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📘 Fiche de cours · 1re année📐 MPSI🧮 Mathématiques

Nombres complexes

Tout ce qu'il faut maîtriser sur ℂ en MPSI : conjugué, module, argument, forme exponentielle, formules d'Euler et de Moivre, racines n-ièmes et interprétation géométrique — avec les 4 démonstrations à savoir refaire.

Fiche rédigée par les mentors Majorant — alumni Polytechnique, CentraleSupélec et Mines Paris.

9 définitions5 théorèmes4 démos à savoirMis à jour le 2026-05-18

Vue d'ensemble

Les nombres complexes sont le grand chapitre charnière de MPSI : on construit le corps à partir de en ajoutant une racine à , et l'on découvre que tout polynôme du second degré admet désormais ses racines — ce que ne savait pas faire. Mais l'enjeu va beaucoup plus loin : les complexes donnent une écriture trigonométrique qui transforme les rotations en multiplications, fournissent les formules d'Euler et de Moivre pour linéariser , , et débloquent enfin la résolution générale de (racines n-ièmes). Cette fiche regroupe les 9 théorèmes incontournables, les 4 démonstrations à savoir refaire et les pièges qui font perdre des points en DS comme en khôlle.

Au programme MPSI (officiel) — Corps , partie réelle, partie imaginaire, conjugué, module, argument, forme algébrique, forme trigonométrique, forme exponentielle, formules d'Euler et de Moivre, racines n-ièmes d'un complexe, racines n-ièmes de l'unité, équation du second degré à coefficients complexes, interprétation géométrique (affixe, distance, angle, rotation, similitude).

Prérequis

  • Trigonométrie réelle : , , , formules d'addition et de duplication
  • Géométrie du plan (vecteurs, angles orientés, identification d'un complexe à un couple de réels)
  • Résolution d'une équation du second degré à coefficients réels (discriminant)
🎯 Accompagnement Majorant

Tu confonds forme algébrique, trigonométrique et exponentielle ? C'est le blocage n°1 du chapitre — celui qui empêche ensuite de manipuler Euler, Moivre et les racines n-ièmes. Nos mentors alumni X · Centrale · Mines te font passer les trois formes en réflexes, avec des exos sur-mesure tirés de tes propres DS et khôlles.

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1. Construction de ℂ et forme algébrique

Définition 1.1 — Le corps ℂ

L'ensemble avec , muni des opérations et , est un corps commutatif contenant (les réels sont les complexes de partie imaginaire nulle).

Définition 1.2 — Partie réelle, partie imaginaire

L'écriture avec est unique ; on appelle la partie réelle et la partie imaginaire (un réel, pas !). est réel ssi , imaginaire pur ssi .

⚠ Piège #1 — La partie imaginaire est un réel. Beaucoup d'élèves écrivent « » : faux. La partie imaginaire est le coefficient de , donc , pas . Cette confusion casse ensuite toutes les égalités du type « deux complexes sont égaux ssi parties réelles et imaginaires sont égales ».
Définition 1.3 — Conjugué

Le conjugué de est (géométriquement, symétrie orthogonale par rapport à l'axe réel).

Proposition 1.4 — Propriétés du conjugué

Pour tous :

  • (involution)
  • (linéarité)
  • Si :
  • et
  • (clé pour calculer )
📐 Méthode-type — Mettre sous forme algébrique. Pour ou , multiplie haut et bas par le conjugué du dénominateur : . Le dénominateur devient réel positif et tu lis directement parties réelle et imaginaire. Réflexe automatique dès qu'il y a un au dénominateur.
💡 Exemple. , de partie réelle et imaginaire .

2. Module et argument

Définition 2.1 — Module

Le module de est , réel positif égal à la distance de l'affixe de à l'origine.

Proposition 2.2 — Propriétés du module

Pour tous :

  • , et
  • (formule reine, à utiliser à chaque démo de module)
  • et
  • (multiplicativité)
  • Si :
  • et
Théorème 2.3 — Inégalité triangulaire ★ À savoir démontrer

Pour tous :

Cas d'égalité : il y a égalité ssi et sont positivement liés, c'est-à-dire ssi il existe tel que (ou ). Inégalité triangulaire renversée :

Démonstration (par développement de )

On part de l'identité et l'on calcule :

Comme , on a , donc . En majorant :

Les deux membres sont positifs : on passe à la racine et l'on obtient . Le cas d'égalité demande , soit — c'est-à-dire et positivement liés.

Définition 2.4 — Argument

Pour , un argument de est un réel tel que . L'argument n'est défini qu'à près : on note , et l'unique représentant dans est l'argument principal. n'est pas défini pour .

⚠ Piège #2 — n'est pas une fonction sur ℂ. Écrire « » comme une égalité de réels est incorrect : on doit écrire . De même, n'est vraie que modulo — la somme peut sortir de . Erreur fréquente en concours : utiliser une « égalité » d'arguments et conclure faussement sur des inégalités.
Proposition 2.5 — Calcul pratique de l'argument

Pour , un argument vérifie simultanément et . Les deux équations sont nécessaires : seul ne couvre que et rate la moitié du plan complexe lorsque .

3. Forme trigonométrique et forme exponentielle

Définition 3.1 — Forme trigonométrique

Tout s'écrit de façon unique (à près sur ) sous la forme avec et .

Définition 3.2 — Notation d'Euler, forme exponentielle

On pose, pour tout , . Alors tout s'écrit avec . Cette notation se comporte comme une vraie exponentielle (propriété multiplicative ci-dessous), ce qui justifie l'écriture.

Proposition 3.3 — Règles de calcul sur

Pour tous et :

  • (le complexe est sur le cercle unité)
  • (la multiplication des complexes ajoute les arguments)
  • (formule de Moivre, ci-dessous)

Conséquence pratique : pour multiplier deux complexes en forme exponentielle, on multiplie les modules et on ajoute les arguments — .

📐 Méthode-type — Passer entre forme algébrique et forme exponentielle.
  1. Algébrique → exponentielle : pour , calcule , puis identifie tel que et — pas d' seul. Écris .
  2. Exponentielle → algébrique : pour , développe .
  3. Quand utiliser laquelle ? — Forme algébrique pour additionner, soustraire, lire parties réelle et imaginaire. Forme exponentielle pour multiplier, élever à une puissance, prendre des racines n-ièmes, calculer un argument.
💡 Exemple canonique — Les angles à savoir reconnaître par cœur. , , , ; et , , : ces formes doivent venir sans calcul en khôlle.
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4. Formules d'Euler et de Moivre

Théorème 4.1 — Formules d'Euler ★ À savoir démontrer

Pour tout :

Démonstration (à partir de )

Par définition . La conjugaison envoie sur et fixe les réels, donc . En ajoutant les deux égalités : , d'où . En les soustrayant : , d'où .

📐 Méthode-type — Linéariser ou . Quand tu dois calculer ou exprimer en fonction de , passe par Euler :
  1. Écris puis élève à la puissance.
  2. Développe avec la formule du binôme.
  3. Regroupe les termes par paires ou .
Exemple : .
Théorème 4.2 — Formule de Moivre ★ À savoir démontrer

Pour tout et tout :

ou de manière équivalente .

Démonstration (récurrence sur , puis extension à )

Soit : « » pour .

Initialisation () : . OK.

Hérédité : supposons . Alors :

On développe : . Par les formules d'addition de et , c'est exactement . Donc est vraie.

Cas : avec , l'inverse d'un complexe de module est son conjugué, donc . OK.

💡 Exemple — en fonction de . Par Moivre, ; on développe avec le binôme et l'on prend partie réelle puis imaginaire : et .
📝 Linéariser vs « démoivriser ». Linéariser = exprimer via les (utile pour intégrer) ; démoivriser = exprimer via (utile pour les équations trigonométriques). Choisis le bon sens selon l'énoncé.

5. Racines n-ièmes

Définition 5.1 — Racine n-ième

Pour et , une racine n-ième de est tout complexe tel que .

Théorème 5.2 — Racines n-ièmes de l'unité ★ À savoir démontrer

L'équation admet, dans , exactement solutions, données par :

Géométriquement, ces racines sont régulièrement espacées sur le cercle unité ; elles forment les sommets du polygone régulier à côtés inscrit dans le cercle, avec comme premier sommet.

Démonstration (par résolution directe en forme exponentielle)

Cherchons avec (car ) tel que . L'égalité de deux complexes en forme exponentielle équivaut à l'égalité des modules et des arguments modulo , donc : et .

Comme , impose . L'équation donne avec ; comme est défini modulo , les valeurs distinctes correspondent à (au-delà, on retombe sur les mêmes complexes). On a donc exactement racines, .

Proposition 5.3 — Racines n-ièmes d'un complexe quelconque

Pour avec , l'équation admet exactement solutions pour , régulièrement espacées sur le cercle de rayon avec un pas angulaire de .

📐 Méthode-type — Résoudre .
  1. Mets en forme exponentielle : avec et un argument.
  2. Pose . L'équation devient .
  3. Égalité des modules : , donc (racine n-ième réelle positive — sans ambiguïté).
  4. Égalité des arguments mod : , donc avec .
  5. Écris les racines et place-les sur un dessin si l'énoncé le demande (polygone régulier).
Proposition 5.4 — Propriétés des racines n-ièmes de l'unité

Notons , de sorte que les racines n-ièmes de l'unité sont . Pour :

  • Somme nulle : (somme d'une suite géométrique de raison ).
  • Produit : (lecture des coefficients de ).
  • Stabilité par conjugaison : .
💡 Exemple — Racines cubiques de l'unité. donne pour , soit : , , . On note souvent ; alors , et — formule à connaître par cœur.
⚠ Piège #3 — Ne pas écrire « » pour un complexe. La racine n-ième complexe n'est pas une fonction : il y a valeurs possibles. L'écriture sans indication supplémentaire est ambigüe et sanctionnée en copie. Préfère « les racines n-ièmes de » et énumère-les explicitement. reste réservé à la racine carrée réelle positive (sur ).

6. Équation du second degré dans ℂ

Théorème 6.1 — Résolution de dans ℂ

Soit avec . L'équation admet toujours deux racines (éventuellement confondues) dans , données par :

est une racine carrée du discriminant dans (l'autre racine carrée est , d'où le ).

  • Si et , alors et les racines sont complexes conjuguées : .
  • Si : racine double .
  • Relations de Viète : et .
📐 Méthode-type — Trouver tel que (cas complexe). Quand n'est ni réel ni imaginaire pur, on cherche tel que :
  1. Développe : . Identifie avec : et .
  2. Ajoute l'équation des modules : , soit .
  3. Combine avec pour obtenir et ; choisis les signes cohérents avec .
Astuce : si est facilement reconnaissable en forme exponentielle , prends — plus rapide.
💡 Exemple — . , donc , et les racines sont . Ces deux racines sont précisément et , les racines cubiques non triviales de l'unité — donc avec équivaut à .

7. Interprétation géométrique

Définition 7.1 — Affixe d'un point, d'un vecteur

Dans le plan euclidien muni d'un repère orthonormé direct, à tout point de coordonnées on associe son affixe (idem pour un vecteur).

Proposition 7.2 — Distances et angles via les complexes

Soient trois points d'affixes .

  • Distance : .
  • Angle orienté : .
  • Alignement : alignés ssi .
  • Orthogonalité : ssi (imaginaire pur).
Proposition 7.3 — Transformations du plan

Soit d'affixe . Image d'affixe par :

  • Translation de vecteur d'affixe : .
  • Rotation de centre (affixe ) et d'angle : .
  • Homothétie de centre et de rapport : .
  • Similitude directe de centre , rapport , angle : .
📝 Pourquoi les complexes simplifient la géométrie. Une rotation, qui s'écrit comme une matrice en coordonnées, devient une simple multiplication par dans — d'où l'utilité des complexes en géométrie : passe en complexes dès qu'il y a rotations, angles ou longueurs en jeu.
💡 Exemple — Triangle équilatéral. Trois points distincts d'affixes forment un triangle équilatéral direct ssi , ce qui se traduit (après réduction au même dénominateur et utilisation de ) par la caractérisation symétrique : .

8. Erreurs classiques en copie (vues par les correcteurs)

Ces erreurs reviennent chaque année dans les rapports de jury (CCINP, Mines-Ponts, Centrale, X-ENS) sur les épreuves de maths comportant des complexes. Elles coûtent typiquement entre 0,5 et 2 points par occurrence.

⚠ Erreur 1 — Confondre et . « » est faux : la partie imaginaire est le réel , le coefficient de . Cette confusion casse ensuite « et », qui ne fonctionne qu'avec des réels des deux côtés.
⚠ Erreur 2 — Écrire comme une égalité de réels. L'argument n'est défini qu'à près. Écris , ou précise « un argument de est ». De même n'est vraie que modulo — la somme directe peut sortir de .
⚠ Erreur 3 — Utiliser seul pour calculer un argument. Cela ne donne l'argument que si . Pour , il faut ajouter ou retrancher ; pour , il faut traiter à part. Réflexe correct : impose simultanément et — ces deux équations déterminent sans ambiguïté.
⚠ Erreur 4 — Écrire pour . La notation est réservée à la racine carrée réelle positive. Pour un discriminant complexe, écris « soit une racine carrée de dans » puis vérifie . Idem pour les racines n-ièmes complexes : il y en a , pas une.
⚠ Erreur 5 — Oublier le en résolvant une équation d'argument. Quand tu résous modulo , n'oublie pas le terme : tu dois écrire avec . Oublier le te fait perdre solutions sur les attendues — sanction quasi systématique en concours.

9. Pour aller plus loin

Les nombres complexes irriguent presque tous les chapitres de fin de MPSI et toute la spé. Les chapitres qui les réinvestissent directement :

  • Polynômes et fractions rationnelles est algébriquement clos (théorème de d'Alembert-Gauss) : tout polynôme se factorise en produit de sur , ce qui simplifie radicalement la décomposition en éléments simples.
  • Équations différentielles linéaires — les racines complexes du polynôme caractéristique donnent les solutions oscillantes que l'on passe ensuite en .
  • Séries entières et fonctions usuelles complexes (en spé) — l'exponentielle complexe se définit comme , et la formule apparaît comme un cas particulier.
  • Algèbre linéaire — la diagonalisation sur marche pour davantage de matrices que sur (par exemple les matrices de rotation), grâce à la clôture algébrique de .

Récap final — Ce qu'il faut absolument retenir

À la veille d'une khôlle ou d'un DS, parcours cette checklist : tu dois pouvoir répondre « oui, sans hésiter » à chaque question.

  • Sais-tu écrire et donner les règles d'addition et de multiplication ?
  • Sais-tu, pour , reconnaître que est un réel (pas ) ?
  • Connais-tu les 6 propriétés du conjugué (involution, distribution sur les opérations, , , ) ?
  • Sais-tu mettre sous forme algébrique en multipliant par le conjugué ?
  • Connais-tu la formule reine et sais-tu l'utiliser pour démontrer l'inégalité triangulaire ?
  • Sais-tu démontrer par développement de ?
  • Sais-tu que n'est défini que modulo , et calculer un argument avec et (pas seul) ?
  • Sais-tu démontrer les formules d'Euler à partir de ?
  • Sais-tu démontrer la formule de Moivre par récurrence ?
  • Sais-tu résoudre et retrouver pour ?
  • Connais-tu , , et ?
  • Sais-tu interpréter géométriquement (distance) et (angle orienté) ?

Démonstrations à savoir refaire

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