🚨 Bac 2026 · Stage intensif 25-29 maiRéserver ma place →
📘 Fiche de cours · 1re année📐 MPSI🧮 Mathématiques

Ensembles

Le langage ensembliste fondateur de toute la MPSI : appartenance, inclusion, opérations (∩, ∪, \, Δ, ∁), lois de De Morgan, ensemble des parties 𝒫(E), produit cartésien et partitions. La méthode-reine du chapitre : la double inclusion, à automatiser dès septembre pour gagner 2-3 points par DS toute l'année.

Fiche rédigée par les mentors Majorant — alumni Polytechnique, CentraleSupélec et Mines Paris.

14 définitions4 théorèmes3 démos à savoirMis à jour le 2026-05-18

Vue d'ensemble

Le chapitre Ensembles pose le langage que tu utiliseras toute l'année en MPSI : appartenance, inclusion, union, intersection, complémentaire, produit cartésien, parties d'un ensemble. Tout l'édifice de l'algèbre (groupes, anneaux, espaces vectoriels) et de l'analyse (suites, fonctions, intégrales) est rédigé dans ce vocabulaire. Cette fiche regroupe les 14 définitions à connaître par cœur, les propriétés algébriques (commutativité, associativité, distributivité, De Morgan) et les 3 démonstrations à savoir refaire — au premier rang desquelles la méthode-reine du chapitre : la double inclusion.

Au programme MPSI (officiel) — Ensembles, appartenance et inclusion, sous-ensembles, ensemble vide, ensemble des parties , opérations sur les parties d'un ensemble : intersection, réunion, différence, différence symétrique, complémentaire. Lois de De Morgan. Produit cartésien. Recouvrement et partition d'un ensemble. Cardinal d'un ensemble fini (introduction).

Prérequis

  • Logique élémentaire : connecteurs et, ou, négation, implication, équivalence
  • Quantificateurs et techniques de raisonnement (direct, contraposée, absurde)
  • Ensembles usuels de nombres :
🎯 Accompagnement Majorant

Tu confonds et , ou tu paniques devant une double inclusion ? Le langage ensembliste est la première fracture de MPSI : ceux qui le maîtrisent gagnent 2-3 points par DS toute l'année. Nos mentors alumni X · Centrale · Mines te font écrire tes démos en direct jusqu'à automatisation.

Trouver un mentor MPSI →

1. Appartenance, inclusion, égalité d'ensembles

Définition 1.1 — Ensemble, élément, appartenance

Un ensemble est une collection d'objets, appelés ses éléments. Si est un élément de , on écrit appartient à »). Dans le cas contraire, on note .

Un ensemble est entièrement déterminé par ses éléments : deux ensembles ayant exactement les mêmes éléments sont égaux.

💡 Notations usuelles.
  • En extension : (on liste les éléments).
  • En compréhension : (on décrit par une propriété, ici ).
Définition 1.2 — Inclusion, sous-ensemble

On dit que est inclus dans , et on note (ou ), si tout élément de est aussi un élément de :

On dit alors que est un sous-ensemble (ou une partie) de . La négation s'écrit : .

⚠ Piège #1 du chapitre — versus . Ce sont deux relations totalement différentes : relie un élément à un ensemble, relie un ensemble à un ensemble. Par exemple : ✅, mais ❌ (sauf à voir comme un ensemble, ce qu'on ne fait pas en MPSI). À l'inverse, ✅, mais ❌. La confusion coûte un point sec en DS chaque année.
Définition 1.3 — Égalité d'ensembles

Deux ensembles et sont égaux, et on note , si :

C'est le principe de double inclusion, méthode universelle pour prouver une égalité d'ensembles.

📐 Méthode-type — Démontrer une égalité d'ensembles par double inclusion.
  1. Annoncer : « Montrons par double inclusion. »
  2. Sens : prendre quelconque et déduire à partir des définitions et des hypothèses.
  3. Sens : symétriquement, prendre et déduire .
  4. Conclure : « Les deux inclusions étant établies, . »
Astuce concours. Si chaque étape est une vraie équivalence logique, on peut écrire les deux inclusions simultanément avec un — à n'utiliser qu'avec certitude.
Définition 1.4 — Inclusion stricte

On dit que l'inclusion est stricte, notée (ou avec ), si et , c'est-à-dire si .

Définition 1.5 — Ensemble vide

L'ensemble vide, noté (ou ), est l'ensemble qui ne contient aucun élément : . Propriété fondamentale : pour tout ensemble (l'inclusion est vraie par vacuité de l'hypothèse).

Définition 1.6 — Singleton, ensembles finis et infinis, cardinal

Un singleton est un ensemble à un seul élément, noté . est fini s'il existe et une bijection entre et ; est alors le cardinal de , noté , ou . Par convention . Sinon, est dit infini.

📝 Vacuité. est vrai pour toute propriété (implication d'hypothèse fausse) — mécanisme qui donne pour tout .

2. Ensemble des parties P(E)

Définition 2.1 — Ensemble des parties

Soit un ensemble. L'ensemble des parties de , noté , est l'ensemble dont les éléments sont les sous-ensembles de :

Ainsi . On a toujours et .

💡 Exemple — . Avec , on a quatre parties possibles : Donc .
Proposition 2.2 — Cardinal de

Si est fini de cardinal , alors est fini et . Idée: choisir une partie revient à choisir, pour chacun des éléments, s'il est dedans ou dehors — soit choix (démo formelle par récurrence en dénombrement).

⚠ Piège — confusion et . n'a aucun élément ; a un élément (qui est l'ensemble vide). Donc mais . C'est une distinction subtile mais critique en logique, en dénombrement et en théorie de la mesure. Vérifie toujours : « est-ce que je parle de l'ensemble vide, ou du singleton qui contient l'ensemble vide ? »

3. Opérations sur les ensembles

Dans toute cette section, est un ensemble de référence et sont des parties de .

3.1 — Intersection, union, différence

Définition 3.1 — Intersection

L'intersection de et , notée , est l'ensemble des éléments appartenant à la fois à et à :

Deux parties et sont dites disjointes si .

Définition 3.2 — Union (réunion)

L'union (ou réunion) de et , notée , est l'ensemble des éléments appartenant à ou à (au sens du « ou » inclusif, c'est-à-dire éventuellement aux deux) :

Définition 3.3 — Différence

La différence (parfois notée ) est l'ensemble des éléments de qui ne sont pas dans :

Attention : n'est défini que si n'est pas requis — on peut soustraire un qui dépasse de , les éléments en trop sont simplement ignorés.

Définition 3.4 — Différence symétrique

La différence symétrique de et , notée , est l'ensemble des éléments appartenant à ou à mais pas aux deux (« ou » exclusif) :

💡 Exemple visuel. Avec et : , , , , .

3.2 — Complémentaire

Définition 3.5 — Complémentaire dans E

Soit une partie de . Le complémentaire de dans est l'ensemble des éléments de qui ne sont pas dans :

On note aussi ou lorsque l'ensemble de référence est sans ambiguïté.

Proposition 3.6 — Propriétés immédiates du complémentaire
  • et .
  • (involutivité).
  • et .
  • (passage au complémentaire renverse l'inclusion).
⚠ Piège — le complémentaire dépend de E. Notation sans préciser est ambiguë. Selon le contexte, peut désigner (irrationnels) ou — résultat radicalement différent. Précise toujours l'ensemble de référence, surtout en analyse (intervalles, topologie).

4. Propriétés algébriques et lois de De Morgan

Les opérations et vérifient les mêmes lois algébriques que la multiplication et l'addition logique — c'est pourquoi elles servent de modèle pour les algèbres de Boole que tu retrouveras en informatique et en probabilités.

Théorème 4.1 — Propriétés algébriques de ∩ et ∪

Pour toutes parties de :

  • Commutativité : , .
  • Associativité : , .
  • Idempotence : , .
  • Éléments neutres / absorbants : , , , .
  • Absorption : , .
Théorème 4.2 — Distributivité croisée de ∩ et ∪ ★ À savoir démontrer

Pour toutes parties de :

Démonstration (de la première égalité — la seconde est symétrique)

On procède par double inclusion. Posons et .

Sens . Soit . Alors et , donc ou .

  • Si : comme , on a , donc .
  • Si : comme , on a , donc .

Dans les deux cas , d'où .

Sens . Soit , c'est-à-dire ou .

  • Si : et , donc , d'où .
  • Si : et , donc , d'où .

Dans les deux cas , d'où . Conclusion : .

Théorème 4.3 — Lois de De Morgan ensemblistes ★ À savoir démontrer

Pour toutes parties de :

Démonstration (par équivalences, pour la première égalité)

Soit . On enchaîne des équivalences logiques :

Cette équivalence valant pour tout , les deux ensembles sont égaux. La seconde formule s'obtient en remplaçant par et en utilisant l'involutivité .

📝 Slogan à retenir. « Le complémentaire échange intersection et union. » C'est la traduction ensembliste de la De Morgan logique : . Cette transposition est partout en probas (événements), topologie (ouverts/fermés) et info (booléens).
🧑‍🏫 Verrouille la double inclusion

La double inclusion est LA technique du chapitre — et celle qui revient en khôlle toute l'année. En 1 séance avec un mentor Majorant alumni de l'X, tu rédiges 5 doubles inclusions (Morgan, distributivité, image directe/réciproque) au standard concours, jusqu'à ce que ton stylo écrive tout seul.

Réserver une séance ciblée →

4.1 — Cardinal et formule du crible (cas fini)

Théorème 4.4 — Cardinal d'une union (crible à 2 ensembles) ★ À savoir démontrer

Si et sont des ensembles finis, alors est fini et :

En particulier, si et sont disjoints () : .

Démonstration (partition de )

On partitionne en trois morceaux deux à deux disjoints :

souligne le caractère disjoint. Par additivité du cardinal sur une union disjointe d'ensembles finis :

Or (union disjointe), donc , soit . De même . En reportant :

💡 Application — Combien d'entiers de 1 à 100 sont divisibles par 2 ou par 3 ? Avec et dans : , , . Donc .

5. Produit cartésien et partitions

5.1 — Produit cartésien

Définition 5.1 — Couple, produit cartésien

Étant donnés deux ensembles et , un couple est une paire ordonnée avec et . L'égalité de couples est définie par :

Le produit cartésien de et , noté , est l'ensemble de tous les couples :

Plus généralement, est l'ensemble des n-uplets avec . Quand , on note .

⚠ Piège — couple ≠ paire. Un couple est ordonné : . En revanche, la paire (ensemble à deux éléments) n'est pas ordonnée : . L'erreur la plus fréquente : confondre (couples de réels) et (paires de réels) — la première sert pour les coordonnées, la seconde pour le dénombrement.
Proposition 5.2 — Cardinal du produit cartésien

Si et sont finis, alors est fini et . Plus généralement, . En particulier .

💡 Exemple — Graphe d'une fonction. Pour , son graphe est : le produit cartésien est l'arène où vivent toutes les fonctions du chapitre suivant.

5.2 — Partitions d'un ensemble

Définition 5.3 — Partition

Une partition d'un ensemble est une famille de parties de telles que :

  1. Chaque est non vide : .
  2. Disjonction deux à deux : .
  3. Recouvrement : .

Si l'on omet la condition de non-vacuité, on parle plus généralement d'un recouvrement disjoint.

💡 Exemples de partitions.
  • — partition à 2 parts.
  • Pour premier, est partitionné par les classes modulo — partition à parts (lien avec l'arithmétique).
  • Tout ensemble fini admet une partition triviale en singletons : .
Proposition 5.4 — Additivité du cardinal sur une partition finie

Si est fini et est une partition de , alors :

C'est le principe de base du raisonnement par cas en dénombrement : compter les éléments d'un ensemble revient à le partitionner et à sommer les cardinaux des parts.

📝 Pourquoi les partitions sont partout. Les classes d'équivalence forment une partition (chapitre Relations), les orbites d'une action de groupe aussi (chapitre Groupes), les fibres d'une application aussi. C'est la base de tous les raisonnements de dénombrement.

6. Erreurs classiques en copie (vues par les correcteurs)

Ces erreurs sont relevées chaque année dans les rapports de jury (CCINP, Mines-Ponts, Centrale, X-ENS) dès les premières copies de l'année — le chapitre ensembles est souvent le tout premier interrogé en khôlle, et c'est sur la propreté de la rédaction ensembliste que se joue la première moitié de la note d'oral.

⚠ Erreur 1 — Confondre et . Écrire « » à la place de « » (ou inversement ). Réflexe à automatiser : un élément appartient, un ensemble s'inclut. Si tu hésites, demande-toi : « ce que je manipule, est-ce une boîte, ou un objet dans une boîte ? »
⚠ Erreur 2 — Démontrer par une seule inclusion. Beaucoup prouvent (sens « facile ») et oublient . Une égalité d'ensembles, c'est deux sens — écris « Sens » et « Sens » en titres, conclus par la double inclusion. Les correcteurs cherchent ce squelette pour donner les points.
⚠ Erreur 3 — Appliquer les opérations sans préciser l'ensemble de référence. seul est ambigu — il faut . Écrire en tête de copie « Dans toute la suite, désigne » est un réflexe gagnant.
⚠ Erreur 4 — Oublier la non-vacuité dans la définition d'une partition. Une partition exige trois conditions : parts non vides, disjointes, et de réunion . Beaucoup d'élèves citent les deux dernières et oublient la première — or l'écriture n'est pas une partition (à cause du ).
⚠ Erreur 5 — Utiliser sans vérifier la disjonction. La formule simple n'est valable que pour . Sinon, c'est le crible : . Vérifier la disjonction est un automatisme dès le premier DS.

7. Pour aller plus loin

Le langage ensembliste sera réinvesti dans tous les chapitres suivants — c'est la grammaire commune des maths en MPSI :

  • Applications et fonctions — image directe , image réciproque , injectivité/surjectivité : tous formalisés en langage ensembliste.
  • Relations binaires et relations d'équivalence — les classes d'équivalence forment une partition de , définition directe issue de cette fiche.
  • Dénombrement — le crible se généralise en formule du crible Poincaré, base de tous les calculs de cardinaux et de probabilités finies.
  • Probabilités — un événement est une partie d'un univers ; les opérations , , deviennent « et », « ou », « contraire ».
  • Topologie de ℝ — ouverts, fermés, intersections finies/quelconques, lois de De Morgan en jeu permanent.

Récap final — Ce qu'il faut absolument retenir

À la veille d'une khôlle ou d'un DS, parcours cette checklist : tu dois pouvoir répondre « oui, sans hésiter » à chaque question.

  • Sais-tu distinguer sans hésiter et sur un exemple ?
  • Sais-tu écrire la définition de l'inclusion avec un quantificateur ?
  • Sais-tu rédiger une démonstration d'égalité d'ensembles par double inclusion de bout en bout ?
  • Connais-tu les définitions formelles de , , , en compréhension ?
  • Sais-tu écrire les lois de De Morgan ensemblistes et les démontrer ?
  • Sais-tu démontrer la distributivité de sur ?
  • Sais-tu démontrer la formule du crible ?
  • Sais-tu énoncer et la justifier ?
  • Sais-tu donner les trois conditions d'une partition (non-vacuité, disjonction, recouvrement) ?
  • Sais-tu calculer et expliquer que est un couple ordonné ?

Démonstrations à savoir refaire

Fiches associées

📐 MPSI·Mathématiques

Nombres réels

Tout ce qu'il faut maîtriser sur \(\mathbb{R}\) en MPSI : axiome de la borne supérieure, caractérisation \(\varepsilon\), propriété d'Archimède, partie entière, densité de \(\mathbb{Q}\) et de \(\mathbb{R}\setminus\mathbb{Q}\), inégalités triangulaires — avec les 5 démonstrations à savoir refaire.

📐 MPSI·Mathématiques

Suites numériques

Tous les théorèmes incontournables sur les suites numériques en MPSI : convergence, opérations sur les limites, gendarmes, limite monotone, Bolzano-Weierstrass et suites adjacentes — avec les démonstrations qu'il faut absolument savoir refaire.

📐 MPSI·Mathématiques

Généralités sur les fonctions

La fiche socle pour manipuler proprement les fonctions en MPSI : domaine de définition, image directe et réciproque, parité, périodicité, monotonie, extrémums, composition et théorème de la bijection. Toutes les définitions formelles, les pièges récurrents en copie et la méthode-type pour prouver la bijectivité.

📐 MPSI·Mathématiques

Limites et continuité

Limites en un point ou à l'infini, opérations, caractérisation séquentielle, continuité, prolongement, TVI, bornes atteintes sur un segment et théorème de Heine. 7 définitions, 12 théorèmes et 4 démonstrations à savoir refaire, avec pièges concours sourcés des rapports de jury.

📐 MPSI·Mathématiques

Fonctions dérivables

Tout le cours MPSI sur la dérivabilité : nombre dérivé, chain rule, théorème de Rolle, TAF, inégalité des accroissements finis, monotonie via la dérivée, classes Cⁿ, formule de Leibniz, extrema locaux. 4 démonstrations à savoir refaire et 5 pièges de copie décortiqués.

📐 MPSI·Mathématiques

Logarithmes, exponentielles et puissances

Logarithme népérien, exponentielle, puissances réelles et croissances comparées en MPSI : définitions, propriété fonctionnelle, dérivées, 7 limites usuelles, équations log/exp et pièges de copie.

Tu veux aller plus loin sur ce chapitre ?

Nos mentors alumni de Polytechnique, CentraleSupélec et Mines Paris t'accompagnent en cours particuliers — démonstrations détaillées, exos type concours, oraux blancs.

Trouver un mentor →