Vue d'ensemble
C'est le chapitre qui ouvre la conversion de puissance en PSI : avant d'étudier les transformateurs et les machines, il faut savoir compter l'énergie dans un dipôle alimenté en alternatif. Trois puissances cohabitent : la puissance active (celle qui « travaille », en watts), la puissance réactive (celle qui fait des allers-retours, en vars) et la puissance apparente (celle que doit fournir le réseau, en VA). Le facteur de puissance mesure l'efficacité du transfert. Cette fiche regroupe les 3 théorèmes incontournables (puissance moyenne, puissance complexe, Boucherot), les 2 démonstrations à savoir refaire et les pièges relevés dans les rapports de jury.
Prérequis
- Régime sinusoïdal forcé, notation complexe (impédance , amplitude complexe)
- Lois de Kirchhoff, dipôles R, L, C et leurs impédances
- Déphasage tension-courant
Active, réactive, apparente : le trio que les concours PSI adorent piéger. Nos mentors alumni X · Centrale · Mines te font manier valeurs efficaces, et puissance complexe sans erreur de facteur — la base de toute la conversion de puissance.
Trouver un mentor PSI →1. Valeurs efficaces et puissance instantanée
La valeur efficace d'un signal périodique de période est la racine de la moyenne de son carré :
Pour une grandeur sinusoïdale , on a la relation à connaître par cœur :
Le du secteur est une valeur EFFICACE : l'amplitude vaut .
La puissance instantanée reçue par un dipôle en convention récepteur est le produit de la tension par le courant :
En régime sinusoïdal, et , où est le déphasage de par rapport à . oscille à la pulsation autour de sa valeur moyenne.
2. Puissances active, réactive et apparente
La puissance active , moyenne temporelle de , vaut :
où est le facteur de puissance. s'exprime en watts (W) : c'est la seule puissance réellement CONVERTIE (en chaleur, en travail mécanique…).
Démonstration (moyenne du produit de deux sinusoïdes)
Avec et : On linéarise avec : Le terme est de moyenne nulle sur une période. Il reste en utilisant et , d'où le facteur . CQFD.
On définit, à partir des mêmes valeurs efficaces et du déphasage :
La puissance réactive mesure l'énergie qui fait des allers-retours entre la source et les éléments réactifs (bobines, condensateurs) sans être convertie. La puissance apparente est celle que le réseau doit effectivement fournir (elle dimensionne les câbles et l'alternateur).
Le facteur de puissance d'un dipôle est le rapport de sa puissance active à sa puissance apparente :
Compris entre et , il vaut pour une charge purement résistive (transfert optimal) et pour une charge purement réactive (aucune puissance convertie). En régime NON sinusoïdal, reste la définition, mais .
Les trois puissances sont reliées par le triangle des puissances :
Convention de signe : pour une charge INDUCTIVE (, courant en retard), pour une charge CAPACITIVE.
3. Puissance complexe et théorème de Boucherot
À partir des amplitudes complexes et , on définit la puissance complexe :
où est le CONJUGUÉ de l'amplitude complexe du courant. C'est un outil de calcul très efficace, qui encode d'un coup et .
La puissance complexe contient les puissances active et réactive comme parties réelle et imaginaire :
Démonstration (produit U · I* conjugué)
Posons et (le courant est en retard de ). Alors et Avec , on identifie et . Le module vaut . CQFD.
Dans un réseau alimenté à une seule pulsation , les puissances actives d'une part, réactives d'autre part, des différents dipôles S'AJOUTENT ALGÉBRIQUEMENT :
Attention : les puissances APPARENTES ne s'additionnent PAS ( en général), car les déphasages diffèrent. Boucherot découle de la conservation de l'énergie (pour ) et de la linéarité de la puissance complexe (pour ).
4. Relèvement du facteur de puissance
Un facteur de puissance faible ( petit) impose un courant élevé pour une même puissance utile : plus de pertes Joule dans les lignes et des installations surdimensionnées. Les distributeurs facturent (ou pénalisent) la puissance réactive. D'où l'intérêt de relever vers .
- Calculer et de la charge (souvent inductive, ).
- Placer un condensateur en parallèle : il apporte , sans modifier (Boucherot).
- Imposer le nouveau déphasage voulu : .
- En déduire .
Boucherot, puissance complexe, relèvement du : les réflexes qui rapportent. Un mentor Majorant te fait dérouler un bilan de puissances sans erreur de signe sur — exactement ce qu'attend un correcteur de concours PSI.
Réserver une séance ciblée →5. Erreurs classiques en copie (vues par les correcteurs)
Le bilan de puissance est un exercice de rigueur sur les conventions et les moyennes. Relevé des rapports (Centrale, Mines-Ponts, CCINP) :
6. Pour aller plus loin
Ce chapitre est la porte d'entrée de toute la conversion de puissance de PSI :
- Transformateur — bilan de puissances, rendement, pertes fer et cuivre.
- Conversion électromécanique — machine à courant continu, bilan de puissance d'un moteur.
- Conversion électronique statique — hacheurs et onduleurs : transférer la puissance en commutant.
- Distribution électrique — pourquoi le triphasé et le relèvement du sont partout dans l'industrie.
La conversion de puissance est un pilier des concours PSI. Nos stages intensifs vacances (1 semaine, 25h) enchaînent bilans de puissances, transformateur et machines avec des exos type concours — encadrés par des alumni X-ENS, Centrale et Mines.
Voir les stages PSI →Récap final — Ce qu'il faut absolument retenir
À la veille d'une khôlle ou d'un DS, parcours cette checklist : tu dois pouvoir répondre « oui, sans hésiter » à chaque question.
- Sais-tu définir la valeur efficace X_eff = √⟨x²⟩ et que X_eff = X_m/√2 en sinusoïdal ?
- Connais-tu la puissance instantanée p(t) = u(t)i(t) ?
- Sais-tu démontrer P = U_eff I_eff cos φ (moyenne du produit de deux sinusoïdes) ?
- Connais-tu Q = U_eff I_eff sin φ (var) et S = U_eff I_eff (VA) ?
- Sais-tu que cos φ est le facteur de puissance et que S² = P² + Q² ?
- Sais-tu que Q > 0 (inductif) et Q < 0 (capacitif) ?
- Sais-tu définir la puissance complexe S = ½ U·I* et démontrer S = P + jQ ?
- Connais-tu le théorème de Boucherot (P et Q additifs, pas S) ?
- Sais-tu relever le cos φ avec un condensateur en parallèle (C = P(tan φ − tan φ′)/ωU_eff²) ?
- Sais-tu qu'un dipôle réactif pur a P = 0 en moyenne ?
- Évites-tu le piège du facteur ½ entre amplitudes et valeurs efficaces ?
Démonstrations à savoir refaire
- Puissance active P = U_eff I_eff cos φ — moyenne du produit, terme en 2ωt nul
- Puissance complexe S = P + jQ — produit ½ U·I* conjugué