Vue d'ensemble
La cinématique est le premier chapitre de mécanique : on y décrit le mouvement sans se soucier de ses causes (les forces viendront avec la dynamique). L'enjeu n'est pas calculatoire — il est conceptuel : choisir un référentiel, choisir un système de coordonnées adapté à la symétrie du problème, savoir dériver correctement les vecteurs de base mobiles. Une fois ces réflexes en place, le reste de la mécanique (Newton, énergie, moment cinétique) coule de source. Cette fiche regroupe les 8 définitions essentielles, les 7 formules incontournables, les 3 démonstrations à savoir refaire et les pièges qui font perdre des points en DS, en khôlle et à l'oral.
Prérequis
- Calcul vectoriel : produit scalaire, produit vectoriel, norme d'un vecteur, projections orthogonales
- Dérivation des fonctions usuelles, dérivée d'un produit, dérivation en chaîne
- Trigonométrie élémentaire : , dérivées
- Représentation paramétrique d'une courbe
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Trouver un mentor MPSI →1. Cadre d'étude — point matériel et référentiel
Un point matériel est un système modélisé par un point géométrique auquel on associe sa masse . Cette modélisation est légitime quand les dimensions du système sont petites devant les distances caractéristiques du mouvement (la Terre est un point pour étudier son orbite autour du Soleil, mais pas pour étudier la rotation diurne).
Un référentiel est la donnée d'un solide de référence (auquel on lie un repère d'espace, typiquement ) et d'une horloge mesurant le temps . Sans référentiel, parler de mouvement n'a aucun sens : la première phrase d'une copie de méca doit toujours être « On se place dans le référentiel … ».
Un référentiel est galiléen si le principe d'inertie y est vérifié (tout point matériel isolé y est en mouvement rectiligne uniforme ou au repos). Trois référentiels galiléens usuels au programme MPSI, par qualité croissante :
- Terrestre — lié au sol. Galiléen en bonne approximation pour expériences courtes (chute, pendule, projectile).
- Géocentrique — centré sur la Terre, axes vers les étoiles fixes. Galiléen pour la Lune ou les satellites artificiels.
- Héliocentrique (Copernic) — centré sur le Soleil. Le « plus galiléen » du programme, utilisé pour les orbites planétaires.
2. Vecteurs position, vitesse et accélération
Dans un référentiel d'origine , le vecteur position du point à l'instant est . La donnée de constitue les équations horaires du mouvement ; l'image de cette application est la trajectoire.
Le vecteur vitesse de dans est la dérivée du vecteur position par rapport au temps :
La barre verticale rappelle que la dérivation est effectuée dans : seuls les vecteurs fixes dans ont une dérivée nulle. La vitesse est toujours tangente à la trajectoire orientée dans le sens du mouvement. Unité : m·s⁻¹.
Le vecteur accélération de dans est la dérivée du vecteur vitesse, ou la dérivée seconde du vecteur position :
Unité : m·s⁻². Contrairement à la vitesse, l'accélération n'a pas de direction privilégiée par rapport à la trajectoire.
3. Systèmes de coordonnées et bases associées
Choisir le bon système de coordonnées est la décision technique d'un exercice de cinématique. La règle d'or : adapter les coordonnées à la symétrie du problème. Trajectoire rectiligne ou parabolique → cartésien. Trajectoire circulaire ou en spirale → cylindro-polaire. Trajectoire sphérique (satellite, point sur une sphère) → sphérique.
3.1 — Coordonnées cartésiennes (x, y, z)
La base cartésienne est orthonormée directe et fixe dans . Le vecteur position s'écrit :
Comme est fixe dans , la dérivation ne porte que sur les coordonnées :
C'est le système le plus simple… quand la trajectoire est cartésienne. Sinon, on perd toute la symétrie du problème.
3.2 — Coordonnées cylindro-polaires (ρ, θ, z)
(distance à l'axe ), angle polaire de la projection de sur . Base mobile orthonormée directe :
Quand dépend du temps via , on a :
Démonstration (dérivation directe des expressions cartésiennes)
On part des expressions de et sur la base cartésienne fixe, où la dérivation est triviale. Par dérivation en chaîne ( dépend de ) :
De même :
Interprétation géométrique : dériver un vecteur unitaire qui tourne revient à le faire pivoter de 90° dans le sens de rotation, multiplié par . Schéma mental qui permet de retrouver le résultat sans calcul en khôlle.
Avec , on obtient :
Démonstration (règle du produit + théorème 3.4)
Vitesse. On dérive en appliquant la règle du produit, avec fixe et :
Accélération. On redérive chaque terme :
En regroupant les composantes :
Lecture physique : = centripète (vers le centre), = Coriolis (couplage radial/rotation), = angulaire.
L'accélération en polaire est LA démo qui sort en khôlle dès octobre. 4 termes, 2 vecteurs de base mobiles, 1 application de la règle du produit dérivé… en 1 séance avec un mentor Majorant alumni de Centrale, tu la maîtrises pour de bon — au tableau, en oral, et avec les variantes (mouvement à , spirale, cycloïde).
Réserver une séance ciblée →3.3 — Coordonnées sphériques (r, θ, φ)
Pour un point de l'espace, on note (distance à l'origine), la colatitude (angle entre et ) et la longitude (angle polaire de la projection sur ). La base sphérique est orthonormée directe et mobile.
Le vecteur position s'écrit simplement :
- Lire la symétrie du problème. Une trajectoire rectiligne suggère un axe unique → cartésien. Une trajectoire circulaire ou en spirale → polaire. Un mouvement sur une sphère → sphérique.
- Identifier l'invariant. S'il existe une constante (rayon fixe, angle constant, hauteur constante), le bon repère est celui dans lequel cette constante est une coordonnée.
- Vérifier la base. Avant d'écrire , rappelle dans une phrase : « La base est mobile, dépend de . »
- Dérive proprement. Règle du produit appliquée à chaque terme. Ne jamais sauter l'étape — c'est ce terme oublié qui fait perdre 1 point sur 2 aux concours.
4. Mouvements particuliers du point matériel
4.1 — Mouvement rectiligne
La trajectoire est une droite. En axant sur cette droite : et . On distingue :
- Uniforme () : , . Cas du point isolé en référentiel galiléen.
- Uniformément varié (, constant) : , .
Relation utile, indépendante du temps, pour le cas uniformément varié :
Application directe : la chute libre verticale donne depuis le repos.
4.2 — Mouvement parabolique
Dans , projectile lancé depuis avec : et . Élimination du temps :
Parabole d'axe vertical, retournée. Portée , maximale pour .
4.3 — Mouvement circulaire
Trajectoire = cercle de centre , rayon constant. En polaires : , , seule varie. Vitesse angulaire : .
Pour un mouvement circulaire de rayon , de vitesse angulaire :
Démonstration (cas particulier des formules en polaire)
On applique le théorème 3.5 avec constant (donc ) et :
Avec : , et (au signe près selon l'orientation).
Cas circulaire uniforme ( constant, ) : , purement centripète, norme . Formule emblématique à retenir.
5. Cinématique du solide
Un solide indéformable est un système de points dont toutes les distances mutuelles sont conservées au cours du temps. Le programme MPSI distingue deux mouvements types : la translation et la rotation autour d'un axe fixe.
5.1 — Mouvement de translation
Un solide est en translation dans si tout vecteur entre deux points du solide reste constant au cours du temps. Équivalent : tous les points ont, à chaque instant, la même vitesse : pour tout couple .
5.2 — Rotation autour d'un axe fixe
Un solide est en rotation autour d'un axe fixe de si tous les points de situés sur sont immobiles, et si tout autre point de décrit un cercle de centre (projeté de sur ) et de rayon .
Tous les points ont alors la même vitesse angulaire , où est l'angle de rotation du solide autour de .
Pour un point du solide à distance de l'axe , on a :
En formulation vectorielle avec le vecteur rotation (porté par l'axe, de norme , orienté par la règle du tire-bouchon) :
L'accélération se décompose en centripète + tangentielle (cas circulaire de la section 4.3) :
6. Composition des vitesses et accélérations
Passer d'un référentiel (absolu, souvent galiléen) à (relatif, en mouvement par rapport à ) est parfois indispensable (manège vu du sol, train vu d'une gare). Le programme MPSI introduit les formules qualitativement.
- Vitesse absolue : vitesse de mesurée dans .
- Vitesse relative : vitesse de mesurée dans .
- Vitesse d'entraînement : vitesse, dans , du point de coïncidant avec .
6.1 — Cas d'un référentiel en translation
Si est en translation (pas de rotation), tous ses points ont même vitesse . On a alors :
Si est en translation rectiligne uniforme, alors et — c'est le principe de relativité galiléen.
6.2 — Cas d'un référentiel en rotation (qualitatif)
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Voir les stages MPSI →7. Erreurs classiques en copie (vues par les correcteurs)
Ces erreurs sont relevées chaque année dans les rapports de jury (CCINP, Mines-Ponts, Centrale, X-ENS) sur les épreuves de physique comportant de la cinématique. Elles coûtent typiquement entre 0,5 et 2 points par occurrence.
8. Pour aller plus loin
La cinématique est le langage de toute la mécanique. Les chapitres qui la réinvestissent directement :
- Dynamique du point (lois de Newton) — suppose que tu sais calculer en cartésien, polaire ou Frenet. Sans cinématique propre, la dynamique reste opaque.
- Énergétique du point — Le théorème de l'énergie cinétique repose sur : la vitesse vectorielle est centrale.
- Oscillateurs et résonance — Le mouvement d'une masse au bout d'un ressort, du pendule simple, du circuit RLC se ramènent à une équation différentielle sur la position : la cinématique fournit l'équation.
- Mécanique du solide (spé) — Le moment cinétique et son théorème généralisent les outils introduits ici aux systèmes étendus en rotation.
- Forces centrales (spé) — Le mouvement d'une planète autour du Soleil utilise directement l'expression polaire de , avec la deuxième loi de Kepler ( constant) qui en découle.
Récap final — Ce qu'il faut absolument retenir
À la veille d'une khôlle ou d'un DS, parcours cette checklist : tu dois pouvoir répondre « oui, sans hésiter » à chaque question.
- Sais-tu citer les trois référentiels galiléens du programme (terrestre, géocentrique, héliocentrique) et expliquer dans quel contexte chacun s'utilise ?
- Sais-tu écrire et sans oublier la mention du référentiel de dérivation ?
- Sais-tu redémontrer et ?
- Sais-tu retrouver l'expression de et en coordonnées cylindro-polaires à partir de ?
- Connais-tu par cœur la valeur de l'accélération centripète en mouvement circulaire uniforme : ?
- Sais-tu décomposer une accélération en composantes normale et tangentielle, et donner leur signification physique ?
- Sais-tu écrire les équations horaires d'un projectile dans le champ de pesanteur uniforme et retrouver la portée ?
- Sais-tu distinguer translation rectiligne, translation curviligne et rotation pour un solide ?
- Sais-tu écrire pour un point d'un solide en rotation autour d'un axe fixe ?
- Sais-tu énoncer la loi de composition des vitesses et donner le cas particulier des référentiels en translation rectiligne uniforme ?
- Connais-tu les 5 pièges classiques (oubli de la base mobile, référentiel non précisé, confusion accélération/variation de norme, oubli de l'orientation, Newton hors galiléen) ?
Démonstrations à savoir refaire
- Dérivation des vecteurs de base polaire — partir des expressions cartésiennes fixes et appliquer la chaîne de dérivation sur
- Vitesse et accélération en cylindro-polaire — règle du produit appliquée à chaque terme + utilisation du théorème 3.4 sur les vecteurs de base
- Accélération en mouvement circulaire uniforme — cas particulier des formules polaires avec constant, conclusion