☀️ Stage Pré-rentrée · dès le 24 aoûtRéserver ma place →
Majorant
📘 Fiche de cours · 2e année⚙️ PSI⚙️ Sciences de l'Ingénieur

Statique des solides

L'équilibre des mécanismes en SII PSI : torseur d'action mécanique et liaison parfaite (dualité), principe fondamental de la statique — théorèmes de la résultante et du moment démontrés à partir du PFD, solides à deux et trois forces, lois de Coulomb du frottement et cône d'adhérence, isostatisme et hyperstatisme, méthode d'isolement. Avec les 2 démonstrations à savoir refaire et les pièges des rapports de jury.

Fiche rédigée par les mentors Majorant — alumni Polytechnique, CentraleSupélec et Mines Paris.

6 définitions3 théorèmes2 démos à savoirMis à jour le 2026-08-01

Vue d'ensemble

La statique des solides détermine les efforts dans un mécanisme à l'équilibre. Les actions mécaniques se modélisent par des torseurs d'action, et l'équilibre d'un solide se traduit par le principe fondamental de la statique (PFS) : la somme des torseurs extérieurs est nulle. Couplé aux lois de Coulomb du frottement, il permet de dimensionner un système. Cette fiche pose ces outils, les 3 résultats incontournables, les 2 démonstrations à savoir refaire (les deux théorèmes du PFS) et les pièges de copie.

Au programme PSI SII (officiel) — Modélisation des actions mécaniques : torseur d'action mécanique (résultante et moment), actions à distance et de contact. Principe fondamental de la statique (théorèmes de la résultante et du moment). Torseurs des liaisons parfaites. Frottement et lois de Coulomb (adhérence, glissement). Isolement d'un solide ou d'un ensemble, bilan des actions extérieures.

Prérequis

  • Torseurs (résultante, moment, transport du moment)
  • Produit vectoriel et moment d'une force
  • Notion de liaison mécanique et de degrés de liberté
  • Cinématique du solide (dualité cinématique / statique)
🎯 Accompagnement Majorant

Tu ne sais jamais quoi isoler ni combien d'inconnues tu as ? L'isolement et le bilan des actions sont la moitié des points en statique. Nos mentors alumni X · Centrale · Mines te donnent la méthode d'isolement infaillible sur des mécanismes de concours.

Trouver un mentor PSI →

1. Modélisation des actions mécaniques

Définition 1.1 — Torseur d'action mécanique

L'action mécanique d'un solide sur un solide se modélise, en un point , par le torseur d'action :

de résultante (somme des forces) et de moment (moment résultant en ). Le moment se transporte par .

Définition 1.2 — Actions à distance et de contact
  • Action à distance : la pesanteur, modélisée par un glisseur de résultante appliquée au centre de masse .
  • Action de contact : transmise par une liaison ; son torseur ne comporte que les composantes bloquées par la liaison.
Définition 1.3 — Liaison parfaite

Une liaison parfaite est sans frottement ni jeu : la puissance des actions de liaison y est nulle. Son torseur d'action est le dual de son torseur cinématique — là où un mouvement est libre, l'effort transmis est nul, et réciproquement.

Définition 1.4 — Glisseur et couple
  • Glisseur : torseur de moment nul en un point (une force pure, avec un axe central).
  • Couple : torseur de résultante nulle (moment indépendant du point).
Définition 1.5 — Moment d'une force et bras de levier

Le moment en d'une force appliquée en est . Sa norme vaut , où est le bras de levier (distance de à la droite d'action de ). Une force dont la droite d'action passe par a un moment nul en : c'est ce qui guide le choix du point de réduction.

📝 Choisir le point de réduction. Réduire le PFS en un point où passent plusieurs inconnues (centre d'une liaison pivot, intersection de deux réactions) annule leurs moments et élimine ces inconnues du théorème du moment. C'est l'astuce qui simplifie radicalement les systèmes.
⚠ Piège de dualité. Dans une liaison parfaite, les composantes du torseur d'action sont complémentaires de celles du torseur cinématique : une liaison pivot d'axe laisse libre , donc transmet un moment nul selon () mais tous les autres efforts. Inverser les composantes libres et bloquées est l'erreur reine.

2. Le principe fondamental de la statique

Théorème 2.1 — Théorème de la résultante statique ★ À savoir démontrer

Pour un solide (ou un ensemble de solides) en équilibre dans un référentiel galiléen, la somme des résultantes des actions extérieures est nulle :

Démonstration (PFD à l'équilibre)

Le principe fondamental de la dynamique appliqué à donne, pour la résultante : , où est l'accélération du centre de masse. À l'équilibre (ou en mouvement de translation rectiligne uniforme dans un référentiel galiléen), , d'où :

La statique est donc le cas particulier « accélération nulle » de la dynamique.

Théorème 2.2 — Théorème du moment statique ★ À savoir démontrer

À l'équilibre, la somme des moments des actions extérieures, calculés en un même point , est nulle :

Démonstration (théorème du moment cinétique à l'équilibre)

Le théorème du moment cinétique en un point fixe s'écrit . À l'équilibre, le solide est immobile, donc son moment cinétique est constant (nul) et sa dérivée est nulle :

On résume les deux théorèmes par une seule égalité torsorielle : .

Proposition 2.3 — Solide soumis à deux ou trois forces
  • Deux forces : elles sont égales, opposées et de même support (la droite joignant leurs points d'application).
  • Trois forces : leurs supports sont concourants (ou parallèles) et la somme vectorielle est nulle (triangle des forces fermé).

Ces cas particuliers permettent des résolutions graphiques rapides.

💡 Exemple — Solide à deux forces : la bielle. Une bielle articulée à ses deux extrémités et non pesante est un solide à deux forces : les actions des liaisons sont donc portées par la droite joignant les deux articulations, égales et opposées. On connaît ainsi la direction de l'effort sans aucun calcul — un raccourci systématique dans les mécanismes (systèmes bielle-manivelle, triangulations).
🧑‍🏫 Le PFS torsoriel, gain de temps garanti

Écrire au bon point élimine les inconnues d'un coup. En une séance, un mentor Majorant alumni de l'X te montre où réduire le torseur pour annuler les inconnues gênantes — la technique qui transforme un système de 6 équations en 2.

Réserver une séance ciblée →

3. Frottement : les lois de Coulomb

Théorème 3.1 — Lois de Coulomb du frottement

Au contact de deux solides, la réaction se décompose en composante normale et tangentielle . Deux régimes :

  • Adhérence (pas de glissement) : , avec coefficient de frottement.
  • Glissement : , et s'oppose à la vitesse de glissement.

L'angle définit le cône de frottement : la réaction reste à l'intérieur tant qu'il y a adhérence.

Définition 3.2 — Systèmes isostatique et hyperstatique

Un système est isostatique si le PFS suffit à déterminer toutes les inconnues de liaison (autant d'équations utiles que d'inconnues). Il est hyperstatique s'il y a plus d'inconnues que d'équations — il faut alors des hypothèses supplémentaires (déformabilité). Le degré d'hyperstatisme mesure cet écart.

Proposition 3.3 — Degré d'hyperstatisme

Pour un mécanisme, le degré d'hyperstatisme relie le nombre d'inconnues statiques , le nombre d'équations utiles ( équations vectorielles à 6 scalaires en 3D) et le degré de mobilité :

: système isostatique (résoluble par la seule statique). : hyperstatique (nécessite la déformabilité). C'est un critère de conception majeur (montage, réglage).

💡 Exemple — Poutre sur deux appuis. Une poutre horizontale posée sur un appui simple et une articulation, chargée en son milieu par , voit ses réactions déterminées par le PFS : la somme des réactions équilibre et le théorème du moment (réduit à un appui) donne leur répartition. Charge centrée réactions égales à — le résultat de base du dimensionnement.
📐 Méthode-type — Résoudre un problème de statique.
  1. Isoler un solide (ou un ensemble) : tracer sa frontière.
  2. Bilan des actions extérieures : pesanteur, actions de liaison (torseurs), efforts moteurs.
  3. Compter inconnues et équations (statisme) ; choisir l'isolement qui minimise les inconnues.
  4. Appliquer le PFS en réduisant en un point malin (annuler des moments).
  5. Résoudre et vérifier la cohérence des signes et, si frottement, la condition .
📝 Résolution graphique vs analytique. Pour un solide à trois forces coplanaires, la méthode graphique (dynamique des forces + concours des supports) est souvent plus rapide que le calcul. Pour un mécanisme spatial ou hyperstatique, l'écriture torsorielle analytique s'impose. Sache passer de l'une à l'autre selon l'énoncé.
💡 Exemple — Échelle contre un mur. Une échelle en équilibre, appui au sol (frottement) et au mur, est un solide soumis à trois actions (poids + deux réactions). Le PFS et la condition d'adhérence donnent l'angle limite au-delà duquel l'échelle glisse — le problème type de la statique avec frottement.
💡 Exemple — Arc-boutement. Un tiroir poussé trop loin d'un côté se coince : les réactions de frottement, orientées dans le cône, créent un couple qui bloque le mouvement quel que soit l'effort. L'arc-boutement est un blocage géométrique (indépendant de l'intensité de la poussée) — un phénomène que la statique avec frottement explique parfaitement et que les concepteurs cherchent à éviter (guidages assez longs).
📝 Adhérence vs frottement de glissement. On distingue parfois le coefficient d'adhérence (statique, seuil de mise en mouvement) du coefficient de frottement de glissement (dynamique), avec généralement . On note souvent un unique ; précise le régime (adhérence ou glissement) auquel tu te places.
📝 Torseur nul. Le PFS impose que le torseur résultant soit nul : résultante ET moment nuls simultanément. Une résultante nulle ne suffit pas (un couple pur peut subsister) — il faut toujours écrire les deux théorèmes.
⚠ Piège — l'inégalité de l'adhérence n'est pas une égalité. À l'adhérence, (inconnue à déterminer par le PFS). L'égalité n'est valable qu'à la limite du glissement ou en glissement établi. Poser l'égalité trop tôt sur-contraint le problème.

4. Erreurs classiques en copie (vues par les correcteurs)

Ces erreurs reviennent chaque année dans les rapports de jury (CCINP, Mines-Ponts, Centrale) sur les épreuves de SII. Elles coûtent typiquement entre 0,5 et 2 points par occurrence.

⚠ Erreur 1 — Oublier une action extérieure dans le bilan. Un isolement mal fait (oubli du poids, d'une liaison, d'un effort moteur) fausse tout. Liste systématiquement TOUTES les actions traversant la frontière d'isolement.
⚠ Erreur 2 — Calculer les moments en des points différents. Le théorème du moment exige de réduire tous les torseurs au même point avant de sommer. Additionner des moments calculés en des points distincts n'a aucun sens.
⚠ Erreur 3 — Se tromper sur les composantes transmises par une liaison. Une liaison transmet les efforts selon les directions bloquées (dual du torseur cinématique). Mettre une inconnue là où le mouvement est libre (ou l'oublier là où il est bloqué) est fréquent.
⚠ Erreur 4 — Isoler un ensemble et compter les actions intérieures. Quand on isole plusieurs solides, les actions entre ces solides sont intérieures et n'apparaissent pas dans le PFS. Seules les actions extérieures à l'ensemble comptent.
⚠ Erreur 5 — Ignorer l'hyperstatisme. Sur un système hyperstatique, le PFS ne suffit pas : chercher à tout déterminer par la seule statique conduit à un système sans solution unique. Il faut le signaler et introduire la déformabilité.

5. Pour aller plus loin

La statique est la base du dimensionnement mécanique :

  • Cinématique du solide — la dualité action/vitesse structure les torseurs de liaison.
  • Dynamique du solide — le PFS est le cas du PFD.
  • Résistance des matériaux — les efforts calculés dimensionnent les pièces (contraintes, déformations).
  • Liaisons et schéma cinématique — statisme et mobilité découlent du dénombrement des inconnues et équations.

Récap final — Ce qu'il faut absolument retenir

À la veille d'une khôlle ou d'un DS, parcours cette checklist : tu dois pouvoir répondre « oui, sans hésiter » à chaque question.

  • Sais-tu écrire un torseur d'action (résultante, moment) et transporter le moment ?
  • Sais-tu qu'une liaison parfaite transmet le dual de son torseur cinématique ?
  • Sais-tu distinguer glisseur et couple ?
  • Sais-tu démontrer le théorème de la résultante statique à partir du PFD ?
  • Sais-tu démontrer le théorème du moment statique à partir du TMC ?
  • Sais-tu écrire le PFS torsoriel ?
  • Connais-tu les cas « deux forces » et « trois forces » pour résoudre graphiquement ?
  • Sais-tu énoncer les lois de Coulomb (adhérence , glissement ) ?
  • Sais-tu ce qu'est le cône de frottement ?
  • Sais-tu distinguer système isostatique et hyperstatique ?
  • Sais-tu mener un isolement propre et compter inconnues/équations ?
  • Sais-tu exploiter un solide à deux forces (effort porté par la droite des articulations) ?
  • Sais-tu calculer un degré d'hyperstatisme ?
  • Sais-tu choisir le point de réduction pour éliminer des inconnues ?
  • Sais-tu qu'un torseur nul impose résultante ET moment nuls ?

Démonstrations à savoir refaire

Débloque la fiche complète

Théorèmes, démonstrations à savoir refaire, méthodes-types et pièges de concours : crée ton compte gratuit pour tout lire. Une seule fois pour toutes les fiches et ressources Majorant.

Gratuit · vos données restent confidentielles.

Fiches associées

⚗️ PCSI·Sciences de l'Ingénieur

Statique des solides

L'équilibre des mécanismes en SII PCSI : torseur d'action mécanique et liaison parfaite (dualité), principe fondamental de la statique — théorèmes de la résultante et du moment démontrés à partir du PFD, solides à deux et trois forces, lois de Coulomb du frottement et cône d'adhérence, isostatisme et hyperstatisme, méthode d'isolement. Avec les 2 démonstrations à savoir refaire et les pièges des rapports de jury.

⚙️ PSI·Sciences de l'Ingénieur

Analyse fonctionnelle des systèmes

Cadrer un système en SII PSI : analyse fonctionnelle (besoin, fonctions de service, cahier des charges et critères de performance), analyse structurelle (chaîne d'énergie alimenter/distribuer/convertir/transmettre/agir, chaîne d'information acquérir/traiter/communiquer), puissance transmise effort × flux (P = Cω = Fv, démontrée), rendement d'une chaîne (η = Πηi, démontré), adaptation d'énergie par réducteur et inertie ramenée. Avec les 2 démonstrations à savoir refaire et les pièges des rapports de jury.

⚙️ PSI·Sciences de l'Ingénieur

Cinématique du solide

La cinématique du solide en SII PSI par les torseurs : vecteur rotation et torseur cinématique, champ des vitesses et relation de Varignon (démontrée), équiprojectivité, centre instantané de rotation, roulement sans glissement, composition des mouvements et des vecteurs rotation (démontrée), rapport de réduction d'engrenage. Avec les 2 démonstrations à savoir refaire et les pièges des rapports de jury.

⚙️ PSI·Sciences de l'Ingénieur

Cinétique et dynamique du solide

La dynamique des solides en SII PSI : géométrie des masses (centre d'inertie, moment d'inertie, théorème de Huygens, rayon de giration), torseur cinétique et énergie cinétique (Ec = ½Jω² démontrée), torseur dynamique, principe fondamental de la dynamique (PFD scalaire J·ω̇ = M démontré), théorème de l'énergie cinétique et puissance par comoment. Avec les 2 démonstrations à savoir refaire et les pièges des rapports de jury.

⚙️ PSI·Sciences de l'Ingénieur

Liaisons et schéma cinématique

Modéliser un mécanisme en SII PSI : liaisons normalisées et degrés de liberté, torseurs cinématique et d'action d'une liaison parfaite, dualité (comoment nul démontré), schéma cinématique, chaînes ouvertes et fermées, mobilité et degré d'hyperstatisme (relation m − h = Ic − Ec démontrée), isostatisme. Avec les 2 démonstrations à savoir refaire et les pièges des rapports de jury.

⚙️ PSI·Sciences de l'Ingénieur

Réponse fréquentielle et Bode

L'analyse harmonique des SLCI en PSI : fonction de transfert H(jω), gain en décibels (20·log|H|), phase, diagrammes de Bode et additivité logarithmique (démontrée), tracés asymptotiques du premier ordre (−20 dB/décade, −45° à la cassure, démontré) et du second ordre (−40 dB/décade, résonance), briques intégrateur/dérivateur, pulsation de coupure et bande passante, gabarit et marges de stabilité. Avec les 2 démonstrations à savoir refaire et les pièges des rapports de jury.

Tu veux aller plus loin sur ce chapitre ?

Nos mentors alumni de Polytechnique, CentraleSupélec et Mines Paris t'accompagnent en cours particuliers — démonstrations détaillées, exos type concours, oraux blancs.

Trouver un mentor →