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📘 Fiche de cours · 1re année📐 MPSI🧮 Mathématiques

Séries numériques

Définitions, séries de référence (géométrique, harmonique, Riemann), critères de comparaison, comparaison série-intégrale, convergence absolue, critère de Leibniz et produit de Cauchy — avec 4 démonstrations à savoir refaire.

Fiche rédigée par les mentors Majorant — alumni Polytechnique, CentraleSupélec et Mines Paris.

7 définitions10 théorèmes4 démos à savoirMis à jour le 2026-05-18

Vue d'ensemble

Les séries numériques sont l'aboutissement naturel du chapitre des suites : sommer une infinité de termes a-t-il un sens, et si oui lequel ? On y répond en étudiant la suite des sommes partielles . Cette fiche regroupe les 10 théorèmes incontournables, les 4 démonstrations à savoir refaire et les pièges qui font perdre des points en DS comme aux concours.

Au programme MPSI (officiel) — Séries numériques à termes réels ou complexes : suite des sommes partielles, convergence et somme, reste, condition nécessaire de convergence, séries de référence (géométrique, harmonique, Riemann), séries à termes positifs (comparaison, équivalents, comparaison série-intégrale), convergence absolue, critère spécial des séries alternées (Leibniz), produit de Cauchy.

Prérequis

  • Maîtrise complète des suites numériques (convergence, monotonie, théorème de la limite monotone)
  • Manipulation des sommes finies et notations
  • Comparaisons asymptotiques élémentaires : domination, équivalents, négligeabilité
  • Intégrales sur un segment et croissance/décroissance d'une fonction continue par morceaux
🎯 Accompagnement Majorant

Tu sais étudier une suite mais tu bloques dès qu'il faut sommer ? Les séries sont le piège n°1 de fin de premier semestre — confusion entre suite et série , erreurs sur les critères, mauvaise utilisation des équivalents. Nos mentors alumni X · Centrale · Mines remettent la mécanique en place en cours particuliers, exos sur-mesure tirés de tes DS.

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1. Définitions essentielles

Définition 1.1 — Série numérique

Soit une suite réelle (ou complexe). La série de terme général , notée , est la donnée de la suite des sommes partielles :

Le terme s'appelle le terme général de la série ; en est la somme partielle d'ordre .

Définition 1.2 — Série convergente, série divergente

La série est dite convergente si la suite des sommes partielles converge dans (ou ). On appelle alors somme de la série la limite :

Sinon, la série est dite divergente. Étudier la nature d'une série, c'est dire si elle converge ou non.

⚠ Piège #1 — Ne pas confondre et . Une suite peut converger sans que la série associée converge (cf. la série harmonique : mais diverge). Inversement, si converge, alors nécessairement — mais la réciproque est fausse. Tiens toujours ces deux objets séparés dans ta tête.
Définition 1.3 — Reste d'une série convergente

Si converge, de somme , on appelle reste d'ordre la quantité :

Le reste mesure « ce qu'il manque » dans la somme partielle pour atteindre . Par définition, quand .

Définition 1.4 — Convergence absolue

La série est dite absolument convergente si la série converge. Une série convergente qui n'est pas absolument convergente est dite semi-convergente.

Définition 1.5 — Série alternée

Une série alternée est une série de la forme avec pour tout . Les signes des termes alternent strictement.

Définition 1.6 — Série télescopique

Une série est dite télescopique si son terme général s'écrit pour une certaine suite . Les sommes partielles se simplifient en cascade :

Donc converge si et seulement si converge, et sa somme vaut alors .

2. Condition nécessaire et séries de référence

2.1 — Condition nécessaire de convergence

Théorème 2.1 — Condition nécessaire de convergence

Si la série converge, alors son terme général tend vers zéro : .

Démonstration (écart entre deux sommes partielles consécutives)

Supposons convergente, de somme . Alors et . Par différence :

⚠ Piège majeur — La réciproque est FAUSSE. ne suffit pas pour que converge. Contre-exemple culte : la série harmonique avec mais qui diverge (cf. 2.2.b). Conséquence pratique : « » ne te donne jamais la convergence — c'est seulement un premier filtre. En revanche, la contraposée est puissante : si , alors diverge (on parle de divergence grossière).

2.2 — Série géométrique

Théorème 2.2 — Série géométrique ★ À savoir démontrer

Soit (ou ). La série converge si et seulement si . Dans ce cas :

Démonstration (somme partielle explicite)

Cas : , la série diverge.

Cas : la formule classique pour la somme géométrique finie donne :

Le comportement de dépend donc de . Si , alors , donc : convergence. Si , , donc n'est pas bornée, divergence. Si et , alors ne tend pas vers , donc et la série diverge grossièrement (par la condition nécessaire).

💡 Exemple — Somme dyadique. Avec , on retrouve l'identité bien connue . Plus généralement, (paradoxe de Zénon résolu).

2.3 — Série harmonique

Théorème 2.3 — Divergence de la série harmonique ★ À savoir démontrer

La série harmonique diverge, bien que son terme général tende vers . Plus précisément, .

Démonstration (paquets de longueur 2ᵏ — preuve d'Oresme)

Regroupons les termes par paquets dont les indices vont de à :

Chaque paquet (pour ) contient termes, tous . Donc :

Par conséquent, la somme partielle , qui tend vers avec . La sous-suite est non bornée, donc elle-même est non bornée. étant croissante, le théorème de la limite monotone donne .

📝 Vitesse de divergence. On peut affiner (hors-prog MPSI mais culture) : est la constante d'Euler-Mascheroni. La divergence est donc logarithmique, extrêmement lente : pour atteindre , il faut sommer environ termes.

2.4 — Séries de Riemann

Théorème 2.4 — Séries de Riemann ★ À savoir démontrer

Soit . La série converge si et seulement si .

Démonstration (comparaison série-intégrale)

Cas : (la suite ne tend pas vers ), donc divergence grossière.

Cas : pour et , . Par comparaison de séries à termes positifs avec la série harmonique (qui diverge), diverge également.

Cas : la fonction est continue, positive et décroissante sur . Par décroissance, pour tout entier et tout , on a , donc en intégrant sur :

En sommant pour variant de à :

Donc est croissante (somme à termes positifs) et majorée par . Par le théorème de la limite monotone, converge.

💡 Exemple — Le problème de Bâle. Pour , Euler a démontré (1734) : . La preuve dépasse le programme MPSI mais la valeur est à connaître en culture mathématique.
🧑‍🏫 Verrouille les séries de référence

Riemann, géométrique, harmonique : les trois piliers du chapitre. Si tu hésites encore à dire instantanément la nature de ou , tu perds 1-2 points par DS. Une séance ciblée avec un mentor Majorant alumni X · Centrale et tu maîtrises les réflexes pour le DS suivant.

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3. Séries à termes positifs

Pour les séries à termes positifs (à partir d'un certain rang), la suite des sommes partielles est croissante. Par le théorème de la limite monotone, convergence équivaut à « somme partielle majorée ». C'est ce qui rend les critères de comparaison si efficaces dans ce cadre.

Théorème 3.1 — Critère de comparaison (séries à termes positifs)

Soient et deux suites réelles vérifiant à partir d'un certain rang. Alors :

  • Si converge, alors converge.
  • Si diverge, alors diverge.
Théorème 3.2 — Critère par équivalents (termes positifs)

Soient et deux suites de réels strictement positifs telles que . Alors les séries et sont de même nature (toutes deux convergentes, ou toutes deux divergentes).

⚠ Piège — Équivalents et termes positifs. Le critère par équivalents exige que les termes soient de signe constant (positifs à partir d'un certain rang). Pour des séries de signe variable, un équivalent ne transmet pas la convergence. Contre-exemple : converge (Leibniz), vérifie mais diverge (somme de Leibniz convergente + harmonique divergente).
📐 Méthode-type — Étudier la nature d'une série à termes positifs. Dans l'ordre :
  1. Vérifier la condition nécessaire : ? Si non, divergence grossière.
  2. Chercher un équivalent est une série de référence (géométrique, Riemann, harmonique).
  3. Conclure par le critère par équivalents : même nature que la référence.
  4. Si pas d'équivalent simple, encadrer ou dominer : avec convergente connue (idéalement Riemann avec ).
  5. Cas pathologique : passer à la comparaison série-intégrale (voir 3.3).
Ne saute jamais l'étape 1 : un terme général qui ne tend pas vers donne la conclusion en une ligne — ne perds pas 10 minutes à chercher un équivalent dans ce cas.

3.3 — Comparaison série-intégrale

Théorème 3.3 — Comparaison série-intégrale

Soit continue par morceaux, positive et décroissante. Alors la série et l'intégrale sont de même nature. Plus précisément, pour tout :

💡 Exemple — Série de Bertrand simple. Étudions . La fonction est décroissante sur . Or : L'intégrale diverge, donc par comparaison série-intégrale, diverge également. Voilà un exemple où le critère par équivalents est inopérant (pas de de référence directe).

4. Séries à termes quelconques

Pour les séries dont les termes changent de signe (ou sont complexes), les critères du §3 ne s'appliquent plus directement. Deux armes principales : la convergence absolue et le critère spécial des séries alternées.

4.1 — Convergence absolue implique convergence

Théorème 4.1 — Convergence absolue implique convergence

Soit une série réelle ou complexe. Si converge, alors converge. Et l'on a alors :

📝 Stratégie pratique. Quand on étudie une série à termes quelconques, le premier réflexe est d'examiner : si elle converge (par exemple par équivalent avec une Riemann à ), c'est gagné. Si diverge, on passe alors au critère de Leibniz (cas alterné) ou à une astuce ad hoc (Abel, transformation de la somme, etc., pour les concours).

4.2 — Critère spécial des séries alternées (Leibniz)

Théorème 4.2 — Critère de Leibniz ★ À savoir démontrer

Soit une suite réelle vérifiant les trois conditions suivantes :

  1. pour tout (positivité),
  2. est décroissante,
  3. .

Alors la série alternée converge. De plus, en notant sa somme et sa somme partielle :

Démonstration (sous-suites paires et impaires adjacentes)

Notons . On va montrer que les sous-suites et sont adjacentes.

1) Monotonie de : on calcule

car est décroissante. Donc est décroissante.

2) Monotonie de : de manière analogue,

donc est croissante.

3) Différence qui tend vers : .

Les deux sous-suites (décroissante) et (croissante) sont donc adjacentes (avec ). Par le théorème des suites adjacentes, elles convergent vers la même limite . Le critère par sous-suites paires/impaires (suites numériques) donne alors : la série converge.

Majoration du reste : pour pair, (adjacence), donc . Idem pour impair par symétrie.

💡 Exemple — Série harmonique alternée. La série vérifie les hypothèses de Leibniz : est positive, décroissante, tend vers . Donc elle converge. Sa somme vaut (résultat hors-prog mais à connaître). C'est l'exemple canonique de série semi-convergente : elle converge, mais diverge.

4.3 — Produit de Cauchy

Définition 4.3 — Produit de Cauchy de deux séries

Soient et deux séries réelles ou complexes. Leur produit de Cauchy est la série de terme général :

Théorème 4.4 — Produit de Cauchy de deux séries absolument convergentes

Si les séries et sont absolument convergentes, alors leur produit de Cauchy est aussi absolument convergent, et :

💡 Exemple — Exponentielle complexe. Pour , les séries et sont absolument convergentes. Leur produit de Cauchy a pour terme général : par la formule du binôme. On retrouve ainsi la propriété fondamentale .

5. Erreurs classiques en copie (vues par les correcteurs)

Ces erreurs reviennent chaque année dans les rapports de jury (CCINP, Mines-Ponts, Centrale, X-ENS) sur les épreuves comportant des séries. Elles coûtent typiquement entre 0,5 et 2 points par occurrence — et certaines invalident toute la question.

⚠ Erreur 1 — « donc converge ». Faux absolu : c'est la réciproque du théorème de la condition nécessaire, et elle ne tient pas (cf. série harmonique). La condition est nécessaire mais pas suffisante. Ne l'invoque jamais pour conclure à la convergence : utilise-la uniquement en contraposée pour invoquer une divergence grossière quand .
⚠ Erreur 2 — Appliquer le critère par équivalents à une série de signe variable. Le critère « même nature » exige des termes positifs (au moins à partir d'un certain rang). Pour , aucun usage d'équivalent ne te donnera la convergence directement — il faut passer par Leibniz.
⚠ Erreur 3 — Vérifier seulement deux conditions de Leibniz sur les trois. Le critère exige : (1) , (2) décroissante, (3) . Oublier la décroissance est l'erreur n°1. Exemple piège : (alternance entre et ) tend vers mais n'est pas monotone — le critère ne s'applique pas, et la série doit être étudiée par d'autres moyens.
⚠ Erreur 4 — Confondre « somme partielle » et « somme totale ». Notations à respecter scrupuleusement : (somme partielle, somme finie, toujours définie) versus (somme totale, définie uniquement si la série converge). Écrire avant d'avoir prouvé la convergence est une faute logique sanctionnée.
⚠ Erreur 5 — Sommer terme à terme deux séries sans précaution. converge et vaut si chacune des deux séries et converge. Si l'une diverge, on ne peut rien dire en général : par exemple, diverge et aussi, mais leur somme terme à terme est . La règle de la somme exige la convergence individuelle préalable.

6. Pour aller plus loin

Les séries numériques sont le tremplin vers une large part du programme de spé. Voici les chapitres directement nourris par cette fiche :

  • Séries entières (spé) — généralisent les séries numériques avec un paramètre ; le rayon de convergence se calcule via les outils de cette fiche (D'Alembert, Cauchy, équivalents).
  • Séries de Fourier (spé) — décomposition des fonctions périodiques en somme infinie de cosinus et sinus ; convergence étudiée par convergence absolue ou Dirichlet.
  • Intégrales généralisées (1re année) — la comparaison série-intégrale crée un pont direct entre nature d'une série et nature d'une intégrale sur .
  • Suites et séries de fonctions (spé) — convergence simple, uniforme, normale ; les critères vus ici se transposent avec une dépendance en .
  • Probabilités discrètes — l'espérance d'une variable aléatoire à valeurs dans s'écrit ; sa convergence est exactement celle d'une série à termes positifs.
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Récap final — Ce qu'il faut absolument retenir

À la veille d'une khôlle ou d'un DS, parcours cette checklist : tu dois pouvoir répondre « oui, sans hésiter » à chaque question.

  • Sais-tu définir une série comme la suite des sommes partielles, et distinguer suite vs série ?
  • Sais-tu énoncer la condition nécessaire de convergence — et donner le contre-exemple à sa réciproque ?
  • Sais-tu démontrer que converge si et seulement si , avec somme ?
  • Sais-tu démontrer que la série harmonique diverge (preuve par paquets) ?
  • Sais-tu énoncer ET démontrer le critère de Riemann ( converge ssi ) par comparaison série-intégrale ?
  • Sais-tu énoncer les critères de comparaison et d'équivalents — et la condition de signe constant ?
  • Sais-tu énoncer le théorème de comparaison série-intégrale, avec ses hypothèses précises ?
  • Sais-tu rédiger la chaîne « convergence absolue convergence » pour les séries complexes ?
  • Sais-tu énoncer les trois hypothèses du critère de Leibniz, et démontrer la convergence via deux sous-suites adjacentes ?
  • Connais-tu la majoration du reste dans le cas Leibniz, et son utilité numérique ?
  • Sais-tu énoncer le théorème du produit de Cauchy et l'appliquer à ?
  • Sais-tu réciter la méthode-type pour étudier une série à termes positifs (5 étapes) ?

Démonstrations à savoir refaire

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