapitre de 2e année PSI passe en revue les briques élémentaires : l'action proportionnelle (P), l'action intégrale (I, qui annule l'erreur statique), l'action dérivée (D, qui anticipe), leurs combinaisons PI et PID, et le correcteur à avance de phase (qui améliore la stabilité sans dégrader la précision). Cette fiche établit les effets de chaque correcteur, les 2 démonstrations à savoir refaire (annulation de l'erreur statique, avance de phase maximale) et les pièges relevés dans les rapports de jury.
Prérequis
- SLCI, fonction de transfert, transformée de Laplace, schémas-blocs (FTBO, FTBF)
- Réponse fréquentielle, diagramme de Bode, marges de gain et de phase
- Précision : erreur statique, théorème de la valeur finale
La correction est LE cœur de l'automatique de PSI aux concours. Nos mentors alumni X · Centrale · Mines te font régler un PID et une avance de phase dans Bode, en pesant à chaque fois précision, stabilité et rapidité — le raisonnement attendu en épreuve de SII.
Trouver un mentor PSI →1. Rôle d'un correcteur et action proportionnelle
Un correcteur est un système de fonction de transfert inséré dans la chaîne directe, en amont du système à commander , afin de modifier la fonction de transfert en boucle ouverte . Son but : rendre la boucle fermée plus précise, plus rapide et suffisamment stable, sans changer le système physique lui-même.
Le correcteur proportionnel multiplie l'écart par un gain constant :
Augmenter DIMINUE l'erreur statique et ACCÉLÈRE le système, mais RÉDUIT les marges de stabilité (le gain remonte la courbe de Bode, rapprochant le point critique). C'est le premier levier, mais il ne suffit jamais seul.
Les trois performances évoluent en sens contraire sous l'effet du gain :
- : précision , rapidité , mais stabilité ;
- l'enjeu de la correction est d'améliorer une performance SANS trop dégrader les autres, en agissant sélectivement selon la fréquence (basses fréquences pour la précision, autour de la pulsation de coupure pour la stabilité).
2. Actions intégrale et dérivée
Le correcteur PI ajoute une action intégrale à l'action proportionnelle :
L'intégrateur () apporte un gain INFINI en basse fréquence : il annule l'erreur statique. Son défaut : il ajoute de phase en basse fréquence, ce qui tend à déstabiliser — d'où le réglage de pour cantonner cet effet aux basses fréquences.
Pour une entrée en échelon, un correcteur comportant une action intégrale (un pôle en dans la FTBO) rend l'erreur statique NULLE :
Démonstration (théorème de la valeur finale)
Pour un retour unitaire, l'écart s'écrit . Pour un échelon unité, . Le théorème de la valeur finale donne Si la FTBO contient une action intégrale, avec fini non nul, alors , et donc CQFD. L'intégrateur « pousse » le gain de boucle vers l'infini en basse fréquence : toute erreur résiduelle est intégrée jusqu'à annulation. Sans intégrateur (système de classe 0), est non nul.
L'action dérivée réagit à la VITESSE de variation de l'écart : elle anticipe, apporte de la phase () et améliore stabilité et rapidité. Le correcteur PID combine les trois actions :
L'intégrale soigne la précision (basses fréquences), le proportionnel la rapidité, la dérivée la stabilité (hautes fréquences). En pratique la dérivée est filtrée () pour ne pas amplifier le bruit.
P pour la rapidité, I pour la précision, D pour la stabilité : le réflexe à ancrer. Un mentor Majorant te fait associer chaque action à son effet dans Bode et sur les performances — la grille de lecture qui fait gagner des points en épreuve de SII.
Réserver une séance ciblée →3. Le correcteur à avance de phase
Le correcteur à avance de phase apporte localement de la phase pour améliorer la marge de phase (donc la stabilité) sans dégrader la précision en basse fréquence :
Il agit comme un dérivateur borné : gain unité en basse fréquence (précision préservée), remontée de phase autour de , gain en haute fréquence.
La phase apportée est maximale à et vaut :
Démonstration (maximum de l'argument)
La phase du correcteur est . On la dérive et on annule : posons . Alors donne , soit , d'où , c'est-à-dire . En ce point, et , donc En passant au sinus, , soit . CQFD. Plus est grand, plus l'avance de phase est importante (mais plus le gain haute fréquence, donc le bruit, augmente).
On retient la grille suivante, à énoncer pour justifier un choix de correcteur :
- Intégral (PI) : précision (erreur statique nulle), stabilité ( en BF).
- Avance de phase (PD) : stabilité (marge de phase), précision inchangée en BF.
- PID : cumule les avantages (précision par I, stabilité par D), au prix d'un réglage à trois paramètres.
- Mesurer la marge de phase actuelle et la marge visée : en déduire l'avance à apporter.
- Calculer .
- Placer à la pulsation de coupure souhaitée (souvent la coupure à ) pour en déduire .
- Vérifier dans Bode que les marges finales sont atteintes et que la précision n'a pas été dégradée.
4. Erreurs classiques en copie (vues par les correcteurs)
La correction est un exercice de compromis où les correcteurs traquent les raisonnements approximatifs. Relevé des rapports (Centrale, Mines-Ponts, CCINP) :
5. Pour aller plus loin
La correction ouvre sur la commande avancée des systèmes :
- Systèmes échantillonnés — correcteurs numériques implantés par équation de récurrence.
- Marges de stabilité et robustesse — dimensionner un correcteur qui reste stable malgré les variations du système.
- Asservissements de position et de vitesse — MCC commandée, boucles imbriquées.
- Identification — obtenir le modèle à corriger à partir d'essais.
L'automatique est un pilier de l'épreuve de SII aux concours PSI. Nos stages intensifs vacances (1 semaine, 25h) enchaînent SLCI, Bode, correcteurs et asservissement avec des sujets type concours — encadrés par des alumni X-ENS, Centrale et Mines.
Voir les stages PSI →Récap final — Ce qu'il faut absolument retenir
À la veille d'une khôlle ou d'un DS, parcours cette checklist : tu dois pouvoir répondre « oui, sans hésiter » à chaque question.
- Sais-tu ce qu'est un correcteur C(p) et son rôle dans la FTBO ?
- Connais-tu l'effet du gain proportionnel (précision ↑, rapidité ↑, stabilité ↓) ?
- Sais-tu écrire un correcteur PI et pourquoi il annule l'erreur statique ?
- Sais-tu démontrer l'annulation de l'erreur statique par l'action intégrale (valeur finale) ?
- Connais-tu l'effet de l'action dérivée (anticipation, +90°, stabilité) ?
- Sais-tu écrire un correcteur PID et le rôle de chaque action ?
- Connais-tu le correcteur à avance de phase C(p) = (1 + aτp)/(1 + τp) ?
- Sais-tu démontrer φ_max = arcsin((a−1)/(a+1)) à ω_m = 1/(τ√a) ?
- Sais-tu régler une avance de phase (calcul de a, placement de ω_m) ?
- Distingues-tu erreur statique (précision) et instabilité ?
- Sais-tu que l'intégrale dégrade la stabilité et la dérivée l'améliore ?
Démonstrations à savoir refaire
- Annulation de l'erreur statique — théorème de la valeur finale, intégrateur dans la FTBO
- Avance de phase maximale — maximum de arctan(aτω) − arctan(τω), ω_m = 1/(τ√a)