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📘 Fiche de cours · 2e année📐 MP🧮 Mathématiques

Équations différentielles linéaires

Le pont entre algèbre linéaire et analyse : systèmes différentiels linéaires X' = A(t)X + B(t), théorème de Cauchy linéaire (existence-unicité globale sur I tout entier), structure de l'espace des solutions (homogène = espace vectoriel de dimension n, général = espace affine), système fondamental et wronskien, résolution des systèmes à coefficients constants par réduction (modes propres e^(λt)V), équation scalaire d'ordre n. Avec les 2 démonstrations à savoir refaire et les pièges des rapports de jury.

Fiche rédigée par les mentors Majorant — alumni Polytechnique, CentraleSupélec et Mines Paris.

5 définitions3 théorèmes2 démos à savoirMis à jour le 2026-07-06

Vue d'ensemble

Après les équations d'ordre 1 et 2 de sup, la MP passe au cas général : les systèmes différentiels linéaires et les équations scalaires d'ordre . L'algèbre linéaire y prend le pouvoir : le théorème de Cauchy linéaire garantit l'existence et l'unicité GLOBALE de la solution d'un problème à condition initiale, et l'ensemble des solutions de l'équation homogène forme un espace vectoriel de dimension . La solution générale se décompose en « solution particulière + solutions homogènes » — une structure AFFINE, exactement comme pour les systèmes linéaires . Quand est à coefficients constants, la résolution passe par la réduction (valeurs propres, vecteurs propres) : les modes propres sont les briques élémentaires. Ce chapitre est le pont entre l'algèbre linéaire et l'analyse. Cette fiche regroupe les 3 théorèmes incontournables, les 2 démonstrations à savoir refaire et les pièges relevés dans les rapports de jury.

Au programme MP (officiel) — Équations différentielles linéaires : systèmes avec continues ; théorème de Cauchy linéaire (existence et unicité globales, admis) ; structure de l'espace des solutions (homogène : ev de dimension ; général : espace affine) ; système fondamental de solutions, wronskien ; résolution des systèmes à coefficients constants par réduction ; équation scalaire linéaire d'ordre , méthode de variation des constantes.

Prérequis

  • Équations différentielles d'ordre 1 et 2 (1re année)
  • Réduction des endomorphismes : valeurs propres, diagonalisation
  • Algèbre linéaire : espaces vectoriels, applications linéaires, dimension
🎯 Accompagnement Majorant

Un système différentiel linéaire, c'est de la réduction déguisée. Nos mentors alumni X · Centrale · Mines te font relier valeurs propres et modes , et manier la structure affine des solutions — la clé pour résoudre proprement tout système à coefficients constants au concours.

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1. Systèmes linéaires et théorème de Cauchy

Définition 1.1 — Système différentiel linéaire

Un système différentiel linéaire d'ordre 1 s'écrit :

est l'inconnue vectorielle, et sont continues sur l'intervalle . Il est homogène si , avec second membre sinon.

Définition 1.2 — Problème de Cauchy

Un problème de Cauchy est la donnée du système et d'une condition initiale (, ). Résoudre le problème de Cauchy, c'est trouver LA solution passant par à l'instant .

Définition 1.3 — Équation scalaire linéaire d'ordre n

Une équation scalaire linéaire d'ordre se ramène à un système d'ordre 1 en posant : alors avec la matrice compagnon. Tous les résultats des systèmes s'y transposent (dimension , Cauchy, etc.).

Théorème 1.1 — Théorème de Cauchy linéaire (admis)

Soit et continues sur . Pour tout , le problème de Cauchy

admet une unique solution, définie sur TOUT ENTIER. La différence avec le cas non linéaire est capitale : la solution est GLOBALE (pas de risque d'explosion en temps fini), grâce à la linéarité. Théorème admis en MP.

⚠ Piège — La solution est définie sur I tout entier (linéaire). Pour un système LINÉAIRE, la solution maximale est définie sur l'intervalle de continuité de et — pas de « durée de vie » limitée. C'est FAUX pour les équations non linéaires ( explose en temps fini). Toujours préciser « linéaire » quand on invoque l'existence globale.

2. Structure de l'espace des solutions

Définition 2.1 — Système fondamental de solutions

Un système fondamental de solutions du système homogène est une base de l'espace (vectoriel) de ses solutions. Toute solution homogène s'écrit alors de façon unique , avec constants.

Théorème 2.1 — Structure de l'espace des solutions ★ À savoir démontrer

L'ensemble des solutions du système homogène est un espace vectoriel de dimension . L'ensemble des solutions de est un espace affine de direction :

« solution générale = solution particulière + solution homogène générale ».

Démonstration (isomorphisme condition initiale)

est un espace vectoriel : si sont solutions de et , alors , donc . C'est un sous-espace de .

Dimension : fixons et considérons l'application . Elle est LINÉAIRE. Elle est BIJECTIVE : pour tout , le théorème de Cauchy donne une unique solution homogène avec (surjectivité + injectivité). Donc est un isomorphisme, et .

Structure affine : si est une solution particulière, alors est solution ssi est solution homogène (par linéarité, ). D'où . CQFD.

Définition 2.2 — Wronskien

Le wronskien d'une famille de solutions de est le déterminant . Propriété clé : soit est identiquement nul (famille liée), soit ne s'annule jamais (système fondamental). Il suffit donc de tester en UN point pour garantir une base.

3. Résolution à coefficients constants

Théorème 3.1 — Modes propres d'un système à coefficients constants ★ À savoir démontrer

Soit CONSTANTE. Si est un vecteur propre de pour la valeur propre , alors est une solution de . Si est diagonalisable avec une base de vecteurs propres (valeurs propres ), la solution générale est :

Démonstration (vérification + base de solutions)

Chaque mode est solution : soit tel que . Posons . Alors donc est bien solution de .

Base de solutions : les fonctions sont solutions. En , : la famille est une base de (car diagonalisable), donc le wronskien . Par le théorème 2.1, est un système fondamental : la solution générale est leur combinaison linéaire. CQFD.

📐 Méthode-type — Résoudre X' = AX + B(t) à coefficients constants.
  1. Système homogène : réduire (valeurs propres , vecteurs propres ). Écrire les modes → base de .
  2. Cas complexe : si réelle a des valeurs propres complexes conjuguées, combiner les modes conjugués pour obtenir des solutions RÉELLES (cos, sin via ).
  3. Solution particulière : chercher (forme du second membre, ou variation des constantes).
  4. Solution générale : ; déterminer les par la condition initiale.
💡 Exemple — Un système 2×2. Résolvons avec . Valeurs propres : (triangulaire), . Vecteurs propres : (pour ) et (pour , car donne ). Solution générale : On lit directement puis .
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Réduire A, écrire les modes, recoller le réel : la chaîne qui résout tout système linéaire. Un mentor Majorant te fait traiter valeurs propres complexes et variation des constantes avec méthode — jusqu'à ne plus jamais bloquer sur un système différentiel au concours.

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4. Erreurs classiques en copie (vues par les correcteurs)

Les systèmes différentiels mêlent algèbre linéaire et analyse — les erreurs viennent souvent de la réduction. Relevé des rapports (Centrale, Mines-Ponts, CCINP) :

⚠ Erreur 1 — Oublier une solution : la dimension est n. L'espace des solutions homogènes a EXACTEMENT dimension : il faut solutions indépendantes. Pour un système , deux modes ; pour une équation scalaire d'ordre , trois solutions. Donner une solution générale avec trop peu de constantes est une erreur structurelle fréquente.
⚠ Erreur 2 — Modes propres quand A n'est pas diagonalisable. La formule suppose DIAGONALISABLE. Si a une valeur propre multiple sans assez de vecteurs propres, il faut des solutions de la forme (polynôme × exponentielle). Vérifier la diagonalisabilité avant d'appliquer la formule.
⚠ Erreur 3 — Solutions complexes non recollées en réel. Pour un système RÉEL avec valeurs propres complexes , les modes sont complexes : il faut prendre parties réelle et imaginaire pour obtenir des solutions réelles (, ). Laisser un dans une solution réelle est sanctionné.
⚠ Erreur 4 — Confondre structure affine et vectorielle. Les solutions AVEC second membre forment un espace AFFINE (pas vectoriel) : la somme de deux solutions n'est PAS solution (elle vérifie ). Seule la DIFFÉRENCE de deux solutions est homogène. Ne pas traiter comme un espace vectoriel.
⚠ Erreur 5 — Tester le wronskien en un mauvais point. Le wronskien est nul partout ou nul nulle part : tester en UN point choisi (souvent , où les valeurs sont simples) suffit. Inutile de le calculer pour tout — mais attention à choisir un où le calcul est effectif.

5. Pour aller plus loin

Les équations différentielles linéaires structurent une grande partie de la physique :

  • Oscillateurs couplés — modes propres, fréquences propres : de l'algèbre linéaire pure appliquée à la mécanique et l'électricité.
  • Portraits de phase — la nature des solutions (nœud, foyer, centre, col) se lit sur les valeurs propres de .
  • Exponentielle de matrice unifie toute la résolution ; se calcule par réduction.
  • Équations aux dérivées partielles — séparation des variables : chaque mode est une équation différentielle linéaire.
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Récap final — Ce qu'il faut absolument retenir

À la veille d'une khôlle ou d'un DS, parcours cette checklist : tu dois pouvoir répondre « oui, sans hésiter » à chaque question.

  • Sais-tu écrire un système différentiel linéaire X' = A(t)X + B(t) ?
  • Sais-tu ramener une équation scalaire d'ordre n à un système (matrice compagnon) ?
  • Sais-tu énoncer le théorème de Cauchy linéaire (existence-unicité GLOBALE) ?
  • Sais-tu que la solution d'un système linéaire est définie sur I tout entier ?
  • Sais-tu que l'espace des solutions homogènes est de dimension n ?
  • Sais-tu le démontrer (isomorphisme S ↦ S(t₀)) ?
  • Sais-tu que les solutions avec second membre forment un espace AFFINE ?
  • Sais-tu ce qu'est un système fondamental et le wronskien ?
  • Sais-tu que e^(λt)V est solution quand AV = λV ?
  • Sais-tu résoudre X' = AX (A diagonalisable) par les modes propres ?
  • Sais-tu recoller des valeurs propres complexes en solutions réelles ?
  • Sais-tu quoi faire si A n'est pas diagonalisable (P(t)e^(λt)) ?

Démonstrations à savoir refaire

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