Vue d'ensemble
La propagation d'un signal est le premier vrai chapitre d'ondes de ta scolarité : il pose le vocabulaire (amplitude, période, fréquence, pulsation, phase), introduit l'objet central de toute la physique ondulatoire — l'onde progressive — et culmine sur l'équation de d'Alembert qui régira ton année de spé en optique, électromagnétisme et physique quantique. Cette fiche regroupe les 10 résultats incontournables, les 3 démonstrations à savoir refaire et les pièges qui font perdre des points en DS, en colle et en concours.
Prérequis
- Trigonométrie : , formules de Simpson (somme/produit)
- Exponentielle complexe et notation phaseur
- Dérivées partielles et (vues en math)
- Analyse dimensionnelle : repérer la cohérence d'une équation aux dimensions
Tu confonds encore période, pulsation, longueur d'onde et fréquence ? 80% des erreurs en DS d'ondes viennent d'un vocabulaire mal verrouillé dès le début. Nos mentors alumni X · Centrale · Mines te font cartographier ces 4 grandeurs en 1 séance, avec exos tirés de tes propres DS et khôlles.
Trouver un mentor MPSI →1. Signal et signal sinusoïdal
Un signal est une grandeur physique (tension, pression, hauteur d'eau, intensité lumineuse…) dépendant du temps. Lorsqu'il dépend aussi d'une variable d'espace, on le note (signal spatio-temporel).
Un signal est dit sinusoïdal (ou harmonique) s'il s'écrit :
avec l'amplitude (même unité que ), la pulsation (en ) et la phase à l'origine (en radians).
- Période : plus petite durée telle que pour tout . Unité : seconde (s).
- Fréquence (ou parfois notée ). Unité : hertz (Hz).
- Pulsation . Unité : .
Les trois grandeurs sont reliées par :
Soient et deux signaux sinusoïdaux de même pulsation. Leur déphasage est :
- : signaux en phase
- : signaux en opposition de phase
- : signaux en quadrature
2. Représentation complexe d'un signal
À tout signal sinusoïdal on associe le signal complexe :
est l'amplitude complexe (ou phaseur). On retrouve le signal réel par .
Dérivation et intégration deviennent des multiplications/divisions :
Les équations différentielles linéaires à coefficients constants se ramènent à des équations algébriques en — c'est tout l'intérêt du passage en complexe (et on l'utilisera intensivement en électrocinétique en régime sinusoïdal).
- Chercher une solution sinusoïdale de même pulsation que l'excitation.
- Passer en complexe : , avec , .
- Résoudre algébriquement en , puis revenir au réel : .
3. Onde progressive et équation de d'Alembert
3.1 — Modèle de l'onde progressive
est une onde progressive de célérité vers les croissants s'il s'écrit , avec (ou ) une fonction quelconque d'une variable. Vers les décroissants : .
3.2 — Équation de d'Alembert
Toute onde progressive à 1D de célérité (dans un sens ou dans l'autre) vérifie l'équation aux dérivées partielles de d'Alembert :
Réciproquement, la solution générale de cette équation est :
somme d'une onde progressive « vers la droite » et d'une onde progressive « vers la gauche ».
Démonstration (sens direct : onde progressive ⇒ d'Alembert)
Soit . Posons . Par la règle de dérivation composée :
En dérivant une seconde fois :
On a donc bien . Idem pour par le même calcul. Par linéarité de l'équation, toute combinaison est solution.
Réciproque (schéma) : on effectue le changement de variables . L'équation se transforme en , dont les solutions sont exactement .
L'équation de d'Alembert est linéaire : toute combinaison de solutions est solution. C'est le principe de superposition, fondement des interférences et de Fourier.
3.3 — Onde progressive sinusoïdale (OPPM)
Une OPPM de pulsation se propageant vers les croissants s'écrit , avec le nombre d'onde (en ). Forme équivalente : .
La longueur d'onde est la période spatiale de l'OPPM. Elle vérifie :
Démonstration (par double périodicité)
Soit . À fixé, est une fonction sinusoïdale de : sa période spatiale est la plus petite valeur telle que , soit :
ce qui équivaut à . La plus petite valeur positive donne :
Comme et , on obtient .
Une OPPM est doublement périodique :
- À position fixée, est périodique en de période .
- À instant fixé, est périodique en de période .
Ces deux périodicités sont reliées par .
4. Ondes sonores
Une onde sonore est une perturbation de pression (autour de la pression atmosphérique ) se propageant dans un fluide (gaz, liquide). C'est une onde longitudinale : la perturbation est parallèle à la direction de propagation.
Quelques ordres de grandeur à connaître par cœur :
- Dans l'air à 20 °C :
- Dans l'eau :
- Dans l'acier :
Dans un gaz parfait, (hors-prog MPSI, mais l'expression revient en spé thermo).
L'intensité sonore est la puissance acoustique reçue par unité de surface (en ). Le niveau sonore (en décibels, dB) est défini par :
où est le seuil de l'audition à 1 kHz (référence conventionnelle).
5. Spectre d'un signal périodique (analyse de Fourier qualitative)
Tout signal périodique de période (et suffisamment régulier) se décompose en somme infinie de signaux sinusoïdaux dont les fréquences sont des multiples entiers de la fréquence fondamentale :
est le fondamental, () sont les harmoniques.
Le spectre d'un signal périodique est la représentation graphique de l'amplitude en fonction de la fréquence . C'est un spectre de raies (peignes de Dirac), espacées de .
L'analyse de Fourier est partout en spé : optique, électromagnétisme, physique quantique. En MPSI on en voit le squelette qualitatif, mais bien comprendre « spectre = projection sur une base de sinusoïdes » dès maintenant te fait gagner des mois en spé. Une séance avec un alumni X-ENS et tout s'éclaire.
Réserver une séance ciblée →6. Interférences à deux ondes
Deux sources ponctuelles sont cohérentes si elles émettent des signaux sinusoïdaux de même pulsation et présentant un déphasage constant dans le temps. Hors cohérence, le déphasage fluctue trop vite et les interférences « moyennent » à zéro (incohérence).
Soient deux signaux sinusoïdaux cohérents de même amplitude et de déphasage au point d'observation :
La somme est une sinusoïde de même pulsation et d'amplitude :
- Interférence constructive ( maximale ) : .
- Interférence destructive () : .
Démonstration (par formule de Simpson)
On utilise l'identité trigonométrique :
Avec et :
Le facteur est une sinusoïde de même pulsation ; le facteur est une amplitude constante en temps mais qui dépend du déphasage. Son module vaut .
est maximale () quand , soit , donc . est nulle quand , soit , donc .
Pour deux sources cohérentes en phase, à distance du point d'observation , la différence de marche est et le déphasage en vaut . D'où :
- Constructive :
- Destructive :
7. Ondes stationnaires, paquet d'ondes et diffraction
7.1 — Ondes stationnaires
Une onde stationnaire est une onde dont la dépendance en et se factorise : . Elle ne se propage pas : vibration sur place, avec des nœuds () et des ventres (vibration max).
Deux OPPM de même amplitude en sens opposés produisent une onde stationnaire :
factorisation , .
7.2 — Paquet d'ondes
Un paquet d'ondes est la superposition d'OPPM de pulsations voisines autour d'une pulsation centrale . Le résultat est une onde localisée dans l'espace, qui se propage globalement à la vitesse de groupe , à distinguer de la vitesse de phase . Dans un milieu non dispersif, ; dans un milieu dispersif (eau pour la houle, verre pour la lumière), et l'enveloppe (l'information) avance à . Sujet phare de spé.
7.3 — Diffraction (qualitative)
La diffraction est le phénomène par lequel une onde, en rencontrant un obstacle ou une ouverture de taille comparable à sa longueur d'onde , s'étale angulairement de l'autre côté. L'angle caractéristique de diffraction est :
- Identifier et la taille caractéristique (ouverture, fente, obstacle).
- Comparer : ⇒ régime géométrique ; ⇒ diffraction marquée, angle .
- Deux ouvertures distantes de ⇒ interférences avec interfrange .
8. Erreurs classiques en copie (vues par les correcteurs)
Ces erreurs sont relevées chaque année dans les rapports de jury (CCINP, Mines-Ponts, Centrale, X-ENS) sur les épreuves comportant des ondes. Elles coûtent typiquement entre 0,5 et 2 points par occurrence.
9. Pour aller plus loin
Ce chapitre est le squelette de toute la physique ondulatoire que tu rencontreras en MPSI, en spé et au-delà. Les chapitres qui le réinvestissent directement :
- Optique physique (MPSI / spé) — Interférences à 2 ondes (Young, Michelson) et diffraction (fente, réseau) sont l'extension directe des sections 6 et 7.3.
- Électrocinétique en régime sinusoïdal forcé (MPSI) — La représentation complexe (section 2) y est l'outil n°1 : impédances, fonctions de transfert, filtres.
- Électromagnétisme dans le vide (spé) — Maxwell aboutit à d'Alembert sur et , avec .
- Physique quantique (spé) — La fonction d'onde est un paquet d'ondes ; y est la vitesse classique de la particule.
- Acoustique (spé) — Les ondes sonores obéissent à d'Alembert sur la surpression, dérivée d'Euler linéarisée.
Récap final — Ce qu'il faut absolument retenir
À la veille d'une khôlle ou d'un DS, parcours cette checklist : tu dois pouvoir répondre « oui, sans hésiter » à chaque question.
- Sais-tu écrire la définition d'un signal sinusoïdal et donner les unités de ?
- Connais-tu les trois relations et ?
- Sais-tu passer un signal sinusoïdal en représentation complexe et résoudre une équation différentielle linéaire en régime forcé ?
- Sais-tu énoncer la forme générale d'une onde progressive et démontrer qu'elle vérifie l'équation de d'Alembert ?
- Sais-tu retrouver à partir de la double périodicité ?
- Connais-tu les ordres de grandeur de la vitesse du son dans l'air, l'eau, l'acier ?
- Sais-tu calculer un niveau sonore et expliquer pourquoi 60 dB + 60 dB ≈ 63 dB ?
- Sais-tu démontrer la condition d'interférences constructive (Δφ = 2kπ) et destructive (Δφ = (2k+1)π) avec la formule de Simpson ?
- Sais-tu relier différence de marche et déphasage ?
- Sais-tu reconnaître une onde stationnaire à sa factorisation et identifier nœuds/ventres ?
- Sais-tu donner l'angle caractéristique de diffraction et trancher entre régime géométrique et régime ondulatoire ?
- Connais-tu les 5 erreurs classiques (λ vs c/ν, phase vs groupe, oubli du 2π, sommer des dB, complexe sur quadratique) ?
Démonstrations à savoir refaire
- Onde progressive vérifie d'Alembert — changement de variable , dérivation composée
- Longueur d'onde — périodicité spatiale d'une OPPM,
- Conditions d'interférence — formule de Simpson,