Vue d'ensemble
Comment régler la puissance délivrée à un moteur sans dissiper d'énergie dans un rhéostat ? La réponse de l'électronique de puissance : commuter plutôt que dissiper. La conversion électronique statique (sans pièce mobile) utilise des interrupteurs commandés qui, en s'ouvrant et se fermant très vite, transfèrent l'énergie avec un rendement proche de . Quatre familles : redresseur (AC→DC), hacheur (DC→DC), onduleur (DC→AC), gradateur (AC→AC). L'idée centrale est la valeur moyenne réglable : un hacheur série délivre , pilotée par le rapport cyclique . Cette fiche établit les règles d'association des sources, le fonctionnement du hacheur série et son bilan de puissance — avec les 2 démonstrations à savoir refaire et les pièges des rapports de jury.
Prérequis
- Valeur moyenne d'un signal périodique, régime permanent
- Dipôles R, L, C ; réponse d'un circuit R-L ; continuité du courant dans une bobine
- Puissance en régime périodique, notion de rendement
Hacheurs et onduleurs : un chapitre où les schémas de commutation piègent les meilleurs. Nos mentors alumni X · Centrale · Mines te font lire une cellule de commutation, calculer une valeur moyenne et tracer les chronogrammes sans erreur — l'entraînement décisif pour les concours PSI.
Trouver un mentor PSI →1. Interrupteurs, sources et règles d'association
Un convertisseur statique transfère l'énergie électrique entre une source et une charge en modifiant la forme de la tension ou du courant, à l'aide d'interrupteurs commandés, SANS pièce mécanique en mouvement. Les quatre conversions de base sont : redresseur (alternatif → continu), hacheur (continu → continu), onduleur (continu → alternatif) et gradateur (alternatif → alternatif).
Un interrupteur parfait présente deux états : FERMÉ (tension nulle à ses bornes, courant quelconque) ou OUVERT (courant nul, tension quelconque). Dans les deux cas, le produit : il ne dissipe AUCUNE puissance. C'est cette idéalisation qui permet un rendement de . Réalisations : transistor (MOSFET, IGBT) commandé, diode (commutation spontanée).
Une source de tension impose sa tension (ex. batterie, condensateur de forte capacité) ; son courant ne peut pas subir de discontinuité imposée de l'extérieur sans court-circuit. Une source de courant impose son courant (ex. bobine parcourue par un courant lissé) ; sa tension ne peut pas être imposée nulle sans surtension. Une cellule de commutation relie une source de tension à une source de courant.
Pour éviter les régimes destructeurs :
- Ne jamais connecter directement deux sources de TENSION différentes (court-circuit → courant infini).
- Ne jamais ouvrir le circuit d'une source de COURANT (surtension → tension infinie).
- Une cellule de commutation associe toujours une source de tension et une source de courant : les interrupteurs sont commandés de façon COMPLÉMENTAIRE (jamais les deux fermés, jamais les deux ouverts).
2. Le hacheur série (dévolteur)
Le hacheur série alimente une charge (souvent R-L, ou une MCC) depuis une source de tension continue , via un interrupteur commandé et une diode de roue libre . est fermé pendant une fraction de la période de découpage . Le rapport cyclique
est la commande : il règle la tension moyenne délivrée à la charge.
La tension moyenne aux bornes de la charge est proportionnelle au rapport cyclique :
Démonstration (moyenne sur une période de découpage)
Sur une période , deux phases se succèdent (interrupteurs complémentaires) :
- Phase 1 () : fermé, bloquée. La charge est reliée à la source : .
- Phase 2 () : ouvert. Le courant de la charge inductive ne peut s'interrompre : il se referme par la diode de roue libre, qui impose .
La valeur moyenne de sur une période est donc CQFD. En réglant de à , on obtient une tension moyenne continûment variable de à : c'est un « dévolteur ».
Avec des interrupteurs parfaits, toute la puissance prélevée à la source est transmise à la charge :
Démonstration (interrupteurs sans pertes)
La puissance dissipée par un interrupteur parfait est nulle à chaque instant : fermé, donc ; ouvert, donc . La diode idéale suit la même logique. Aucun des éléments de commutation ne consomme d'énergie. Par conservation de l'énergie sur une période (en régime permanent, l'énergie stockée dans revient à sa valeur initiale) : donc . CQFD. Le hacheur RÈGLE la puissance sans la dissiper — contrairement à un rhéostat qui gaspillerait . Les pertes réelles viennent des imperfections (chutes de tension, commutations).
Le courant dans la charge inductive n'est pas rigoureusement constant : il ONDULE autour de sa valeur moyenne . Sur la phase 1, : le courant croît ; sur la phase 2, il décroît. L'ondulation crête-à-crête est d'autant plus faible que est grande et la fréquence de découpage élevée :
⟨u_s⟩ = αE, diode de roue libre, ondulation de courant : les réflexes du hacheur. Un mentor Majorant te fait tracer les chronogrammes des deux phases et calculer une valeur moyenne sans faute — l'exercice qui tombe presque à chaque concours PSI.
Réserver une séance ciblée →3. Redresseur et onduleur (principe)
Un redresseur convertit une tension alternative en tension de valeur moyenne non nulle (AC→DC), à l'aide de diodes (non commandé) ou de transistors (commandé). Un onduleur réalise l'opération inverse (DC→AC) : en commandant l'ouverture et la fermeture d'un pont d'interrupteurs, il synthétise une tension alternative à partir d'une source continue. C'est l'onduleur qui alimente les machines synchrones à vitesse variable et injecte l'énergie photovoltaïque sur le réseau.
- Identifier les DEUX phases (interrupteur fermé / diode de roue libre) et le circuit équivalent de chacune.
- Tracer les chronogrammes de et de sur une période de découpage.
- Calculer la valeur moyenne (et l'efficace si on veut une puissance).
- Estimer l'ondulation de courant via sur chaque phase.
- Écrire le bilan de puissance en régime permanent ().
4. Erreurs classiques en copie (vues par les correcteurs)
L'électronique de puissance sanctionne les schémas mal lus et les moyennes bâclées. Relevé des rapports (Centrale, Mines-Ponts, CCINP) :
5. Pour aller plus loin
L'électronique de puissance commande toute l'énergie moderne :
- Variation de vitesse des MCC et machines synchrones — hacheurs et onduleurs comme organes de commande.
- Alimentations à découpage — rendement élevé, compacité, dans tout appareil électronique.
- Énergies renouvelables — onduleurs photovoltaïques, convertisseurs éoliens raccordés au réseau.
- Asservissement (SII) — le convertisseur comme actionneur commandé d'une boucle de régulation.
La conversion de puissance est un pilier des concours PSI. Nos stages intensifs vacances (1 semaine, 25h) enchaînent hacheurs, machines et bilans de puissance avec des exos type concours — encadrés par des alumni X-ENS, Centrale et Mines.
Voir les stages PSI →Récap final — Ce qu'il faut absolument retenir
À la veille d'une khôlle ou d'un DS, parcours cette checklist : tu dois pouvoir répondre « oui, sans hésiter » à chaque question.
- Connais-tu les quatre conversions (redresseur, hacheur, onduleur, gradateur) ?
- Sais-tu qu'un interrupteur parfait a ui = 0 (donc ne dissipe rien) ?
- Sais-tu distinguer source de tension et source de courant, et leurs règles d'association ?
- Sais-tu ce qu'est le rapport cyclique α et une cellule de commutation ?
- Sais-tu démontrer ⟨u_s⟩ = αE pour un hacheur série ?
- Sais-tu à quoi sert la diode de roue libre (continuité du courant inductif) ?
- Sais-tu démontrer le rendement idéal η = 1 (interrupteurs sans pertes) ?
- Comprends-tu l'ondulation de courant et son lissage (L grand, f élevée) ?
- Sais-tu distinguer valeur moyenne et valeur efficace d'un signal haché ?
- Connais-tu le principe du redresseur (AC→DC) et de l'onduleur (DC→AC) ?
- Comprends-tu la réversibilité en puissance (freinage par récupération) ?
Démonstrations à savoir refaire
- Valeur moyenne ⟨u_s⟩ = αE — moyenne sur les deux phases de commutation
- Rendement idéal η = 1 — interrupteurs parfaits, conservation en régime permanent