Vue d'ensemble
Le transformateur est le composant qui a permis le transport de l'énergie électrique sur des milliers de kilomètres : il élève la tension pour minimiser les pertes en ligne, puis l'abaisse près du consommateur. Son principe est une application directe de l'induction mutuelle (cas de Neumann) : deux enroulements couplés par un circuit magnétique commun. Idéalement, il conserve la puissance et transforme les tensions et courants dans le rapport . Cette fiche établit les relations du transformateur parfait, le modèle du transformateur réel (pertes fer et cuivre, rendement) et l'adaptation d'impédance — avec les 2 démonstrations à savoir refaire et les pièges des rapports de jury.
Prérequis
- Induction, loi de Faraday, inductance mutuelle (cas de Neumann)
- Puissance en régime sinusoïdal (active, réactive, apparente)
- Circuit magnétique, théorème d'Ampère, notion de réluctance
Le transformateur : des relations simples, mais un modèle réel truffé de pièges. Nos mentors alumni X · Centrale · Mines te font distinguer pertes fer et pertes cuivre, inductances de fuite et rendement — les points où les concours PSI font la différence.
Trouver un mentor PSI →1. Constitution et circuit magnétique
Un transformateur est constitué de deux enroulements — le primaire ( spires) et le secondaire ( spires) — bobinés sur un même circuit magnétique ferromagnétique fermé (feuilleté pour limiter les courants de Foucault). Le primaire, alimenté en alternatif, crée un flux magnétique variable qui, canalisé par le circuit magnétique, traverse le secondaire et y induit une force électromotrice.
Le rapport de transformation est le rapport des nombres de spires :
: transformateur ÉLÉVATEUR (secondaire plus haute tension). : ABAISSEUR. C'est le seul paramètre du transformateur parfait.
2. Le transformateur parfait
Le transformateur parfait est un modèle idéalisé où : (i) le circuit magnétique a une réluctance nulle (perméabilité infinie), (ii) il n'y a aucune fuite de flux (tout le flux est commun aux deux enroulements), (iii) les enroulements ont une résistance nulle et (iv) les pertes fer sont négligées.
Pour un transformateur parfait, les tensions primaire et secondaire sont dans le rapport de transformation :
Démonstration (loi de Faraday sur chaque enroulement)
Soit le flux commun traversant UNE spire du circuit magnétique. Sans fuite ni résistance, la loi de Faraday appliquée à chaque enroulement donne (en convention récepteur/générateur cohérente) : Le même flux élémentaire apparaît car la réluctance est nulle et il n'y a pas de fuite : les et spires embrassent le même . En faisant le rapport, le commun se simplifie : CQFD. Le transformateur transpose donc l'amplitude de la tension sans déphasage.
Les courants sont dans le rapport inverse, et la puissance est intégralement transmise :
Démonstration (théorème d'Ampère à réluctance nulle)
Le théorème d'Ampère sur le circuit magnétique relie la force magnétomotrice au flux via la réluctance : (les deux enroulements sont comptés avec leurs orientations). Pour un circuit PARFAIT, , donc La puissance instantanée reçue au primaire est alors : elle est INTÉGRALEMENT transmise au secondaire. CQFD. Le transformateur parfait a donc un rendement de et ne stocke pas d'énergie.
Une impédance branchée au secondaire est VUE depuis le primaire comme :
Le transformateur permet ainsi d'ADAPTER une charge à une source (transfert de puissance maximal) en choisissant . C'est le principe de l'adaptation d'impédance en audio et en électronique.
Tensions dans le rapport , courants dans le rapport , puissance conservée : les trois réflexes. Un mentor Majorant te fait retrouver ces relations par Faraday et Ampère plutôt que les réciter — la rigueur attendue en concours PSI.
Réserver une séance ciblée →3. Transformateur réel, pertes et rendement
Le transformateur réel dissipe de l'énergie par deux mécanismes distincts :
- Pertes fer (dans le noyau) : hystérésis + courants de Foucault. Elles dépendent de la tension (du flux) et de la fréquence, mais PAS de la charge : on les modélise par une résistance en parallèle à l'entrée.
- Pertes cuivre (dans les enroulements) : effet Joule dans les résistances des bobinages. Elles dépendent du COURANT, donc de la charge : on les modélise par des résistances en série.
S'y ajoutent les inductances de fuite (flux non commun aux deux enroulements), modélisées par des inductances en série.
Le rendement est le rapport de la puissance active utile (au secondaire) à la puissance active absorbée (au primaire) :
Les transformateurs de puissance industriels atteignent . Le rendement est maximal quand pertes fer et pertes cuivre sont ÉGALES.
Deux essais permettent d'identifier le modèle :
- Essai à vide (secondaire ouvert) : le courant est faible, la puissance absorbée donne les PERTES FER (le courant appelé sert surtout à magnétiser le noyau).
- Essai en court-circuit (secondaire court-circuité, tension primaire réduite) : à courant nominal, la puissance absorbée donne les PERTES CUIVRE.
- Poser l'hypothèse de modèle (parfait ou réel) et fixer le rapport .
- Écrire les relations de transformation : , .
- Ramener la charge au primaire () pour raisonner sur un seul circuit si besoin.
- Pour le rendement : identifier pertes fer (essai à vide) et pertes cuivre (essai en court-circuit), puis .
- Vérifier la cohérence énergétique : .
4. Erreurs classiques en copie (vues par les correcteurs)
Le transformateur mêle induction, circuit magnétique et bilans de puissance : autant d'occasions d'erreurs. Relevé des rapports (Centrale, Mines-Ponts, CCINP) :
5. Pour aller plus loin
Le transformateur est au cœur de la distribution et de la conversion d'énergie :
- Transport de l'énergie électrique — élever la tension réduit les pertes Joule en ligne (), d'où le très haute tension.
- Alimentations à découpage — transformateurs haute fréquence, plus compacts.
- Conversion électronique statique — hacheurs et onduleurs associés aux transformateurs.
- Milieux ferromagnétiques — le comportement du noyau, cycle d'hystérésis et pertes fer.
La conversion de puissance est un pilier des concours PSI. Nos stages intensifs vacances (1 semaine, 25h) enchaînent transformateur, machines et bilans de puissance avec des exos type concours — encadrés par des alumni X-ENS, Centrale et Mines.
Voir les stages PSI →Récap final — Ce qu'il faut absolument retenir
À la veille d'une khôlle ou d'un DS, parcours cette checklist : tu dois pouvoir répondre « oui, sans hésiter » à chaque question.
- Sais-tu de quoi est constitué un transformateur (2 enroulements, circuit magnétique) ?
- Connais-tu le rapport de transformation m = N₂/N₁ ?
- Sais-tu ce qu'est un transformateur parfait (réluctance nulle, sans fuite ni pertes) ?
- Sais-tu démontrer u₂/u₁ = m par la loi de Faraday sur chaque enroulement ?
- Sais-tu démontrer i₁/i₂ = m et u₁i₁ = u₂i₂ (Ampère à réluctance nulle) ?
- Connais-tu l'impédance ramenée Z/m² (avec le carré) ?
- Sais-tu distinguer pertes fer (noyau, ~constantes) et pertes cuivre (enroulements, en i²) ?
- Connais-tu le rendement η = P₂/P₁ et sa maximisation (pertes fer = pertes cuivre) ?
- Sais-tu à quoi servent les essais à vide et en court-circuit ?
- Sais-tu pourquoi un transformateur ne fonctionne qu'en régime variable ?
- Comprends-tu le rôle du transformateur dans le transport haute tension ?
Démonstrations à savoir refaire
- Relation des tensions u₂/u₁ = m — Faraday sur chaque enroulement, flux commun
- Relation des courants et conservation de puissance — Ampère à réluctance nulle, N₁i₁ = N₂i₂