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📘 Fiche de cours · 1re année📐 MPSI🧮 Mathématiques

Comparaisons locales

Tout sur les relations de comparaison locales en MPSI : grand O, petit o, équivalence ~, les 8 équivalents usuels en 0, croissances comparées et les pièges à éviter (somme et composition).

Fiche rédigée par les mentors Majorant — alumni Polytechnique, CentraleSupélec et Mines Paris.

5 définitions3 théorèmes4 démos à savoirMis à jour le 2026-05-18

Vue d'ensemble

Les comparaisons locales — domination (grand O), négligeabilité (petit o) et équivalence (~) — sont le langage qui permet en MPSI de remplacer une expression compliquée par une expression simple quand on est proche d'un point (typiquement , ou un ). C'est l'outil n°1 pour lever une forme indéterminée, étudier une limite ou comparer la croissance de deux fonctions. Cette fiche regroupe les 8 équivalents usuels à connaître par cœur, les 4 démonstrations à savoir refaire et les pièges qui font perdre presque systématiquement 2 à 3 points en DS si on les ignore.

Au programme MPSI (officiel) — Relations de comparaison au voisinage d'un point pour les fonctions et les suites : domination , négligeabilité , équivalence . Opérations algébriques sur ces relations (somme, produit, quotient, composition à droite). Équivalents usuels des fonctions . Théorème des croissances comparées entre puissances, exponentielles, logarithmes et factorielles. Utilisation des équivalents pour le calcul de limites.

Prérequis

  • Notion de limite d'une fonction en un point et opérations algébriques sur les limites
  • Manipulation des inégalités, valeur absolue, fonctions usuelles ()
  • Dérivation : nombre dérivé comme limite du taux d'accroissement
🎯 Accompagnement Majorant

Tu confonds encore O, o et ~ en plein DS ? C'est l'erreur n°1 sanctionnée sur les sujets d'analyse en MPSI — la frontière entre les trois symboles est subtile et bloque 1 élève sur 2. Nos mentors alumni X · Centrale · Mines te font travailler les cas-pièges sur tes propres copies en cours particuliers, jusqu'au réflexe.

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1. Définitions essentielles

Dans toute la fiche, est un point fixé, et sont deux fonctions définies sur un voisinage épointé de (c.-à-d. partout sauf éventuellement en ). On suppose, sauf mention contraire, que ne s'annule pas sur un voisinage épointé de — c'est l'hypothèse standard.

Définition 1.1 — Domination : f = O(g) au voisinage de a

On dit que est dominée par au voisinage de , et on note ou , s'il existe une constante et un voisinage de tels que :

De manière équivalente (si ne s'annule pas près de ) : la fonction est bornée au voisinage de .

Définition 1.2 — Négligeabilité : f = o(g) au voisinage de a

On dit que est négligeable devant au voisinage de , et on note ou , si pour tout , il existe un voisinage de tel que :

De manière équivalente (si ne s'annule pas près de ) : .

Définition 1.3 — Équivalence : f ~ g au voisinage de a

On dit que est équivalente à au voisinage de , et on note , si au voisinage de . De manière équivalente (si ne s'annule pas près de ) :

📝 Lecture intuitive.
  • : « ne croît pas plus vite que » (à un facteur constant près).
  • : « est strictement plus petit que près de » — écrase .
  • : « et coïncident à l'ordre principal près de ».
Ces relations dépendent du point : en mais en (c'est l'inverse !). Toujours préciser le voisinage.
Définition 1.4 — Transposition aux suites

Pour deux suites , avec à partir d'un certain rang, les définitions s'écrivent à l'infini (c.-à-d. pour ) :

  • si est bornée à partir d'un certain rang.
  • si .
  • si .
Définition 1.5 — Notation o(1) et O(1)

Cas particuliers très utilisés :

  • signifie quand ( est négligeable devant la fonction constante ).
  • signifie est bornée au voisinage de .

Ces deux notations permettent d'écrire compactement des restes : par exemple, « en » est exactement la même chose que « en ».

⚠ Piège #1 du chapitre — la notation « = » dans n'est PAS une égalité. On écrit par tradition, mais ce signe est unidirectionnel : ne signifie pas « ». Concrètement, désigne n'importe quelle fonction dominée par — pas une fonction unique. Donc :
  • en est vrai.
  • Mais on ne peut PAS soustraire de part et d'autre comme avec une vraie égalité.
  • De même est correct (l'ensemble est absorbant), mais ne signifie pas « par division par 2 ».
Lis toujours comme « est » : « est un ».
Proposition 1.5 — Hiérarchie entre les trois relations

Pour au voisinage de (avec non nulle), on a la chaîne d'implications :

Et : . Les réciproques sont fausses (cf. pièges section 5).

2. Propriétés algébriques des comparaisons

2.1 — L'équivalence est une relation d'équivalence

Théorème 2.1 — Propriétés fondamentales de ~ ★ À savoir démontrer

La relation au voisinage de est :

  • Réflexive : .
  • Symétrique : si , alors .
  • Transitive : si et , alors .
  • Compatible avec le produit : si et , alors .
  • Compatible avec le quotient : si et (avec près de ), alors .
Démonstration (transitivité + compatibilité produit)

Transitivité. Supposons et . Par définition, et en . Or :

par produit de limites finies. Donc .

Compatibilité produit. Si et , alors :

Donc . La compatibilité avec le quotient se démontre identiquement avec le rapport (en utilisant que implique ).

2.2 — Algèbre du petit o

Proposition 2.2 — Règles de calcul sur o(...) ★ À savoir démontrer

Au voisinage de :

  • Somme absorbante : .
  • Multiplication par scalaire : pour .
  • Produit : et .
  • Transitivité : si et , alors .
Démonstration (somme absorbante o(g) + o(g) = o(g))

Soient telles que et . Montrons que . Fixons . Par définition de , il existe un voisinage de tel que :

De même il existe tel que . Posons (encore un voisinage de ). Par inégalité triangulaire, pour :

Ceci étant vrai pour tout , on a bien . Note pédagogique : c'est la « tirelire » du chapitre Suites, version comparaisons locales — exactement le même schéma de démonstration.

2.3 — Liens entre ~ et o

Proposition 2.3 — Reformulation de l'équivalence

Les énoncés suivants sont équivalents :

  1. au voisinage de
  2. Il existe une fonction avec en telle que .
📝 Vocabulaire — partie principale. Quand on écrit en (ou en ), on dit que est la partie principale de . C'est l'ordre dominant : tout le reste est négligeable devant elle. Cette idée est l'embryon des développements limités (chapitre suivant).

2.4 — Composition à droite

Proposition 2.4 — Composition à droite par un changement de variable

Soit avec quand (et au voisinage de ). Si , alors :

Idem pour et . Cette règle justifie tous les changements de variable sur les équivalents (poser , , etc.).

⚠ Piège #2 — composition à GAUCHE interdite en général. Si , on n'a pas en général . Contre-exemple classique : en , (vrai car ), mais et , donc en . Règle : la composition à gauche n'est licite QUE par des fonctions « régulières » autour de la limite (puissances, racines), pas par exp ni log appliqués à des limites infinies. Pour composer à gauche par exp, il faut passer par la différence : implique — pas .

3. Équivalents usuels en 0 (à connaître par cœur)

Tous les équivalents ci-dessous sont au voisinage de (sauf mention contraire). Ils découlent de la dérivabilité des fonctions usuelles en — chacun se redémontre en quelques lignes à partir du nombre dérivé.

Théorème 3.1 — Équivalent de sin x en 0 ★ À savoir démontrer

.

Démonstration (par le nombre dérivé)

La fonction est dérivable en , de dérivée . Par définition du nombre dérivé :

c'est-à-dire , ce qui est exactement la définition de en .

Le même schéma marche pour toute fonction dérivable en avec et : alors en . Tous les équivalents usuels en qui suivent reposent sur cette idée.

Proposition 3.2 — Le catalogue des 8 équivalents usuels en 0

À mémoriser parfaitement :

Chacun se démontre par le nombre dérivé (ou pour les deux derniers, par puis ).

💡 Exemple — Reconstruction rapide. Pour retrouver en , on écrit . Comme , on applique en , donc . Trois équivalents enchaînés, une démo de 2 lignes.
📝 Cas particulier et . On en déduit :
🧑‍🏫 Le tableau des équivalents avec un mentor

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4. Croissances comparées (en +∞ et en 0)

Quand plusieurs fonctions classiques apparaissent dans une même expression (), il faut savoir laquelle écrase laquelle à l'infini. C'est l'outil principal pour lever les indéterminations et .

Théorème 4.1 — Croissances comparées en +∞ ★ À savoir démontrer

Pour tous réels et :

Autrement dit : « l'exponentielle bat toute puissance, qui bat tout logarithme. » Version suites correspondante (pour , ) :

D'où la hiérarchie complète en :

Démonstration (e^x écrase toute puissance)

Montrons en , c.-à-d. . On commence par le cas (le cas général en découle par changement de variable).

Étape 1 — Une inégalité élémentaire. Pour , on a (par dérivation itérée : la fonction vérifie , , pour , donc est croissante sur avec , donc , donc est croissante avec , donc ).

Étape 2 — Encadrement. Pour , on a donc , soit :

Par le théorème des gendarmes, en , donc .

Étape 3 — Généralisation à . Posons . Quand , aussi. On a :

en utilisant que (Étape 2) et la continuité de en . Donc en .

Pour en : poser , donc , et le rapport devient , qui tend vers d'après ce qu'on vient de démontrer (en remplaçant par et par avec un changement de variable analogue). Schéma à connaître.

Proposition 4.2 — Variante en 0 : x ln x → 0

Pour tout :

Se déduit du théorème 4.1 par le changement de variable : , et .

💡 Exemple canonique — Limite indéterminée. Étudions . À l'infini, écrase tout : on factorise par le dominant au numérateur () et au dénominateur () : Les croissances comparées font tout le travail.

5. Manipulation des équivalents — règles d'or et pièges

📐 Méthode-type — Calculer une limite avec des équivalents.
  1. Identifier le voisinage : , , ? On adapte le catalogue (en , on pose avec ).
  2. Repérer la forme indéterminée : , , , , .
  3. Substituer chaque morceau par son équivalent usuel, jamais dans une somme — uniquement dans des produits et quotients.
  4. Simplifier algébriquement jusqu'à obtenir une expression sans indétermination.
  5. Conclure avec la limite finale.
Astuce : pour , passer en — c.-à-d. écrire — puis appliquer .
💡 Exemple guidé — Limite . Forme . On utilise : , , . Par compatibilité produit/quotient : Limite . Trois substitutions, zéro calcul.
⚠ Piège #3 — NE JAMAIS ADDITIONNER NAÏVEMENT DEUX ÉQUIVALENTS. Si et , on n'a PAS en général. Contre-exemple culte : en , et , mais . La somme peut être nulle sans que le soit. Règle de survie : pour additionner, repasser par les définitions () ou utiliser un développement limité.
⚠ Piège #4 — NE JAMAIS COMPOSER À GAUCHE PAR EXP/LOG. n'implique pas ni (cf. piège #2 section 2). Contre-exemple : en , mais , donc . Critère utile : on peut composer à gauche par si (ou avec une condition supplémentaire de domination). On peut composer par exp si (et non juste ).
⚠ Piège #5 — Équivalent qui tend vers 0 ou ∞ : OK ; équivalent qui tend vers une limite finie non nulle : danger. Si et , alors (très utile). Mais : si et , est une information plus forte que — c'est tout l'intérêt. Et si , écrire est vrai mais souvent inutile : on perd l'ordre des termes correctifs.
📝 La règle d'or à retenir. Les équivalents sont multiplicatifs : on peut les enchaîner sur des produits et quotients sans danger. Ils sont fragiles en somme et traîtres en composition à gauche. Quand le doute s'installe, passe à (forme additive) ou à un développement limité (forme polynomiale exacte avec reste).

6. Erreurs classiques en copie (vues par les correcteurs)

Ces erreurs sont relevées chaque année dans les rapports de jury (CCINP, Mines-Ponts, Centrale, X-ENS) sur les épreuves d'analyse comportant des calculs de limites ou d'équivalents. Elles coûtent typiquement entre 1 et 3 points par occurrence, voire plus si elles invalident toute la suite du raisonnement.

⚠ Erreur 1 — Additionner deux équivalents. Écrire « en » est faux : on a , qui est en réalité équivalent à (développement limité), pas à . Rappel : équivalents = produits/quotients uniquement.
⚠ Erreur 2 — « Simplifier » en . Le absorbe la constante : et , mais ces deux assertions sont la même information (et n'égalent pas ). Un n'est pas un nombre concret, c'est une classe de fonctions. On manipule et comme des « bornes molles », pas comme des valeurs.
⚠ Erreur 3 — Oublier le voisinage. Écrire sans préciser « en » est ambigu : en , est bornée donc au sens fort, et certainement pas . Réflexe : toujours noter , ou écrire « en » à côté.
⚠ Erreur 4 — Conclure une limite à partir d'un équivalent dans une somme. « en , donc » : c'est vrai (par définition, donc ). Mais beaucoup d'élèves enchaînent : « donc » — ce qui n'a aucun sens (l'équivalence avec la fonction nulle n'est pas définie). Écris , pas .
⚠ Erreur 5 — Substituer un équivalent dans . Écrire « en car » est faux : ça donnerait , or . Pour en , il faut repasser par avec . Ne jamais composer un équivalent par sans précaution.

7. Pour aller plus loin

Les comparaisons locales sont la brique de base de l'analyse fine en MPSI puis en spé. Les chapitres qui les réinvestissent directement :

  • Développements limités — un DL d'ordre est exactement la décomposition est un polynôme. C'est la version polynomiale exacte des équivalents.
  • Séries numériques — la convergence absolue d'une série se décide à partir d'un équivalent simple de (règle de Riemann : ).
  • Intégrales impropres — la convergence en ou en un point singulier se ramène à comparer la fonction à (critère de Riemann intégral).
  • Étude de fonctions et tracés de courbes — branches infinies, asymptotes obliques, comportements à l'origine : tout passe par des équivalents et des DL.

Récap final — Ce qu'il faut absolument retenir

À la veille d'une khôlle ou d'un DS, parcours cette checklist : tu dois pouvoir répondre « oui, sans hésiter » à chaque question.

  • Sais-tu énoncer les définitions de , et avec les bons quantificateurs (sans regarder) ?
  • Sais-tu pourquoi le signe « » dans n'est pas une vraie égalité et ce que ça interdit ?
  • Connais-tu par cœur les 8 équivalents usuels en () ?
  • Sais-tu démontrer en à partir du nombre dérivé ?
  • Sais-tu démontrer la transitivité et la compatibilité produit de ?
  • Sais-tu démontrer la règle « » via la tirelire ?
  • Sais-tu énoncer et démontrer le théorème des croissances comparées (puissance vs exponentielle) ?
  • Connais-tu la hiérarchie en ?
  • Sais-tu pourquoi on ne peut PAS additionner des équivalents — et le contre-exemple culte ?
  • Sais-tu pourquoi on ne peut PAS composer à gauche par ou en général — et le contre-exemple ?
  • Sais-tu réciter la méthode-type pour calculer une limite avec des équivalents (5 étapes) ?
  • Sais-tu reconnaître quand passer en (formes ) et appliquer ?

Démonstrations à savoir refaire

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