Vue d'ensemble
À l'échelle atomique, la physique classique s'effondre : un électron n'a plus de trajectoire, mais un comportement à la fois ondulatoire et corpusculaire. La relation de de Broglie associe une onde à toute particule. L'état d'un système quantique est décrit par une fonction d'onde , dont le module au carré donne la densité de probabilité de présence (interprétation de Born). Son évolution obéit à l'équation de Schrödinger, postulat fondateur qui joue le rôle du principe fondamental de la dynamique en quantique. Un cas central : les états stationnaires, où l'énergie est bien définie et où la densité de probabilité ne dépend plus du temps — leur étude fait apparaître la quantification de l'énergie, signature du monde quantique. Ce chapitre pose le cadre de toute la mécanique quantique de MP. Cette fiche regroupe les 3 théorèmes incontournables, les 2 démonstrations à savoir refaire et les pièges relevés dans les rapports de jury.
Prérequis
- Ondes : notation complexe, relation de dispersion, paquet d'ondes
- Nombres complexes, module, dérivées partielles
- Énergie mécanique : cinétique , potentielle
La fonction d'onde déroute — mais l'équation de Schrödinger est un outil qu'on apprivoise vite. Nos mentors alumni X · Centrale · Mines te font manier l'interprétation de Born et les états stationnaires jusqu'à l'aisance — le socle indispensable de toute la quantique de spé.
Trouver un mentor MP →1. Dualité onde-corpuscule et fonction d'onde
Toute particule de quantité de mouvement a un comportement ondulatoire, de longueur d'onde donnée par la relation de de Broglie :
où est la constante de Planck, , et le nombre d'onde. Réciproquement, le photon (onde) a une quantité de mouvement. Onde et corpuscule sont deux facettes d'une même réalité.
L'état d'une particule est décrit par une fonction d'onde . Selon l'interprétation probabiliste de Born, est la densité de probabilité de présence : la probabilité de trouver la particule entre et à l'instant est
La fonction d'onde n'a pas de sens physique direct ; seul son module au carré, mesurable, en a un. On abandonne la notion de trajectoire.
La particule étant nécessairement quelque part, la probabilité totale vaut :
Une fonction d'onde physiquement acceptable doit être de carré intégrable (normalisable). Cette condition contraint fortement les solutions et est à l'origine de la quantification.
2. L'équation de Schrödinger
L'évolution de la fonction d'onde d'une particule de masse dans un potentiel est régie par l'équation de Schrödinger :
C'est un postulat (l'analogue quantique du PFD) : linéaire (d'où le principe de superposition) et du premier ordre en temps (l'état à un instant détermine tout le futur). Le terme est l'énergie cinétique, l'énergie potentielle.
Pour une particule LIBRE (), l'onde plane est solution de Schrödinger si et seulement si :
Démonstration (injection dans Schrödinger libre)
Avec et , calculons les dérivées : et . L'équation de Schrödinger devient :
En simplifiant par : . Avec les relations d'Einstein-de Broglie et , cela s'écrit : on RETROUVE l'énergie cinétique classique d'une particule libre. La relation de dispersion des ondes de matière n'est pas linéaire () : le vide est dispersif pour les ondes de matière. CQFD.
Une onde plane n'est PAS normalisable ( constant). Une particule réelle, localisée, est décrite par un paquet d'ondes : superposition d'ondes planes de vecteurs d'onde voisins, . Il se propage à la vitesse de groupe : on retrouve la vitesse classique de la particule.
3. États stationnaires et quantification
Un état stationnaire est un état d'énergie bien définie, dont la fonction d'onde se factorise :
Son nom vient de ce que la densité de probabilité est indépendante du temps (car ) : la répartition spatiale est figée, « stationnaire ».
Pour un potentiel indépendant du temps , la partie spatiale d'un état stationnaire vérifie l'équation de Schrödinger stationnaire (équation aux valeurs propres de l'énergie) :
Démonstration (séparation des variables)
Cherchons une solution de la forme de l'équation de Schrödinger avec . En injectant : En divisant par : .
Le membre de gauche ne dépend que de , celui de droite que de : ils sont donc égaux à une CONSTANTE, notée (homogène à une énergie). On obtient deux équations : , qui donne (à une constante près), et , l'équation stationnaire. CQFD.
- Écrire le potentiel (marche, puits, barrière) et poser l'équation de Schrödinger stationnaire dans chaque région.
- Résoudre par région : selon le signe de , solutions oscillantes () ou exponentielles ().
- Raccorder : continuité de et de aux interfaces (conditions de passage).
- Normaliser / quantifier : imposer la normalisation (états liés) → énergies quantifiées ; ou calculer coefficients de réflexion/transmission (états de diffusion).
Schrödinger, états stationnaires, raccordements : la mécanique de tous les sujets de quantique. Un mentor Majorant te fait dérouler la séparation des variables et les conditions de raccord jusqu'à l'aisance — la clé des puits, marches et barrières au concours.
Réserver une séance ciblée →4. Erreurs classiques en copie (vues par les correcteurs)
La quantique déroute par son formalisme : les erreurs viennent d'automatismes classiques mal transposés. Relevé des rapports (Centrale, Mines-Ponts, CCINP) :
5. Pour aller plus loin
L'équation de Schrödinger est le point de départ de toute la physique quantique :
- Puits de potentiel — états liés, quantification explicite de l'énergie (puits infini, puits fini) : l'application directe de cette fiche.
- Marche et barrière — réflexion quantique, effet tunnel : passage classiquement interdit grâce à l'onde évanescente.
- Oscillateur harmonique quantique — niveaux équidistants , énergie de point zéro.
- Atome d'hydrogène — la résolution en 3D donne les orbitales et le spectre de l'hydrogène (post-bac, mais culture essentielle).
La mécanique quantique est neuve et déroutante — un accompagnement fait toute la différence. Nos stages intensifs vacances (1 semaine, 25h) enchaînent fonction d'onde, Schrödinger et états stationnaires avec exos type concours — encadrés par des alumni X-ENS, Centrale et Mines.
Voir les stages MP →Récap final — Ce qu'il faut absolument retenir
À la veille d'une khôlle ou d'un DS, parcours cette checklist : tu dois pouvoir répondre « oui, sans hésiter » à chaque question.
- Connais-tu la relation de de Broglie λ = h/p (et p = ℏk) ?
- Sais-tu que la fonction d'onde ψ(x,t) décrit l'état quantique ?
- Sais-tu que |ψ|² est une densité de probabilité de présence (Born) ?
- Sais-tu que |ψ|² est une densité (m⁻¹), pas une probabilité ?
- Connais-tu la condition de normalisation ∫|ψ|² dx = 1 ?
- Sais-tu écrire l'équation de Schrödinger dépendante du temps ?
- Sais-tu démontrer E = p²/2m pour l'onde plane de matière libre ?
- Sais-tu ce qu'est un paquet d'ondes et que v_g = p/m ?
- Sais-tu qu'un état stationnaire s'écrit ψ = φ(x) e^(−iEt/ℏ) ?
- Sais-tu que |ψ|² = |φ|² est indépendant du temps pour un état stationnaire ?
- Sais-tu démontrer l'équation de Schrödinger stationnaire (séparation des variables) ?
- Sais-tu d'où vient la quantification de l'énergie (normalisation + confinement) ?
Démonstrations à savoir refaire
- Onde plane de matière — injection dans Schrödinger libre, E = p²/2m
- Équation de Schrödinger stationnaire — séparation des variables, f(t) = e^(−iEt/ℏ)