Vue d'ensemble
Une variable aléatoire associe un nombre à chaque issue d'une expérience : le nombre de piles en lancers, l'instant du premier succès, le nombre d'appels reçus par un standard. En MP, ces variables prennent leurs valeurs dans un ensemble dénombrable — d'où la théorie des variables aléatoires DISCRÈTES, bâtie sur les espaces probabilisés. On décrit une telle variable par sa loi de probabilité et on met en scène les lois usuelles qui reviennent partout : Bernoulli, binomiale (compter des succès), géométrique (attendre un succès), Poisson (événements rares). Deux propriétés remarquables structurent le chapitre : la binomiale est une somme de Bernoulli indépendantes, et la géométrique est « sans mémoire ». Ce chapitre prépare l'étude de l'espérance, de la variance et des théorèmes limites. Cette fiche regroupe les 3 théorèmes incontournables, les 2 démonstrations à savoir refaire et les pièges relevés dans les rapports de jury.
Prérequis
- Espaces probabilisés, σ-additivité, indépendance d'événements
- Séries numériques (géométrique, exponentielle), coefficients binomiaux
- Formule des probabilités totales
Reconnaître LA bonne loi (binomiale ? géométrique ? Poisson ?) fait gagner un temps fou. Nos mentors alumni X · Centrale · Mines te font maîtriser les lois usuelles et leurs propriétés (somme de Bernoulli, absence de mémoire) — les réflexes qui débloquent tout exercice de probabilités au concours.
Trouver un mentor MP →1. Variables aléatoires et loi de probabilité
Une variable aléatoire discrète sur un espace probabilisé est une application , où est un ensemble dénombrable (souvent ), telle que pour tout , l'ensemble est un événement. On note l'ensemble (au plus dénombrable) des valeurs prises.
La loi de est la donnée des probabilités pour . Elle vérifie et :
Les événements forment un système complet d'événements. La loi caractérise complètement le comportement probabiliste de (indépendamment de l'espace sous-jacent).
Deux variables aléatoires sont indépendantes si, pour tous :
Une famille est indépendante si cette factorisation vaut pour toute sous-famille finie. L'indépendance signifie que la valeur de l'une n'apporte AUCUNE information sur l'autre — hypothèse clé pour sommer des variables.
2. Les lois usuelles
Si sont des variables de Bernoulli indépendantes de même paramètre (, ), alors leur somme suit la loi binomiale :
Démonstration (dénombrement des séquences de succès)
compte le nombre de « succès » () parmi épreuves indépendantes. L'événement est la réunion DISJOINTE de tous les -uplets comportant exactement fois la valeur .
Par indépendance, chaque -uplet fixé de ce type a pour probabilité ( facteurs , facteurs ). Le nombre de tels -uplets est le nombre de façons de choisir les positions des succès, soit . En sommant ces probabilités disjointes : CQFD. On vérifie (binôme de Newton).
Une variable suit la loi géométrique () si elle compte le rang du premier succès dans une répétition d'épreuves de Bernoulli indépendantes :
Interprétation : échecs (chacun de proba ) suivis d'un succès (proba ). On vérifie (série géométrique).
La loi géométrique est sans mémoire : pour tous ,
« Le processus oublie le passé » : sachant qu'on a déjà eu échecs, la probabilité d'attendre encore essais est la même qu'au départ. C'est la seule loi discrète (sur ) à posséder cette propriété.
Démonstration (calcul de P(X > n))
Calculons d'abord : l'événement signifie « les premières épreuves sont des échecs », donc . (On peut aussi sommer la série : .)
Alors, par définition de la probabilité conditionnelle, et comme : CQFD. L'absence de mémoire découle directement de la propriété multiplicative de l'exponentielle .
Une variable suit la loi de Poisson () si :
Elle modélise le nombre d'événements rares sur une période (appels, désintégrations, fautes de frappe). La normalisation utilise la série exponentielle : .
La loi de Poisson est la limite de la loi binomiale quand et avec FIXÉ :
C'est pourquoi Poisson modélise « beaucoup d'épreuves, chacune très improbable » : grand nombre de tentatives, faible probabilité individuelle, nombre moyen fixé.
- Nombre FIXÉ d'épreuves, compter les succès → binomiale .
- Attendre le premier succès (rang) → géométrique (pense à l'absence de mémoire).
- Compter des événements rares sur une durée → Poisson .
- Somme de variables indépendantes : binomiale = somme de Bernoulli ; somme de Poisson indépendantes = Poisson (paramètres additionnés).
— « On lance fois un dé, = nombre de » : nombre fixé d'épreuves (), on compte les succès (proba ) → .
— « On lance un dé jusqu'au premier , = nombre de lancers » : rang du premier succès → .
— « Nombre de clients arrivant à un guichet en une heure » : événements rares sur une durée → , = nombre moyen par heure.
Binomiale, géométrique, Poisson : savoir les reconnaître, c'est la moitié du travail. Un mentor Majorant te fait identifier la bonne loi au premier coup d'œil et exploiter leurs propriétés — le réflexe qui fait la différence sur les problèmes de probabilités.
Réserver une séance ciblée →3. Erreurs classiques en copie (vues par les correcteurs)
Les variables aléatoires récompensent la précision sur les lois et l'indépendance. Relevé des rapports (Centrale, Mines-Ponts, CCINP) :
4. Pour aller plus loin
Les variables aléatoires discrètes ouvrent sur toute la théorie probabiliste :
- Espérance et variance — les moments d'une variable, valeur moyenne et dispersion : le chapitre qui suit directement.
- Fonctions génératrices — un outil algébrique puissant pour calculer moments et sommes de variables indépendantes.
- Théorèmes limites — loi des grands nombres, inégalités de concentration (Markov, Bienaymé-Tchebychev).
- Chaînes de Markov et files d'attente — la loi de Poisson y modélise les arrivées ; applications en réseaux, biologie, finance.
Les variables aléatoires discrètes sont au cœur des sujets de probabilités. Nos stages intensifs vacances (1 semaine, 25h) enchaînent lois usuelles, indépendance, espérance et théorèmes limites avec exos type concours — encadrés par des alumni X-ENS, Centrale et Mines.
Voir les stages MP →Récap final — Ce qu'il faut absolument retenir
À la veille d'une khôlle ou d'un DS, parcours cette checklist : tu dois pouvoir répondre « oui, sans hésiter » à chaque question.
- Sais-tu définir une variable aléatoire discrète (valeurs dénombrables) ?
- Sais-tu que la loi vérifie Σ P(X = x) = 1 (système complet) ?
- Sais-tu définir l'indépendance de variables aléatoires ?
- Sais-tu distinguer égalité de variables (X = Y) et de lois (X ∼ Y) ?
- Connais-tu la loi binomiale P(S = k) = C(n,k) pᵏ (1−p)^(n−k) ?
- Sais-tu démontrer que la binomiale est une somme de Bernoulli indépendantes ?
- Connais-tu la loi géométrique P(X = k) = (1−p)^(k−1) p sur ℕ* ?
- Sais-tu que P(X > n) = (1−p)ⁿ pour une géométrique ?
- Sais-tu démontrer l'absence de mémoire P(X > n+m | X > n) = P(X > m) ?
- Connais-tu la loi de Poisson P(X = k) = e^(−λ) λᵏ/k! ?
- Sais-tu que Poisson est la limite de la binomiale (np = λ fixé) ?
- Sais-tu reconnaître la bonne loi selon l'énoncé (fixé/attente/rare) ?
Démonstrations à savoir refaire
- Binomiale = somme de Bernoulli — dénombrement des uplets, C(n,k) pᵏ(1−p)^(n−k)
- Absence de mémoire (géométrique) — P(X > n) = (1−p)ⁿ, conditionnement