☀️ Stage Pré-rentrée · dès le 24 aoûtRéserver ma place →
📘 Fiche de cours · 2e année⚗️ PC⚗️ Chimie

Additions et organomagnésiens

Construire des molécules autour du carbonyle : groupe C=O polarisé et électrophile, organomagnésiens (préparation anhydre, carbanion nucléophile et base forte), addition sur le carbonyle et classification des alcools (méthanal→primaire, aldéhyde→secondaire, cétone→tertiaire, CO₂→acide), réduction par les hydrures, et acétalisation comme protection réversible du carbonyle. Avec les 3 raisonnements à savoir refaire et les pièges des rapports de jury.

Fiche rédigée par les mentors Majorant — alumni Polytechnique, CentraleSupélec et Mines Paris.

5 définitions3 théorèmes3 démos à savoirMis à jour le 2026-07-12

Vue d'ensemble

Le groupe carbonyle est le carrefour de la chimie organique : son carbone, appauvri en électrons, est une cible offerte aux nucléophiles. En l'attaquant avec un organomagnésien, on crée une liaison C–C et on construit des molécules plus grosses — c'est l'outil de synthèse le plus emblématique du programme. En l'attaquant avec un hydrure, on le réduit en alcool. En l'attaquant avec un alcool, on forme un acétal qui sait le protéger. Ce chapitre articule structure, mécanisme et stratégie. Cette fiche donne les 3 raisonnements à savoir refaire et les pièges des rapports de jury.

Au programme PC (officiel) — Réactivité du groupe carbonyle (aldéhydes, cétones) : additions nucléophiles. Organomagnésiens mixtes : préparation, structure polarisée, caractère nucléophile et basique ; addition sur le carbonyle et sur le dioxyde de carbone, obtention d'alcools et d'acides carboxyliques. Réduction du carbonyle par les hydrures. Addition des alcools : hémiacétals et acétals, acétalisation comme protection du carbonyle.

Prérequis

  • Polarisation des liaisons, effets inductif et mésomère, nucléophile/électrophile
  • Stéréochimie : classes des alcools (primaire, secondaire, tertiaire)
  • Mécanismes : flèches courbes, additions et substitutions
🎯 Accompagnement Majorant

Le Grignard te semble magique mais imprévisible ? Une seule logique — un carbanion attaque un carbone électrophile — explique tous les produits. Nos mentors alumni X · Centrale · Mines te font construire les enchaînements de synthèse des sujets CCINP et Mines jusqu'à l'automatisme.

Trouver un mentor PC →

1. Le groupe carbonyle, cible électrophile

Définition 1.1 — Groupe carbonyle

Le groupe carbonyle (aldéhyde , cétone ) est constitué d'un carbone (plan) doublement lié à l'oxygène. La liaison est fortement polarisée (l'oxygène, électronégatif, attire les électrons) : le carbone est électrophile, l'oxygène nucléophile et basique.

Définition 1.2 — Réactivité comparée aldéhyde / cétone

Un aldéhyde est plus réactif qu'une cétone vis-à-vis de l'addition nucléophile, pour deux raisons : le second groupe alkyle de la cétone encombre l'approche du nucléophile (gêne stérique) et enrichit le carbone par effet inductif donneur (), le rendant moins électrophile. D'où : méthanal autres aldéhydes cétones.

📝 Deux sites, deux chimies. On peut attaquer le carbone (addition nucléophile, cœur de ce chapitre) ou arracher un proton en α (chimie des énols/énolates, vue ailleurs). Ici, tout tourne autour de l'électrophilie du carbone.

2. Organomagnésiens : des carbanions déguisés

Définition 2.1 — Organomagnésien mixte (réactif de Grignard)

Un organomagnésien mixte se prépare par action du magnésium sur un dérivé halogéné, en milieu anhydre (éther, THF) : La liaison est très polarisée : le carbone porte une charge partielle négative et se comporte comme un carbanion .

Théorème 2.2 — L'organomagnésien : nucléophile et base fortes ★ À savoir démontrer

Le carbone carbanionique est à la fois un nucléophile fort (il attaque les carbones électrophiles) et une base forte (il arrache les protons acides). Il réagit donc violemment avec tout composé à hydrogène mobile (eau, alcool, acide) — d'où l'exigence de milieu anhydre.

Justification (polarité de la liaison C–Mg et conséquences)

Le magnésium () est bien moins électronégatif que le carbone () : la liaison est fortement polarisée, le doublet est déplacé vers le carbone, qui acquiert un caractère de carbanion (inverse de la polarité usuelle des dérivés halogénés — c'est l'umpolung).

Conséquence nucléophile : attaque les centres pauvres en électrons, en particulier le carbone du carbonyle (section 3). Conséquence basique : capte tout proton acide. Face à l'eau :

L'organomagnésien est détruit (formation de l'alcane ) avant même de pouvoir jouer son rôle de nucléophile. D'où la règle absolue : verrerie et solvant parfaitement secs. C'est aussi pourquoi on ne prépare pas de magnésien portant sur la même molécule une fonction acide (–OH, –NH, –COOH) : elle s'autodétruirait.

3. Addition nucléophile : construire des alcools

Théorème 3.1 — Addition d'un organomagnésien sur le carbonyle ★ À savoir démontrer

Le carbanion attaque le carbone du carbonyle ; il se forme un alcoolate, hydrolysé ensuite en alcool. La classe de l'alcool obtenu dépend du composé carbonylé de départ.

Mécanisme et classification des produits

Mécanisme (deux temps). (1) Le carbone de l'organomagnésien attaque le carbone électrophile du carbonyle ; le doublet de bascule sur l'oxygène, qui devient un alcoolate (lié au ). (2) L'hydrolyse acide finale protone l'alcoolate en alcool :

Classification des produits (une addition ajoute un groupe et transforme le en ) :

  • sur le méthanal ⟹ alcool primaire ;
  • sur un aldéhyde ⟹ alcool secondaire ;
  • sur une cétone ⟹ alcool tertiaire ;
  • sur le dioxyde de carbone ⟹ après hydrolyse, un acide carboxylique (une seule addition, le carboxylate étant stabilisé).

Réflexe de rétrosynthèse : pour fabriquer un alcool, couper une liaison adjacente au ; l'un des fragments devient un magnésien, l'autre un composé carbonylé.

Définition 3.2 — Réduction par les hydrures

Un hydrure (ion apporté par ou ) est un nucléophile qui s'additionne sur le carbonyle : c'est une réduction. Un aldéhyde donne un alcool primaire, une cétone un alcool secondaire. est plus puissant (réduit aussi acides et esters) mais exige l'anhydre ; , plus doux et compatible avec l'eau/l'alcool, est sélectif des aldéhydes et cétones.

💡 Exemple — Deux voies vers un alcool secondaire. Le butan-2-ol s'obtient soit en réduisant la butan-2-one (hydrure sur la cétone), soit en additionnant un magnésien sur un aldéhyde ( sur le propanal, ou sur l'éthanal). Choisir la voie, c'est faire de la rétrosynthèse.
🧑‍🏫 La synthèse par le Grignard, sans hésiter

Prévoir le produit, remonter d'un alcool aux réactifs (rétrosynthèse) ? Un mentor Majorant te fait dérouler les enchaînements de synthèse des sujets Mines et Centrale, avec le mécanisme et la classification des alcools que les correcteurs attendent.

Réserver une séance ciblée →

4. Addition des alcools : hémiacétals, acétals, protection

Définition 4.1 — Hémiacétal et acétal

L'addition d'un alcool sur un carbonyle donne un hémiacétal ( portant à la fois et ) ; une seconde addition, avec départ d'eau, donne un acétal ( portant deux ) : La réaction est catalysée par les acides et renversable.

Théorème 4.2 — Acétalisation : protéger un carbonyle ★ À savoir démontrer

Un acétal est stable en milieu basique et neutre mais s'hydrolyse en milieu acide aqueux pour régénérer le carbonyle. Cette réversibilité contrôlée en fait un groupe protecteur du carbonyle.

Principe de la protection (déplacement d'équilibre)

L'acétalisation est un équilibre : , catalysé par . On le déplace dans le sens voulu par la loi de Le Chatelier :

  • Protéger (former l'acétal) : opérer avec excès d'alcool et éliminer l'eau (distillation azéotropique, desséchant) — l'équilibre est poussé vers l'acétal.
  • Déprotéger (régénérer le carbonyle) : hydrolyse en milieu acide aqueux (grand excès d'eau) — l'équilibre revient vers le carbonyle.

Pourquoi c'est utile. L'acétal ne réagit ni avec les bases, ni avec les nucléophiles, ni avec les organomagnésiens (plus de carbone électrophile). On peut donc « masquer » un carbonyle le temps de faire réagir ailleurs dans la molécule (par exemple un magnésien sur une autre fonction), puis « démasquer » par hydrolyse acide. La protection est la clé des synthèses multi-étapes où plusieurs fonctions coexistent.

5. Erreurs classiques en copie (vues par les correcteurs)

Les rapports CCINP et Mines-Ponts relèvent des fautes récurrentes sur ces mécanismes de synthèse.

⚠ Erreur 1 — Oublier l'étape d'hydrolyse. L'addition d'un magnésien donne d'abord un alcoolate (lié au magnésium) ; l'alcool n'apparaît qu'après hydrolyse acide. Écrire directement l'alcool sans la seconde étape est incomplet.
⚠ Erreur 2 — Faire réagir un magnésien en milieu protique. Un organomagnésien est détruit par l'eau, les alcools, les acides ( formé). Proposer sa préparation ou son addition en présence de ou est une faute rédhibitoire. Milieu anhydre obligatoire.
⚠ Erreur 3 — Se tromper de classe d'alcool. Méthanal ⟹ primaire, aldéhyde ⟹ secondaire, cétone ⟹ tertiaire. Compter les groupes carbonés sur le carbone porteur du final : c'est mécanique une fois la règle posée.
⚠ Erreur 4 — Confondre hémiacétal et acétal. Hémiacétal = un + un (une addition). Acétal = deux (deux additions, départ d'eau). Seul l'acétal, stable en milieu non acide, sert de protection.
⚠ Erreur 5 — Croire l'acétalisation irréversible. C'est un équilibre : on le déplace en éliminant l'eau (protection) ou en ajoutant de l'eau en milieu acide (déprotection). Oublier la réversibilité, c'est manquer tout l'intérêt de la protection.

6. Pour aller plus loin

Additions et organométalliques sont les briques de la construction moléculaire :

  • Spectroscopies IR et RMN — suivre une addition : disparition de la bande (IR), apparition d'un , déplacements en RMN.
  • Stratégie de synthèse et protections — l'acétalisation est l'exemple canonique de groupe protecteur, généralisé aux synthèses multi-étapes.
  • Stéréochimie — l'addition sur un carbonyle prochiral crée un stéréocentre : faces d'attaque, mélanges de stéréoisomères.
  • Substitutions et éliminations — les alcools formés se transforment ensuite (déshydratation, substitution) : la chimie s'enchaîne.
🚀 Stage intensif Majorant

La synthèse organique PC récompense la maîtrise des mécanismes et des protections. Nos stages intensifs vacances (1 semaine, 25h) couvrent additions, organomagnésiens, protections et stratégie de synthèse avec exos type concours et khôlles blanches, encadrés par des alumni X-ENS, Centrale et Mines.

Voir les stages PC →

Récap final — Ce qu'il faut absolument retenir

À la veille d'une khôlle ou d'un DS, parcours cette checklist : tu dois pouvoir répondre « oui, sans hésiter » à chaque question.

  • Sais-tu que le carbonyle est polarisé Cδ+=Oδ−, carbone électrophile ?
  • Sais-tu pourquoi un aldéhyde est plus réactif qu'une cétone (stérique + inductif) ?
  • Sais-tu préparer un organomagnésien (R−X + Mg, éther anhydre) ?
  • Sais-tu justifier son double caractère nucléophile et base forte (liaison C−Mg polarisée) ?
  • Sais-tu qu'il est détruit par l'eau (R−H + Mg(OH)X) — d'où le milieu anhydre ?
  • Sais-tu écrire le mécanisme d'addition sur le carbonyle (alcoolate puis hydrolyse) ?
  • Connais-tu la classe d'alcool obtenue (méthanal→1°, aldéhyde→2°, cétone→3°, CO₂→acide) ?
  • Sais-tu que les hydrures (NaBH₄, LiAlH₄) réduisent le carbonyle en alcool ?
  • Sais-tu faire une rétrosynthèse d'alcool (coupure C−C adjacente au C−OH) ?
  • Sais-tu distinguer hémiacétal (OH + OR) et acétal (2 OR) ?
  • Sais-tu que l'acétalisation est un équilibre acido-catalysé et réversible ?
  • Sais-tu utiliser un acétal pour protéger un carbonyle (former en éliminant l'eau, déprotéger par hydrolyse acide) ?

Démonstrations à savoir refaire

Fiches associées

⚗️ PC·Chimie

Thermodynamique chimique

Le fondement de la chimie de PC : avancement et grandeurs de réaction, enthalpie et entropie standard de réaction, loi de Hess (ΔrH° = Σ νᵢ ΔfH°) déduite du caractère de fonction d'état, enthalpie libre de réaction ΔrG = ΔrG° + RT ln Q et quotient réactionnel, constante d'équilibre K° et relation ΔrG° = −RT ln K°, critère d'évolution Q vs K°, relation de van't Hoff. Avec les 2 démonstrations à savoir refaire et les pièges des rapports de jury.

⚗️ PC·Chimie

Équilibres chimiques

La chimie quantitative des équilibres : loi d'action de masse (Guldberg-Waage) K° = Π aᵢ,éq^νᵢ, taux de conversion et coefficient de dissociation, détermination de la composition à l'équilibre (K° = α²/(1−α²)·P/P°), variance et règle des phases, affinité chimique, influence de la température (relation de van't Hoff démontrée par Gibbs-Helmholtz), principe de modération de Le Chatelier et rupture d'équilibre. Avec les 2 démonstrations à savoir refaire et les pièges des rapports de jury.

⚗️ PC·Chimie

Diagrammes binaires

Les équilibres liquide-vapeur d'un mélange à deux constituants : diagramme isobare, courbes d'ébullition et de rosée délimitant le fuseau biphasé, lecture des compositions (liquide x, vapeur y), théorème des moments chimiques (règle du levier) démontré par bilan de matière, variance réduite v' = 3 − φ, azéotropes (x = y), distillation fractionnée et sa limite azéotropique, miscibilité. Avec les 2 démonstrations à savoir refaire et les pièges des rapports de jury.

⚗️ PC·Chimie

Cinétique chimique

La vitesse des réactions et leurs mécanismes : vitesse de réaction, ordre et constante de vitesse, lois de vitesse intégrées (ordre 0, 1, 2) et temps de demi-réaction ([A] = [A]₀e^(−kt), t½ = ln2/k), loi d'Arrhenius et énergie d'activation, actes élémentaires et intermédiaires réactionnels, approximation des états quasi-stationnaires (AEQS) et étape cinétiquement déterminante pour établir une loi de vitesse. Avec les 2 démonstrations à savoir refaire et les pièges des rapports de jury.

⚗️ PC·Chimie

Cristallographie

La structure des solides cristallins : réseau, maille et motif, mailles cubiques (simple, centrée, faces centrées), population et coordinence, condition de tangence et compacité (C_CFC = π√2/6 ≈ 74 %), masse volumique ρ = nM/(𝒩_A a³), sites interstitiels octaédriques et tétraédriques, types de cristaux (métallique, ionique, covalent, moléculaire) et propriétés. Avec les 2 démonstrations à savoir refaire et les pièges des rapports de jury.

⚗️ PC·Chimie

Solutions aqueuses

Les équilibres en solution aqueuse : couples acide/base et constante d'acidité Ka, pH et diagrammes de prédominance, relation de Henderson pH = pKa + log([A⁻]/[AH]), calcul de pH des acides faibles et forts, produit de solubilité Ks et solubilité (s = √Ks pour AgCl, (Ks/4)^(1/3) pour CaF₂), condition de précipitation (Q vs Ks) et effet d'ion commun. Avec les 2 démonstrations à savoir refaire et les pièges des rapports de jury.

Tu veux aller plus loin sur ce chapitre ?

Nos mentors alumni de Polytechnique, CentraleSupélec et Mines Paris t'accompagnent en cours particuliers — démonstrations détaillées, exos type concours, oraux blancs.

Trouver un mentor →