Vue d'ensemble
Quatre équations locales résument TOUT l'électromagnétisme classique : les équations de Maxwell. Elles unifient l'électrostatique et la magnétostatique en ajoutant les couplages dépendant du temps : un champ magnétique variable crée un champ électrique (induction, Maxwell-Faraday), et un champ électrique variable crée un champ magnétique (courant de déplacement, Maxwell-Ampère). De ces quatre équations découlent la conservation de la charge, les potentiels, et — en couplant les deux dernières — l'équation de propagation des ondes électromagnétiques. C'est le sommet conceptuel du programme de physique de MP. Cette fiche regroupe les 3 théorèmes incontournables, les 3 démonstrations à savoir refaire et les pièges relevés dans les rapports de jury.
Prérequis
- Électrostatique et magnétostatique : équations locales, Gauss, Ampère
- Opérateurs vectoriels : divergence, rotationnel, laplacien, identités vectorielles
- Équation de d'Alembert (physique des ondes)
Les quatre équations de Maxwell, tu les récites — mais sais-tu ce qu'elles DISENT ? Chaque terme a un sens physique précis, et leur couplage donne les ondes. Nos mentors alumni X · Centrale · Mines te font comprendre et manipuler Maxwell jusqu'à en dériver l'équation de propagation sans hésiter.
Trouver un mentor MP →1. Les quatre équations de Maxwell
Dans le vide, en présence de densités de charge et de courant , les champs et vérifient :
Les deux premières sont « structurelles » (sources scalaire/absente) ; les deux dernières couplent les champs dans le TEMPS.
- Maxwell-Gauss : les charges sont sources du flux de (comme en statique).
- Maxwell-flux : pas de charge magnétique ( à flux conservatif, lignes fermées).
- Maxwell-Faraday : un champ magnétique VARIABLE crée un champ électrique à circulation non nulle — c'est l'INDUCTION.
- Maxwell-Ampère : les courants ET la variation de (courant de déplacement) sont sources du rotationnel de .
Le courant de déplacement est le terme ajouté par Maxwell à l'équation d'Ampère (qui s'écrit alors ). Il n'est PAS associé à un mouvement de charges : c'est un champ électrique variable qui agit comme source de . Sans lui, l'équation d'Ampère serait incompatible avec la conservation de la charge en régime variable.
Les équations de Maxwell impliquent la conservation locale de la charge :
Démonstration (divergence de Maxwell-Ampère)
Prenons la DIVERGENCE de Maxwell-Ampère :
Or la divergence d'un rotationnel est TOUJOURS nulle : . Et par Maxwell-Gauss, . En reportant :
d'où . C'est justement pour assurer cette conservation que Maxwell a AJOUTÉ le courant de déplacement à l'équation d'Ampère (sinon, serait imposé, faux en régime variable). Génie historique à savoir raconter.
2. Régimes stationnaire, quasi-stationnaire, et induction
Régime stationnaire () : les équations de Maxwell se découplent et redonnent l'électrostatique () et la magnétostatique (). Approximation des régimes quasi-stationnaires (ARQS) : quand les dimensions du système sont petites devant la longueur d'onde (, soit temps de propagation négligeable), on peut NÉGLIGER le courant de déplacement devant — c'est le cadre de l'électrocinétique et de l'induction.
Le flux magnétique à travers un circuit est (weber). La force électromotrice induite est la circulation du champ électrique induit le long du circuit : . C'est une « tension » d'origine électromagnétique qui met les charges en mouvement — le moteur des alternateurs et transformateurs.
La force électromotrice induite dans un circuit fermé est l'opposé de la dérivée du flux magnétique qui le traverse :
Démonstration (Stokes appliqué à Maxwell-Faraday)
Partons de Maxwell-Faraday . Soit un contour fixe et une surface s'appuyant dessus. Le théorème de Stokes donne :
(La dérivée temporelle sort de l'intégrale car le contour est FIXE.) Le signe « moins » est la loi de Lenz : le courant induit s'oppose à la variation de flux qui lui donne naissance. C'est le principe des alternateurs, transformateurs, plaques à induction. En cas de circuit MOBILE, un terme supplémentaire (force de Lorentz sur les porteurs) complète le bilan — loi de Faraday généralisée.
3. L'équation de propagation dans le vide
Dans le vide SANS charges ni courants (, ), chaque composante de et vérifie l'équation de d'Alembert :
Démonstration (rotationnel du rotationnel)
Prenons le rotationnel de Maxwell-Faraday :
Identité vectorielle : . Dans le vide sans charge, , donc le membre de gauche vaut . Pour le membre de droite, Maxwell-Ampère sans courant donne . En reportant :
C'est l'équation de d'Alembert avec . Ce calcul (fait par Maxwell en 1865) a PRÉDIT que la lumière est une onde électromagnétique, car coïncide avec la vitesse de la lumière mesurée. Même équation pour , par symétrie.
- Identifier le régime : statique (), ARQS (courant de déplacement négligeable), ou général (propagation).
- Forme intégrale ou locale ? Locale pour établir des relations (propagation, continuité) ; intégrale (Gauss, Ampère, Faraday) pour calculer sous symétrie ou traiter un circuit.
- Couplages temporels : Maxwell-Faraday pour l'induction (fem, Lenz) ; courant de déplacement pour la cohérence entre et .
- Propagation : combiner les deux équations à rotationnel (rot(rot) + identité vectorielle) pour obtenir d'Alembert et .
Des quatre équations à l'équation de propagation : l'enchaînement qui couronne l'EM de MP. Un mentor Majorant te fait dérouler les démonstrations clés (continuité, Faraday, propagation) avec les identités vectorielles maîtrisées — un savoir-faire qui rapporte gros aux écrits X-ENS et Mines.
Réserver une séance ciblée →4. Erreurs classiques en copie (vues par les correcteurs)
Maxwell est un chapitre de synthèse — les erreurs viennent des signes, des identités et de l'oubli du courant de déplacement. Relevé des rapports (Centrale, Mines-Ponts, CCINP) :
5. Pour aller plus loin
Maxwell est le socle de toute la physique des ondes et de l'énergie EM :
- Énergie électromagnétique et vecteur de Poynting — le bilan d'énergie (théorème de Poynting) découle directement des équations de Maxwell.
- Ondes électromagnétiques dans le vide — structure de l'onde plane progressive (, , direction de propagation orthogonaux), polarisation.
- Ondes dans les milieux — plasmas, conducteurs : la relation de dispersion vient de Maxwell dans le milieu (courant de conduction, réponse des charges).
- Culture — les potentiels et , la jauge, la relativité (Maxwell est covariant, source de la relativité restreinte d'Einstein).
Maxwell est le pivot de l'EM de MP — le comprendre débloque tout le reste. Nos stages intensifs vacances (1 semaine, 25h) le construisent depuis l'électro/ magnétostatique jusqu'aux ondes, avec exos type concours et khôlles blanches — encadrés par des alumni X-ENS, Centrale et Mines.
Voir les stages MP →Récap final — Ce qu'il faut absolument retenir
À la veille d'une khôlle ou d'un DS, parcours cette checklist : tu dois pouvoir répondre « oui, sans hésiter » à chaque question.
- Sais-tu écrire les quatre équations de Maxwell (Gauss, flux, Faraday, Ampère) ?
- Sais-tu donner le sens physique de chacune (sources, induction, déplacement) ?
- Sais-tu démontrer l'équation de continuité par la divergence de Maxwell-Ampère ?
- Sais-tu pourquoi Maxwell a ajouté le courant de déplacement (conservation de la charge) ?
- Sais-tu que le courant de déplacement n'est pas un vrai courant (condensateur) ?
- Sais-tu distinguer régime stationnaire, ARQS, et régime général ?
- Sais-tu démontrer la loi de Faraday (fem = −dΦ/dt) par Stokes, et énoncer Lenz ?
- Sais-tu que Maxwell-Gauss et Maxwell-flux valent en TOUT régime ?
- Sais-tu démontrer l'équation de propagation par rot(rot) et l'identité vectorielle ?
- Connais-tu c = 1/√(μ₀ε₀) et le fait que la lumière est une onde EM ?
- Sais-tu l'identité rot(rot A) = grad(div A) − ΔA (avec les bons signes) ?
- Sais-tu quelles hypothèses (vide sans source) donnent d'Alembert sans second membre ?
Démonstrations à savoir refaire
- Équation de continuité — divergence de Maxwell-Ampère, div(rot) = 0, Maxwell-Gauss
- Loi de Faraday — Stokes appliqué à Maxwell-Faraday, fem = −dΦ/dt, Lenz
- Équation de propagation — rot(rot E), identité vectorielle, c = 1/√(μ₀ε₀)