La BCPST est la seule prépa qui te fait progresser en biologie, sciences de la Terre, maths, physique-chimie et informatique en même temps. Ce guide détaille le programme matière par matière sur les deux années, les volumes horaires indicatifs et surtout ce qui change vraiment par rapport au lycée. Par Léa M., diplômée de l'ENS Ulm.
Beaucoup d'élèves entrent en BCPST en connaissant la destination — véto, agro, géosciences, recherche — mais sans vraiment savoir à quoi ressemblent les deux années qui y mènent. Le programme BCPST est l'un des plus larges de toutes les prépas scientifiques : c'est la seule filière qui te demande de progresser simultanément en biologie, en sciences de la Terre, en mathématiques, en physique-chimie et en informatique, sans jamais sacrifier une matière au profit d'une autre. Chez Majorant, nos tuteurs passés par les ENS, AgroParisTech et les écoles vétérinaires ont vécu ce programme de l'intérieur. Voici le tour complet, matière par matière, de ce que tu vas réellement étudier en BCPST 1 puis en BCPST 2 — et surtout de ce qui change par rapport au lycée.
Avant d'entrer dans le détail de chaque discipline, il faut comprendre la logique d'ensemble. La BCPST (Biologie, Chimie, Physique et Sciences de la Terre) est une prépa scientifique en deux ans dont la particularité est de refuser la spécialisation prématurée. Là où un élève de MP concentre l'essentiel de son énergie sur les maths et la physique, toi tu dois tenir un front large : les sciences du vivant et de la Terre d'un côté, les sciences « dures » (maths, physique, chimie) de l'autre, le tout complété par l'informatique, le français-philosophie, les langues, le TIPE et l'EPS.
Concrètement, tu passes par une première année (BCPST 1) puis une deuxième année (BCPST 2), à l'issue de laquelle tu affrontes les concours de la Banque Agro-Véto, le G2E, les ENS et quelques autres. Le volume horaire total tourne autour de 30 à 32 heures de cours par semaine selon les établissements — auxquelles il faut ajouter le travail personnel, les colles et les devoirs, ce qui porte la charge réelle bien au-delà. Retiens dès maintenant un point essentiel : tous les chiffres d'horaires et de coefficients que tu liras ici sont des ordres de grandeur. Ils varient d'un lycée à l'autre, et les répartitions exactes évoluent au fil des réformes. Ce qui ne change pas, c'est l'esprit de chaque matière — et c'est cela que tu dois comprendre avant la rentrée.
Le vrai bouleversement par rapport à la terminale, ce n'est pas seulement la quantité de contenu. C'est le changement de nature du travail : on ne te demande plus d'appliquer des recettes, mais de raisonner, de démontrer, de relier des notions entre elles et de rédiger proprement. Voyons ce que cela signifie, discipline par discipline.
La biologie est l'âme de la BCPST, la matière qui donne son sens à toute la filière et qui pèse lourd aux concours. Le volume est important : de l'ordre de 6 à 8 heures par semaine en comptant cours et travaux pratiques, ce qui en fait souvent la discipline la plus dense de la semaine.
Ce que tu y fais
Le programme couvre l'ensemble du vivant, de la molécule à l'écosystème. En BCPST 1, tu poses les fondations : la biologie cellulaire et moléculaire (la cellule, les membranes, le métabolisme, l'ADN et l'expression des gènes), la biochimie (protéines, enzymes, glucides, lipides), puis la biologie des organismes avec l'étude approfondie d'une plante et d'un animal « modèles ». La BCPST 2 monte d'un cran vers l'intégration : physiologie animale et végétale (nutrition, respiration, circulation, reproduction, régulation), génétique, immunologie, et surtout l'écologie et l'évolution, qui relient les échelles entre elles.
Les travaux pratiques occupent une place centrale et ne sont pas accessoires : dissections, observations microscopiques, préparations, dessins d'observation rigoureux. Ils sont évalués aux concours, notamment aux fameux oraux de TP (« les TP-colles ») où l'on te met un matériel biologique entre les mains et où tu dois observer, identifier et raisonner en temps limité.
Ce qui change par rapport au lycée
Le choc est réel. Au lycée, la SVT restait descriptive et relativement légère en volume. En BCPST, la biologie devient une science quantitative, mécaniste et exigeante en mémoire structurée. Tu ne dois plus seulement savoir « ce qui se passe », mais expliquer « pourquoi » et « comment », à l'échelle moléculaire, avec un vocabulaire précis et des schémas normalisés. La quantité de connaissances à maîtriser est considérable — mais la clé n'est pas d'apprendre par cœur : c'est de comprendre les mécanismes assez profondément pour les reconstruire et les mobiliser dans un contexte nouveau. C'est un art qui s'apprend, et le premier semestre sert justement à installer cette méthode.
Info
La biologie récompense la régularité plus que le bachotage de dernière minute : un mécanisme revu trois fois à un mois d'intervalle est ancré pour de bon, un mécanisme appris la veille d'un DS s'évapore. Pour situer cette matière dans l'ensemble de la filière et comprendre ce qu'elle prépare, lis notre guide complet de la filière BCPST.
C'est la discipline qui distingue le plus la BCPST de toutes les autres prépas : aucune autre filière n'enseigne la géologie à ce niveau. Le volume est plus modeste que la biologie — de l'ordre de 2 à 3 heures par semaine, TP compris — mais son poids symbolique et stratégique est grand, notamment pour qui vise le concours G2E.
Ce que tu y fais
Le programme t'emmène de l'échelle du minéral à celle de la planète. Tu étudies la minéralogie et la pétrologie (les roches magmatiques, métamorphiques, sédimentaires et leur formation), la tectonique des plaques et la dynamique interne du globe, la sédimentologie et la lecture des paysages, la stratigraphie et l'histoire de la Terre, ainsi que la géologie de terrain. Une compétence emblématique de la filière est la lecture de cartes géologiques : à partir d'une carte, tu dois reconstituer l'histoire d'une région, ses plissements, ses failles, ses dépôts. C'est un exercice à part entière, presque une énigme à résoudre, qui revient régulièrement aux concours.
Ce qui change par rapport au lycée
Pour la plupart des élèves, la géologie est une quasi-découverte : elle n'occupait qu'une part réduite du programme de SVT au lycée. Il faut donc partir de bases modestes et construire vite un raisonnement spatial et temporel : penser en trois dimensions (les structures du sous-sol), et en millions d'années (l'histoire des dépôts). Ce changement d'échelle déroute au début, mais il devient vite l'un des aspects les plus fascinants de la filière — beaucoup d'élèves qui n'y connaissaient rien s'y découvrent une vraie passion, et certains réorientent leur projet de concours vers les géosciences pour cette raison.
Les mathématiques en BCPST ne sont pas une fin en soi : elles sont l'outil qui irrigue la physique, la chimie, la biologie quantitative et le TIPE. Elles n'en restent pas moins exigeantes et fortement coefficientées. Compte de l'ordre de 6 à 7 heures par semaine.
Ce que tu y fais
Le programme est un programme d'analyse, d'algèbre et de probabilités, adapté aux besoins des sciences du vivant. En BCPST 1 : suites et fonctions, limites et continuité, dérivation, intégration, développements limités, les bases de l'algèbre linéaire (systèmes, matrices, espaces vectoriels), et un peu de dénombrement. En BCPST 2 : les équations différentielles, la réduction des matrices (diagonalisation), les fonctions de plusieurs variables, l'intégration multiple, et une part importante consacrée aux probabilités et aux statistiques — ces dernières étant particulièrement utiles pour modéliser le vivant et exploiter des données expérimentales.
Ce qui change par rapport au lycée
C'est ici que se joue l'un des plus grands sauts. Au lycée, on demande surtout de calculer. En prépa, on demande de démontrer, de rédiger une preuve rigoureuse, de manipuler des objets abstraits (espaces vectoriels, applications linéaires, suites définies par récurrence) et de justifier chaque étape. Le passage de « je trouve le bon résultat » à « je construis un raisonnement valide et je le rédige proprement » déstabilise presque tout le monde au premier semestre. C'est normal, et c'est franchissable — mais c'est aussi la matière où prendre du retard coûte le plus cher, parce que tout le reste s'appuie dessus. Un chapitre d'algèbre mal digéré en octobre se paie en physique, en biologie quantitative et en maths jusqu'aux concours.
Info
En maths, ne jamais laisser une notion floue s'installer : refais les exercices sans le corrigé, jusqu'à ce que la démonstration devienne un réflexe. C'est précisément sur ce point de bascule vers l'abstraction qu'un accompagnement individuel fait la différence. Découvre notre approche de l'accompagnement en CPGE.
La physique et la chimie forment un bloc solide du programme BCPST, souvent regroupé mais recouvrant deux logiques distinctes. Ensemble, elles représentent de l'ordre de 6 à 7 heures par semaine, TP inclus.
La physique
Le programme couvre la mécanique, l'électricité et l'électrocinétique, la thermodynamique, l'optique et les ondes, ainsi que des éléments de mécanique des fluides — un thème particulièrement pertinent pour comprendre la circulation sanguine ou la montée de la sève. L'esprit est celui de la modélisation : représenter un phénomène réel par un modèle simplifié, poser les équations, les résoudre, puis interpréter. Par rapport à la terminale, la formalisation mathématique est bien plus poussée : les équations différentielles et l'analyse vectorielle deviennent des outils quotidiens, d'où l'importance de garder les maths à jour.
La chimie
La chimie en BCPST est substantielle, car elle sert directement la biochimie et la géochimie. Tu abordes la thermodynamique chimique, la cinétique, la chimie des solutions (acido-basique, oxydoréduction, précipitation, complexation), l'atomistique et la liaison chimique, ainsi que des notions de chimie organique utiles pour comprendre les biomolécules. Les travaux pratiques — dosages, synthèses, mesures — sont évalués aux oraux de certains concours et demandent de la rigueur manuelle autant que théorique.
Ce qui change par rapport au lycée
Le passage se fait moins sur les thèmes, souvent familiers, que sur le niveau d'exigence : rigueur des raisonnements, précision du vocabulaire, appel constant aux outils mathématiques, et une place réelle donnée aux TP évalués. La physique-chimie récompense ceux qui relient les concepts entre eux plutôt que de les empiler — et qui acceptent de reprendre un calcul jusqu'à ce qu'il soit propre.
Longtemps sous-estimée, l'informatique est aujourd'hui une composante à part entière du programme BCPST, avec de l'ordre de 1 à 2 heures par semaine. Elle est enseignée essentiellement en langage Python.
Ce que tu y fais
Le programme couvre l'algorithmique de base (boucles, conditions, fonctions), les structures de données simples (listes, dictionnaires), le traitement et l'analyse de données, la résolution numérique de problèmes (calcul d'intégrales, résolution d'équations, simulation), et des éléments de statistiques appliquées. L'angle est très orienté vers les sciences expérimentales : il ne s'agit pas de former des développeurs, mais de savoir exploiter des données biologiques ou géologiques, simuler un modèle de population, ou traiter un jeu de mesures.
Ce qui change par rapport au lycée
Pour les élèves ayant suivi la spécialité NSI ou l'enseignement de sciences numériques, les bases sont familières ; pour les autres, c'est une matière neuve mais accessible, qui démarre en douceur. L'erreur classique est de la négliger sous prétexte de son faible volume horaire : elle intervient aux concours et se combine souvent avec les maths et les sciences expérimentales. Un peu de régularité suffit pour en faire un atout plutôt qu'un point faible.
Le français-philosophie fait partie du tronc commun de toutes les prépas scientifiques, avec de l'ordre de 2 heures par semaine. Son coefficient aux concours n'a rien d'anecdotique, et c'est souvent une matière qui départage les candidats — précisément parce que beaucoup la délaissent.
Ce que tu y fais
Chaque année, un thème commun à toutes les prépas scientifiques est fixé au niveau national, accompagné d'un programme de trois œuvres (littéraires et philosophiques) à étudier en profondeur. Les deux épreuves reines sont la dissertation (un raisonnement structuré et argumenté sur le thème, à partir des œuvres) et le résumé/contraction de texte. Il faut lire les œuvres, les comprendre finement, savoir les citer et les mettre en dialogue autour d'une problématique.
Ce qui change par rapport au lycée
L'exercice ressemble au français du lycée mais avec un niveau d'exigence et une culture attendue nettement supérieurs : la dissertation prépa demande une pensée personnelle nourrie par les textes, pas une récitation. Le piège classique est de repousser cette matière indéfiniment au profit des sciences, puis de découvrir trop tard qu'elle rapporte des points faciles à qui l'a travaillée régulièrement. Lire les œuvres tôt, ficher les grands axes, s'entraîner à rédiger : c'est un investissement au rendement excellent.
L'anglais (LV1) est obligatoire et compte réellement aux concours ; une seconde langue (LV2) est proposée dans la plupart des établissements. Compte de l'ordre de 2 heures par semaine pour la LV1, un peu moins si tu ajoutes une LV2.
Ce que tu y fais
L'accent est mis sur la compréhension et l'expression écrites et orales, souvent à partir de textes d'actualité scientifique, économique ou de société. Aux concours, on trouve typiquement une épreuve écrite (compréhension, expression, parfois version ou thème) et des épreuves orales. L'anglais scientifique — savoir lire un article, présenter un sujet, argumenter — est une compétence précieuse, y compris pour la suite en école et dans la recherche.
Ce qui change par rapport au lycée
Le niveau attendu monte, et surtout la régularité devient déterminante : une langue s'entretient par petites doses constantes bien plus que par des révisions massives. Les colles de langue, régulières, sont un excellent moyen de progresser à l'oral sans y consacrer des heures. Un élève déjà à l'aise en anglais peut y gagner des points précieux à moindre effort — c'est une matière « rentable » qu'il serait dommage de laisser filer.
Le TIPE (Travail d'Initiative Personnelle Encadré) est un projet de recherche personnel, commun à toutes les filières de prépa, présenté à l'oral aux concours. Il ne se traduit pas par un gros volume horaire fixe, mais par un travail personnel étalé sur les deux années, avec un temps encadré dédié en BCPST 2.
Ce que tu y fais
Tu choisis un sujet en lien avec un thème national annuel, tu formules une problématique, tu mènes une démarche scientifique (recherche documentaire, expérimentation ou modélisation, analyse de résultats), puis tu présentes ton travail devant un jury. C'est l'occasion, rare en prépa, de faire de la science « pour de vrai » : poser une question, y répondre par une méthode, assumer tes choix.
Ce qui change par rapport au lycée
Le TIPE n'a pas d'équivalent au lycée, et c'est justement sa difficulté : il n'y a pas de programme à réciter, il faut de l'autonomie, de l'organisation et de l'initiative. Beaucoup d'élèves le sous-estiment ou le bâclent, alors qu'il peut rapporter des points décisifs pour un investissement raisonnable, à condition de choisir un sujet abordable et de s'y prendre tôt. Un bon TIPE est rarement le plus ambitieux : c'est celui qui est bien maîtrisé, bien mené et bien présenté.
L'éducation physique et sportive est souvent présente à l'emploi du temps, à raison d'une heure ou deux par semaine selon les établissements. On la range vite dans les matières secondaires, à tort. En prépa, l'EPS n'est pas qu'une note : c'est une soupape indispensable. Le rythme d'une BCPST est dense et l'usure mentale est réelle sur deux ans ; garder une activité physique régulière protège le sommeil, la concentration et le moral. Les élèves qui tiennent la distance sont rarement ceux qui ont supprimé tout le reste de leur vie pour ne faire que travailler — ce sont ceux qui ont su préserver un équilibre. Considère l'EPS, et plus largement une hygiène de vie correcte, comme faisant partie intégrante de ta stratégie de réussite.
L'organisation de la semaine : colles, DS et emploi du temps
Connaître les matières ne suffit pas ; il faut comprendre le rythme qui les orchestre, car c'est lui qui fait la vie réelle d'un élève de BCPST.
Les colles (ou khôlles)
Les colles sont des interrogations orales hebdomadaires, en petit groupe (souvent deux ou trois élèves) face à un examinateur, dans les principales matières scientifiques et en langues. Tu passes au tableau, on te pose un exercice ou une question de cours, et tu dois raisonner à voix haute. C'est éprouvant au début, mais c'est l'un des outils les plus formateurs de la prépa : les colles t'obligent à réviser régulièrement, révèlent tes lacunes avant les concours, et te préparent directement aux oraux d'admission. Elles couvrent aussi les fameuses TP-colles de biologie, spécifiques à la filière.
Les devoirs surveillés (DS)
Les DS sont des épreuves écrites régulières, souvent le samedi matin, qui simulent les conditions des concours. Ils s'allongent au fil de l'année (jusqu'à plusieurs heures) et couvrent l'ensemble des matières scientifiques par rotation. S'y ajoutent des devoirs à la maison (DM) plus fouillés. En BCPST 2, ces DS laissent progressivement place aux concours blancs, calqués sur les vraies épreuves.
Le fil rouge : la régularité
Tout, dans cette organisation, converge vers une même exigence : la régularité. Le piège n°1 en BCPST est de laisser une difficulté s'installer en se disant qu'on la rattrapera « plus tard ». Or il n'y a pas de « plus tard » : le programme avance, les matières s'empilent, et le retard d'un mois devient un gouffre au moment des concours blancs. Retravailler chaque cours le soir même, refaire les exercices sans regarder le corrigé, poser ses questions vite, utiliser les colles comme des répétitions générales : c'est cette discipline, bien plus que le talent brut, qui construit un bon classement.
Le programme BCPST est un programme large et exigeant, unique en son genre : biologie (le cœur de la filière, dense et mécaniste), sciences de la Terre et géologie (la matière signature, une quasi-découverte pour la plupart), mathématiques (l'outil qui structure tout, avec un vrai saut vers l'abstraction), physique-chimie (la partie sciences dures, très formalisée), informatique en Python (au service des sciences expérimentales), français-philosophie et langues (à ne surtout pas négliger, car rentables), sans oublier le TIPE et l'EPS. Ce qui change par rapport au lycée n'est pas seulement le volume, mais la nature du travail : comprendre plutôt qu'appliquer, démontrer plutôt que calculer, relier plutôt qu'empiler — le tout au rythme des colles et des DS. Et rappelle-toi que les volumes horaires évoqués ici sont des ordres de grandeur : ils varient selon les établissements.
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— Léa M., ENS Ulm, tutrice Majorant