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Majorant
📘 Fiche de cours · 2e année⚙️ PSI Physique

Puissance en régime sinusoïdal

Le chapitre d'ouverture de la conversion de puissance en PSI : valeurs efficaces, puissances active \(P = U_{\text{eff}}I_{\text{eff}}\cos\varphi\), réactive et apparente, facteur de puissance, puissance complexe et théorème de Boucherot, avec le relèvement du \(\cos\varphi\). Les 2 démonstrations à savoir refaire et les pièges des rapports de jury.

Fiche rédigée par les mentors Majorant — alumni Polytechnique, CentraleSupélec et Mines Paris.

5 définitions3 théorèmes2 démos à savoirMis à jour le 2026-08-01

Vue d'ensemble

C'est le chapitre qui ouvre la conversion de puissance en PSI : avant d'étudier les transformateurs et les machines, il faut savoir compter l'énergie dans un dipôle alimenté en alternatif. Trois puissances cohabitent : la puissance active (celle qui « travaille », en watts), la puissance réactive (celle qui fait des allers-retours, en vars) et la puissance apparente (celle que doit fournir le réseau, en VA). Le facteur de puissance mesure l'efficacité du transfert. Cette fiche regroupe les 3 théorèmes incontournables (puissance moyenne, puissance complexe, Boucherot), les 2 démonstrations à savoir refaire et les pièges relevés dans les rapports de jury.

Au programme PSI (officiel) — Puissance en régime sinusoïdal forcé : valeurs efficaces ; puissance instantanée, puissance moyenne (active) ; facteur de puissance ; puissance réactive , puissance apparente ; puissance complexe ; théorème de Boucherot (conservation des puissances active et réactive) ; relèvement du facteur de puissance. Introduction à la partie « conversion de puissance ».

Prérequis

  • Régime sinusoïdal forcé, notation complexe (impédance , amplitude complexe)
  • Lois de Kirchhoff, dipôles R, L, C et leurs impédances
  • Déphasage tension-courant
🎯 Accompagnement Majorant

Active, réactive, apparente : le trio que les concours PSI adorent piéger. Nos mentors alumni X · Centrale · Mines te font manier valeurs efficaces, et puissance complexe sans erreur de facteur — la base de toute la conversion de puissance.

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1. Valeurs efficaces et puissance instantanée

Définition 1.1 — Valeur efficace (RMS)

La valeur efficace d'un signal périodique de période est la racine de la moyenne de son carré :

Pour une grandeur sinusoïdale , on a la relation à connaître par cœur :

Le du secteur est une valeur EFFICACE : l'amplitude vaut .

Définition 1.2 — Puissance instantanée

La puissance instantanée reçue par un dipôle en convention récepteur est le produit de la tension par le courant :

En régime sinusoïdal, et , où est le déphasage de par rapport à . oscille à la pulsation autour de sa valeur moyenne.

⚠ Piège — Le facteur ne concerne que le sinusoïdal. est FAUX pour un signal non sinusoïdal (créneau, triangle). Pour un créneau symétrique, ; pour un triangle, . Toujours revenir à la définition en cas de doute.

2. Puissances active, réactive et apparente

Théorème 2.1 — Puissance active (moyenne) ★ À savoir démontrer

La puissance active , moyenne temporelle de , vaut :

est le facteur de puissance. s'exprime en watts (W) : c'est la seule puissance réellement CONVERTIE (en chaleur, en travail mécanique…).

Démonstration (moyenne du produit de deux sinusoïdes)

Avec et : On linéarise avec : Le terme est de moyenne nulle sur une période. Il reste en utilisant et , d'où le facteur . CQFD.

Définition 2.1 — Puissance réactive et puissance apparente

On définit, à partir des mêmes valeurs efficaces et du déphasage :

La puissance réactive mesure l'énergie qui fait des allers-retours entre la source et les éléments réactifs (bobines, condensateurs) sans être convertie. La puissance apparente est celle que le réseau doit effectivement fournir (elle dimensionne les câbles et l'alternateur).

Définition 2.2 — Facteur de puissance

Le facteur de puissance d'un dipôle est le rapport de sa puissance active à sa puissance apparente :

Compris entre et , il vaut pour une charge purement résistive (transfert optimal) et pour une charge purement réactive (aucune puissance convertie). En régime NON sinusoïdal, reste la définition, mais .

Proposition 2.1 — Triangle des puissances

Les trois puissances sont reliées par le triangle des puissances :

Convention de signe : pour une charge INDUCTIVE (, courant en retard), pour une charge CAPACITIVE.

💡 Exemple — Les trois dipôles de base. Pour une résistance : , , (tout est actif). Pour une bobine idéale : , , (réactif inductif pur). Pour un condensateur idéal : , , (réactif capacitif pur). Bobines et condensateurs ne consomment aucune puissance active en moyenne.

3. Puissance complexe et théorème de Boucherot

Définition 3.1 — Puissance complexe

À partir des amplitudes complexes et , on définit la puissance complexe :

est le CONJUGUÉ de l'amplitude complexe du courant. C'est un outil de calcul très efficace, qui encode d'un coup et .

Théorème 3.1 — Parties réelle et imaginaire de la puissance complexe ★ À savoir démontrer

La puissance complexe contient les puissances active et réactive comme parties réelle et imaginaire :

Démonstration (produit U · I* conjugué)

Posons et (le courant est en retard de ). Alors et Avec , on identifie et . Le module vaut . CQFD.

Théorème 3.2 — Théorème de Boucherot

Dans un réseau alimenté à une seule pulsation , les puissances actives d'une part, réactives d'autre part, des différents dipôles S'AJOUTENT ALGÉBRIQUEMENT :

Attention : les puissances APPARENTES ne s'additionnent PAS ( en général), car les déphasages diffèrent. Boucherot découle de la conservation de l'énergie (pour ) et de la linéarité de la puissance complexe (pour ).

📝 Remarque — Pourquoi additionner et et pas . La puissance complexe totale s'additionne (linéarité). En prenant partie réelle et imaginaire, et sont additifs. Mais est un module : la somme des modules diffère du module de la somme. D'où Boucherot sur et uniquement.

4. Relèvement du facteur de puissance

Un facteur de puissance faible ( petit) impose un courant élevé pour une même puissance utile : plus de pertes Joule dans les lignes et des installations surdimensionnées. Les distributeurs facturent (ou pénalisent) la puissance réactive. D'où l'intérêt de relever vers .

📐 Méthode-type — Relever le facteur de puissance d'une charge inductive.
  1. Calculer et de la charge (souvent inductive, ).
  2. Placer un condensateur en parallèle : il apporte , sans modifier (Boucherot).
  3. Imposer le nouveau déphasage voulu : .
  4. En déduire .
💡 Exemple — Moteur inductif relevé à . Un moteur consomme sous , , avec (donc ). Pour atteindre () : . Le courant de ligne chute alors d'un facteur .
🧑‍🏫 La puissance au point

Boucherot, puissance complexe, relèvement du : les réflexes qui rapportent. Un mentor Majorant te fait dérouler un bilan de puissances sans erreur de signe sur — exactement ce qu'attend un correcteur de concours PSI.

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5. Erreurs classiques en copie (vues par les correcteurs)

Le bilan de puissance est un exercice de rigueur sur les conventions et les moyennes. Relevé des rapports (Centrale, Mines-Ponts, CCINP) :

⚠ Erreur 1 — Confondre valeur efficace et amplitude. utilise les valeurs EFFICACES. Avec les amplitudes, il faut le facteur : . Oublier ce donne une puissance DOUBLE : erreur la plus fréquente du chapitre.
⚠ Erreur 2 — Additionner les puissances apparentes. . Seules et sont additives (Boucherot). Pour obtenir , sommer et séparément puis .
⚠ Erreur 3 — Se tromper de signe pour . Une charge inductive a , une capacitive . Un condensateur de relèvement FOURNIT du réactif () pour compenser l'inductif. Inverser le signe fait « aggraver » le au lieu de le relever.
⚠ Erreur 4 — Oublier le conjugué dans la puissance complexe. : c'est bien (conjugué), sinon le signe de est faux. (sans conjugué) n'a aucun sens physique.
⚠ Erreur 5 — Croire que bobines et condensateurs « consomment » de la puissance. En moyenne, un élément réactif pur a : il ne consomme aucune puissance active, il l'échange. Seule la résistance dissipe (). Ne pas compter d'énergie « perdue » dans une bobine idéale.

6. Pour aller plus loin

Ce chapitre est la porte d'entrée de toute la conversion de puissance de PSI :

  • Transformateur — bilan de puissances, rendement, pertes fer et cuivre.
  • Conversion électromécanique — machine à courant continu, bilan de puissance d'un moteur.
  • Conversion électronique statique — hacheurs et onduleurs : transférer la puissance en commutant.
  • Distribution électrique — pourquoi le triphasé et le relèvement du sont partout dans l'industrie.
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Récap final — Ce qu'il faut absolument retenir

À la veille d'une khôlle ou d'un DS, parcours cette checklist : tu dois pouvoir répondre « oui, sans hésiter » à chaque question.

  • Sais-tu définir la valeur efficace X_eff = √⟨x²⟩ et que X_eff = X_m/√2 en sinusoïdal ?
  • Connais-tu la puissance instantanée p(t) = u(t)i(t) ?
  • Sais-tu démontrer P = U_eff I_eff cos φ (moyenne du produit de deux sinusoïdes) ?
  • Connais-tu Q = U_eff I_eff sin φ (var) et S = U_eff I_eff (VA) ?
  • Sais-tu que cos φ est le facteur de puissance et que S² = P² + Q² ?
  • Sais-tu que Q > 0 (inductif) et Q < 0 (capacitif) ?
  • Sais-tu définir la puissance complexe S = ½ U·I* et démontrer S = P + jQ ?
  • Connais-tu le théorème de Boucherot (P et Q additifs, pas S) ?
  • Sais-tu relever le cos φ avec un condensateur en parallèle (C = P(tan φ − tan φ′)/ωU_eff²) ?
  • Sais-tu qu'un dipôle réactif pur a P = 0 en moyenne ?
  • Évites-tu le piège du facteur ½ entre amplitudes et valeurs efficaces ?

Démonstrations à savoir refaire

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