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📘 Fiche de cours · 1re année📐 MPSI🧮 Mathématiques

Variables aléatoires

Variables aléatoires finies en MPSI : définition (X : Ω → ℝ), loi, fonction de répartition, lois usuelles (certaine, uniforme, Bernoulli, binomiale), couples (loi conjointe et marginales), indépendance, loi de Y=f(X) et de X+Y. 4 démos à savoir refaire.

Fiche rédigée par les mentors Majorant — alumni Polytechnique, CentraleSupélec et Mines Paris.

12 définitions4 théorèmes4 démos à savoirMis à jour le 2026-05-18

Vue d'ensemble

Les variables aléatoires finies sont la porte d'entrée du calcul des probabilités en MPSI : elles permettent de remplacer un univers souvent compliqué par un nombre fini de valeurs réelles, et d'attacher à chacune une probabilité. La grande idée est déterministe : une variable aléatoire est une application , pas un nombre mystérieux. Cette fiche regroupe les 4 lois discrètes finies à connaître par cœur (certaine, uniforme, Bernoulli, binomiale), les 4 démonstrations à savoir refaire et les pièges qui font perdre des points en DS comme aux concours.

Au programme MPSI (officiel) — Variables aléatoires sur un univers fini : définition, image , loi de , fonction de répartition, lois usuelles (certaine, uniforme, Bernoulli, binomiale), couple de variables aléatoires, loi conjointe, lois marginales, indépendance, loi d'une fonction , loi d'une somme .

Prérequis

  • Espace probabilisé fini et axiomes de probabilité
  • Système complet d'événements et formule des probabilités totales
  • Coefficients binomiaux , formule du binôme
  • Notion d'application et image directe
🎯 Accompagnement Majorant

Tu confonds encore « probabilité d'un événement » et « loi d'une variable » ? C'est le blocage n°1 sur ce chapitre en MPSI. Nos mentors alumni X · Centrale · Mines reprennent la base avec toi en cours particuliers — exos tirés de tes DS et khôlles, jusqu'à ce que les définitions deviennent automatiques.

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1. Définitions essentielles

Dans toute cette fiche, désigne un espace probabilisé fini : a un nombre fini d'éléments et toute partie de est un événement.

Définition 1.1 — Variable aléatoire réelle

Une variable aléatoire réelle (en abrégé v.a.r.) sur est une application

L'image est une partie finie de (puisque est fini). On note souvent avec les deux à deux distincts.

📝 Insiste sur le mot « application ». Une v.a. n'est pas un nombre ni un événement : c'est une fonction qui associe à chaque un réel . Le côté « aléatoire » vient de , pas de l'application elle-même, parfaitement déterministe.
Définition 1.2 — Événement

Pour , on note

C'est un événement (une partie de ). On définit de la même façon , , pour , etc.

⚠ Piège #1 — Distinguer la variable, sa valeur et l'événement. Trois objets de natures différentes coexistent :
  • : application ;
  • ou : nombre réel (la valeur prise) ;
  • : événement (une partie de ).
Écrire ou au lieu de est sanctionné en khôlle — l'argument de doit toujours être un événement.
Définition 1.3 — Loi de probabilité de

La loi de est la donnée des probabilités pour chaque . On la note souvent :

En pratique, la loi de se présente sous forme d'un tableau : ligne du haut les , ligne du bas les .

Proposition 1.4 — Les événements forment un système complet ★ À savoir démontrer

Si , alors la famille est un système complet d'événements de . En particulier :

Démonstration (vérifier les deux propriétés)

Il faut montrer (1) que les événements sont deux à deux incompatibles, et (2) que leur réunion vaut .

(1) Incompatibilité. Soient . Si , alors et , donc — contradiction puisque les sont distincts. Donc .

(2) Réunion. Soit . Comme , il existe tel que , donc . D'où .

La somme des probabilités vaut alors par σ-additivité (additivité finie suffit ici) appliquée à un système complet : .

Définition 1.5 — Fonction de répartition

La fonction de répartition de est la fonction définie par

Propriétés (à connaître) : est croissante, en escalier sur , continue à droite, vaut sur et sur .

💡 Exemple — Dé équilibré. , . Alors , , et .

2. Lois discrètes finies à connaître par cœur

2.1 — Loi certaine

Définition 2.1 — Variable certaine

suit la loi certaine en si partout sur , c.-à-d. . C'est la loi d'une « constante aléatoire ».

2.2 — Loi uniforme discrète

Définition 2.2 — Loi uniforme sur un ensemble fini

Soit un ensemble fini de réels deux à deux distincts. suit la loi uniforme sur , notée , si

Cas particulier le plus fréquent : avec pour . On note alors ou .

💡 Exemple — Tirage uniforme dans une urne. Urne de boules numérotées à ; = numéro tiré — la situation prototypique d'équiprobabilité.

2.3 — Loi de Bernoulli

Définition 2.3 — Loi de Bernoulli

Soit . suit la loi de Bernoulli de paramètre , notée , si et

Intuition : modélise une expérience à deux issues (succès / échec) où est la probabilité du succès. La valeur code le succès, l'échec.

📝 Indicatrice d'événement. Pour , la fonction ( sur , sinon) est une v.a. qui suit le pont entre événements et variables, à connaître par cœur.

2.4 — Loi binomiale

Définition 2.4 — Loi binomiale

Soient et . suit la loi binomiale de paramètres et , notée , si et

Théorème 2.5 — La binomiale comme somme de Bernoulli indépendantes ★ À savoir démontrer

Si sont variables aléatoires indépendantes, toutes de loi , alors leur somme

suit la loi binomiale .

Démonstration (dénombrement des -uplets de Bernoulli)

Comme chaque prend ses valeurs dans , la somme prend ses valeurs dans ; précisément, signifie que exactement parmi les valent (les autres valant ).

Fixons . On a :

l'union étant disjointe (deux choix différents de imposent que sur un indice au moins, prendrait deux valeurs différentes — impossible). Le nombre de parties de cardinal dans est .

Pour chaque fixé, par indépendance mutuelle des :

En sommant sur les parties , il vient :

ce qui est exactement la loi . □

💡 Exemple canonique — lancers de pièce. Pièce de probabilité de pile lancée fois ; indépendantes et (nombre de piles) . Pour , : .
Proposition 2.6 — Vérification : la binomiale est bien une loi

On a bien : c'est la formule du binôme appliquée à .

2.5 — Loi géométrique tronquée (hors programme strict)

Définition 2.7 — Loi géométrique tronquée

On répète des Bernoulli indépendantes au plus fois. Si est le rang du premier succès ( si aucun) :

Exercice-type en MPSI pour entraîner le dénombrement ; la loi géométrique sur est vue en spé.

🧑‍🏫 Décortique la démo binomiale

La démo est LA démo-pivot du chapitre. Si tu la maîtrises, tu maîtrises l'indépendance, le dénombrement par parties et la transition événements ↔ variables. Une séance ciblée avec un mentor Majorant alumni X-Centrale-Mines suffit à la verrouiller.

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3. Couples de variables aléatoires

3.1 — Loi conjointe

Définition 3.1 — Couple, loi conjointe

Soient et deux variables aléatoires sur le même espace , d'images et . Le couple est défini par .

La loi conjointe du couple est la donnée, pour chaque , de

En pratique : un tableau à double entrée, lignes = valeurs de , colonnes = valeurs de , cases = .

3.2 — Lois marginales

Théorème 3.2 — Lois marginales à partir de la loi conjointe ★ À savoir démontrer

Avec les notations précédentes :

Les lois de et de prises séparément s'appellent les lois marginales du couple.

Démonstration (par système complet)

Fixons . Les événements pour forment un système complet (Prop. 1.4). Par la formule des probabilités totales (ou plus directement, par additivité finie appliquée à la partition de selon les valeurs de ) :

L'union étant disjointe, l'additivité donne :

La formule pour s'obtient en échangeant les rôles. □

⚠ Piège #2 — Les marginales NE déterminent PAS la loi conjointe. Connaître les lois de et de séparément n'est en général pas suffisant pour reconstituer la loi du couple : il existe plusieurs couples ayant les mêmes marginales mais des lois conjointes différentes. La réciproque du tableau à double entrée vers les marginales est vraie (Thm 3.2), mais pas l'inverse — sauf sous hypothèse d'indépendance (Thm 3.4 ci-dessous).

3.3 — Indépendance de deux variables aléatoires

Définition 3.3 — Variables aléatoires indépendantes

Deux variables aléatoires et sur sont indépendantes si :

Plus généralement, sont (mutuellement) indépendantes si pour toutes valeurs , .

Théorème 3.4 — Loi conjointe sous indépendance

Si et sont indépendantes, la loi conjointe est entièrement déterminée par les marginales via le produit : il suffit de connaître et pour reconstituer .

📝 Indépendance vs incompatibilité — à ne JAMAIS confondre. Deux événements peuvent être incompatibles () sans être indépendants ; en réalité, deux événements de probabilités non nulles incompatibles ne sont jamais indépendants. L'indépendance est une propriété multiplicative, l'incompatibilité une propriété ensembliste.

4. Opérations sur les variables aléatoires

4.1 — Loi d'une fonction de

Définition 4.1 — Variable

Soit une v.a.r. sur et . On définit (notée ) par . C'est encore une variable aléatoire, d'image .

📐 Méthode-type — Calculer la loi de à partir de la loi de .
  1. Image. Déterminer — attention aux éventuels doublons : si pour , on les regroupe (sinon on compterait deux fois la même valeur de ).
  2. Probabilité d'une valeur de . Pour chaque , repérer tous les tels que (préimage de par , restreinte à ) :
  1. Vérification. Vérifier que — c'est le garde-fou anti-erreur de calcul.
💡 Exemple — avec uniforme sur . Ici avec . On a . Préimages : , , . D'où : et on vérifie . n'est pas uniforme alors que l'était : le passage par déforme la loi.

4.2 — Loi d'une somme

📐 Méthode-type — Loi de la somme (cas général).
  1. Image. — on liste, on regroupe les doublons.
  2. Probabilité d'une valeur de . Recenser tous les couples tels que , puis :
  1. Si et sont indépendantes, on peut substituer — c'est le cas le plus fréquent en MPSI.
Théorème 4.2 — Loi de la somme de deux dés équilibrés ★ À savoir démontrer

Soient et deux variables aléatoires indépendantes, de loi uniforme sur . La loi de est donnée par et :

En particulier (le maximum) et .

Démonstration (dénombrement direct)

L'univers est avec , muni de l'équiprobabilité (puisque et sont indépendantes uniformes sur , tous les couples ont probabilité ).

Fixons . Le nombre de couples tels que vaut :

  • si (les couples ) ;
  • si (symétrique).

Les deux formules coïncident en (six couples : ). On compacte les deux cas en :

Par équiprobabilité, . On vérifie , donc la somme des probabilités vaut bien . □

📝 Lecture du résultat. La loi de n'est PAS uniforme alors que et le sont chacune : la somme de deux uniformes indépendantes a une loi « en triangle » centrée sur la moyenne. C'est le premier exemple de phénomène de concentration, ancêtre du théorème central limite.

5. Erreurs classiques en copie (vues par les correcteurs)

Ces erreurs sont relevées chaque année dans les rapports de jury (CCINP, Mines-Ponts, Centrale, X-ENS) sur les épreuves de probabilités. Elles coûtent typiquement entre 0,5 et 2 points par occurrence.

⚠ Erreur 1 — Confondre la variable et une valeur . Écrire « » ou « la probabilité de vaut … » est sanctionné : est une application, ce n'est pas un événement. L'argument de est toujours un événement comme , , .
⚠ Erreur 2 — Oublier que est un test automatique. À la fin de tout calcul de loi, écris explicitement la vérification . Si la somme ne tombe pas sur , tu as une erreur de dénombrement ou de probabilité — le correcteur valorise cette autocritique.
⚠ Erreur 3 — Appliquer la formule sans hypothèse d'indépendance. Le produit n'est valable QUE si et sont indépendantes (ou si l'énoncé l'a déjà établi). Sans cette hypothèse, la formule générale est — qui fait apparaître une probabilité conditionnelle.
⚠ Erreur 4 — Confondre (Bernoulli) et (binomiale). Même notation , deux lois différentes : a un seul paramètre et ; a deux paramètres et . En cas de doute, précise dans la copie « la loi de Bernoulli de paramètre » ou « la loi binomiale » sans ambiguïté.
⚠ Erreur 5 — Pour , oublier les doublons. Si pour , la valeur correspondante de figure une seule fois dans , avec probabilité . Beaucoup de copies dédoublent et la somme dépasse — tout s'écroule.

6. Pour aller plus loin

Les variables aléatoires finies sont le point de départ du programme de probabilités sur deux ans. Les chapitres qui les réinvestissent directement :

  • Espérance et variance (MPSI, chapitre suivant) et variance ; l'indépendance rend la variance additive.
  • V.a. discrètes infinies (spé) — extension à dénombrable (Poisson, géométrique sur ) ; sommes séries.
  • Théorème central limite (spé) — la binomiale tend vers une loi normale quand , formalisant le triangle de la somme de deux dés.
  • Vecteurs gaussiens, statistique inférentielle (cycle ingénieur) — généralisation en dimension finie avec densités.

Récap final — Ce qu'il faut absolument retenir

À la veille d'une khôlle ou d'un DS, parcours cette checklist : tu dois pouvoir répondre « oui, sans hésiter » à chaque question.

  • Sais-tu écrire que est une application, pas un nombre, et préciser ce qu'est ?
  • Sais-tu énoncer (et démontrer) que les événements forment un système complet d'événements ?
  • Sais-tu écrire la définition de la fonction de répartition et tracer son graphe en escalier ?
  • Connais-tu par cœur les 4 lois usuelles : certaine, uniforme, Bernoulli , binomiale ?
  • Sais-tu démontrer que la somme de Bernoulli indépendantes suit ?
  • Sais-tu présenter une loi conjointe sous forme de tableau à double entrée et en lire les marginales par sommation ligne / colonne ?
  • Sais-tu démontrer que à partir d'un système complet ?
  • Sais-tu écrire la définition de l'indépendance de deux v.a. ( pour tout ) ?
  • Connais-tu le contre-exemple « deux couples de mêmes marginales mais de lois conjointes différentes » ?
  • Sais-tu réciter la méthode-type pour calculer la loi de , avec gestion des doublons ?
  • Sais-tu démontrer que la somme de deux dés équilibrés indépendants donne ?
  • Sais-tu vérifier que à la fin de tout calcul de loi ?

Démonstrations à savoir refaire

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