Vue d'ensemble
La magnétostatique est le pendant magnétique de l'électrostatique : elle étudie le champ créé par des courants permanents. La grammaire est la même — deux équations locales, un théorème intégral qui exploite les symétries — mais avec des différences essentielles : le champ magnétique est à flux conservatif (, pas de « charge magnétique ») et son rotationnel n'est pas nul (). L'outil-vedette est le théorème d'Ampère, analogue magnétique de Gauss. Ce chapitre complète l'électrostatique avant l'unification par les équations de Maxwell. Cette fiche regroupe les 3 théorèmes incontournables, les 3 démonstrations à savoir refaire et les pièges relevés dans les rapports de jury.
Prérequis
- Électrostatique : équations locales, théorème de Gauss, méthode par symétries
- Opérateurs vectoriels : divergence, rotationnel, flux, circulation ; produit vectoriel
- Force de Lorentz et champ magnétique d'une charge en mouvement (sup)
Le champ magnétique inverse les règles de symétrie de l'électrique — piège redoutable. est un PSEUDOVECTEUR : il est porté par les plans d'ANTIsymétrie. Nos mentors alumni X · Centrale · Mines te font maîtriser ces symétries inversées et le théorème d'Ampère jusqu'à l'automatisme.
Trouver un mentor MP →1. Équations locales et symétries du champ magnétique
Une distribution de courants de densité volumique (A/m²) crée un champ magnétique (tesla). Pour un fil parcouru par un courant , la loi de Biot et Savart donne — mais en MP, on privilégie le point de vue LOCAL (équations différentielles) et le théorème d'Ampère.
La densité de courant volumique (A/m²) décrit le transport local de charge : (charges mobiles × vitesse). Le courant traversant une surface est le flux . En régime PERMANENT (magnétostatique), : le courant se conserve (autant entre que sort de tout volume).
Le flux magnétique à travers une surface est (en webers). Le champ magnétique est à flux conservatif : le flux à travers toute surface FERMÉE est nul (), conséquence de . Le flux à travers une surface ouverte ne dépend donc que du CONTOUR sur lequel elle s'appuie.
Le champ magnétique vérifie les deux équations de Maxwell statiques :
Démonstration (flux conservatif et Ampère local)
. Elle traduit l'absence de « charge magnétique » (monopôle) : les lignes de champ magnétique se REFERMENT toujours sur elles-mêmes (pas de source ni de puits). Conséquence intégrale (Green-Ostrogradski) : le flux de à travers TOUTE surface fermée est nul, — le champ est à flux conservatif. C'est la différence majeure avec (dont le flux compte les charges).
. Elle traduit localement le théorème d'Ampère (théorème 2.2). En appliquant le théorème de Stokes () et en identifiant à pour tout contour, on obtient point par point. Le rotationnel NON NUL (là où il y a du courant) distingue de .
est un pseudovecteur (vecteur axial) : ses règles de symétrie sont INVERSÉES par rapport à :
- en un point d'un plan de SYMÉTRIE des courants, est orthogonal au plan ;
- en un point d'un plan d'ANTISYMÉTRIE des courants, est contenu dans le plan.
Démonstration (le produit vectoriel change les règles)
Le champ magnétique vient de via un PRODUIT VECTORIEL (Biot-Savart : ). Or un produit vectoriel se comporte à l'opposé d'un vecteur « vrai » sous une symétrie plane : réfléchi vaut où sont les réfléchis.
Conséquence : là où le champ ÉLECTRIQUE (vecteur vrai) est dans un plan de symétrie, le champ MAGNÉTIQUE (pseudovecteur) lui est orthogonal, et inversement. D'où la règle inversée : plan de symétrie, plan d'antisymétrie. Se tromper d'une inversion est l'erreur n°1 de la magnétostatique — toujours REPÉRER d'abord la nature (symétrie / antisymétrie) du plan.
2. Le théorème d'Ampère et les calculs de champ
Un contour d'Ampère est une courbe fermée orientée le long de laquelle on calcule la circulation de . Le courant enlacé est le courant total traversant une surface s'appuyant sur , compté ALGÉBRIQUEMENT (positif si dans le sens de la normale orientée par , négatif sinon). Il ne dépend pas de la surface choisie (courant conservatif).
La circulation du champ magnétique le long d'un contour fermé orienté (contour d'Ampère) est égale au courant enlacé multiplié par :
où est le courant total traversant une surface s'appuyant sur (compté algébriquement selon l'orientation).
Démonstration (Stokes appliqué à rot B = μ₀ j)
Partons de l'équation locale . Soit un contour fermé et une surface orientée s'appuyant dessus. Le théorème de Stokes relie la circulation au flux du rotationnel :
Le flux de à travers est par définition le courant enlacé par . Le résultat ne dépend pas de la surface choisie (car en régime permanent). C'est l'exact analogue du passage Gauss local ↔ Gauss intégral en électrostatique.
- Symétries du champ : direction de via les plans de symétrie/antisymétrie (règle INVERSÉE : plan de symétrie).
- Invariances : variables dont dépend (translation, rotation). Ex. fil : .
- Contour d'Ampère adapté : un contour fermé sur lequel est constant ou nul (cercle, rectangle) — la circulation se calcule alors trivialement.
- Égaler à et isoler . Vérifier les cas limites et le sens de (règle de la main droite autour du courant).
— Fil infini (courant ) : (orthoradial, décroît en , lignes de champ circulaires).
— Solénoïde infini ( spires/m, courant ) : champ UNIFORME à l'INTÉRIEUR , et NUL à l'extérieur. Contour d'Ampère rectangulaire.
— Câble coaxial / bobine torique : traités par le même contour circulaire. Ces résultats structurent la moitié des exercices de magnétostatique.
3. Potentiel vecteur et comparaison avec l'électrostatique
Comme , le champ magnétique dérive d'un potentiel vecteur :
est défini à un gradient près ( donne le même ) — c'est l'analogue de la constante du potentiel scalaire. Le flux de à travers une surface s'appuyant sur un contour s'écrit alors (Stokes).
Les deux théories sont structurellement parallèles, avec une INVERSION des rôles divergence/rotationnel :
- Électrostatique : (source = charges), , potentiel SCALAIRE , théorème de GAUSS, dans les plans de symétrie.
- Magnétostatique : (pas de source ponctuelle), (source = courants), potentiel VECTEUR , théorème d'AMPÈRE, orthogonal aux plans de symétrie.
Retenir ce tableau permet de transposer une méthode d'une théorie à l'autre — sans oublier l'inversion des symétries.
L'inversion des règles de symétrie coûte des points à chaque DS. Un mentor Majorant te fait pratiquer l'analyse de symétrie sur les distributions de courants classiques (fil, spire, solénoïde) jusqu'à ce que « B perpendiculaire au plan de symétrie » devienne un réflexe — la clé de tout calcul par Ampère.
Réserver une séance ciblée →4. Erreurs classiques en copie (vues par les correcteurs)
La magnétostatique cumule les pièges de symétrie et les analogies trompeuses avec l'électrostatique. Relevé des rapports (Centrale, Mines-Ponts, CCINP) :
5. Pour aller plus loin
La magnétostatique complète l'électrostatique avant l'unification :
- Équations de Maxwell — les quatre équations réunissent électrostatique et magnétostatique et ajoutent les termes temporels (induction, courant de déplacement) : et deviennent indissociables.
- Induction électromagnétique — un flux magnétique variable crée un champ électrique (loi de Faraday) : le potentiel vecteur y joue un rôle central.
- Ondes électromagnétiques — et se propagent couplés ; leurs symétries respectives structurent la polarisation.
- Forces de Laplace — un conducteur parcouru par un courant dans un champ subit : base des moteurs et des actionneurs.
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Voir les stages MP →Récap final — Ce qu'il faut absolument retenir
À la veille d'une khôlle ou d'un DS, parcours cette checklist : tu dois pouvoir répondre « oui, sans hésiter » à chaque question.
- Sais-tu relier B aux courants (Biot-Savart, et le point de vue local) ?
- Sais-tu démontrer les deux équations locales (div B = 0 flux conservatif, rot B = μ₀j Ampère local) ?
- Sais-tu que le flux de B à travers toute surface fermée est nul (pas de monopôle) ?
- Sais-tu que B est un pseudovecteur, avec des symétries INVERSÉES par rapport à E ?
- Sais-tu démontrer les règles de symétrie (B ⊥ plan de symétrie, B ∥ plan d'antisymétrie) ?
- Sais-tu démontrer le théorème d'Ampère par Stokes appliqué à rot B = μ₀j ?
- Sais-tu dérouler la méthode symétries → invariances → contour d'Ampère → champ ?
- Connais-tu les champs de référence (fil en 1/r, solénoïde μ₀nI uniforme intérieur) ?
- Sais-tu que seul le courant ENLACÉ compte (champ en r à l'intérieur d'un cylindre) ?
- Sais-tu définir le potentiel vecteur A (B = rot A, défini à un gradient près) ?
- Connais-tu le tableau de correspondance électro/magnétostatique (inversion div/rot) ?
- Sais-tu trouver le SENS de B par la règle de la main droite ?
Démonstrations à savoir refaire
- Équations locales — div B = 0 (flux conservatif) et Ampère local par Stokes
- Symétries du champ magnétique — le produit vectoriel inverse les règles (pseudovecteur)
- Théorème d'Ampère — Stokes appliqué à rot B = μ₀j, courant enlacé