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📘 Fiche de cours · 2e année📐 MP🧮 Mathématiques

Topologie des evn : limites, continuité, applications linéaires continues

Le deuxième volet de la topologie en MP : limites et continuité dans les evn, caractérisation séquentielle, continuité et image réciproque des ouverts/fermés (l'outil roi pour prouver qu'une partie est fermée), applications lipschitziennes, applications linéaires continues, norme subordonnée et continuité automatique en dimension finie. Avec les 3 démonstrations à savoir refaire et les pièges des rapports de jury.

Fiche rédigée par les mentors Majorant — alumni Polytechnique, CentraleSupélec et Mines Paris.

5 définitions4 théorèmes3 démos à savoirMis à jour le 2026-07-04

Vue d'ensemble

Après le décor (normes, ouverts, fermés), voici les acteurs : les applications continues entre espaces vectoriels normés. Ce deuxième volet généralise la continuité de sup à tous les espaces, en fait un outil topologique redoutable (l'image réciproque d'un ouvert est un ouvert), et traite le cas capital des applications linéaires continues — où continuité équivaut à « bornée sur la boule unité », via la norme subordonnée. C'est le chapitre qui transforme « montrer que est fermé » en « avec continue » : la méthode la plus rentable de toute l'analyse de spé. Cette fiche regroupe les 4 théorèmes incontournables, les 3 démonstrations à savoir refaire et les pièges relevés dans les rapports de jury.

Au programme MP (officiel) — Topologie des evn, deuxième volet : limite d'une fonction en un point, continuité en un point et sur une partie, caractérisation séquentielle de la continuité ; continuité et image réciproque des ouverts/fermés ; opérations, composition, continuité des applications composantes ; applications lipschitziennes ; applications linéaires continues, caractérisation par la bornitude sur la boule unité, norme d'opérateur ; continuité automatique en dimension finie.

Prérequis

  • Topologie 1 : normes, suites, ouverts, fermés, adhérence, caractérisation séquentielle
  • Continuité des fonctions d'une variable (sup) : définition ε, caractérisation séquentielle
  • Applications linéaires et dimension finie
🎯 Accompagnement Majorant

« Image réciproque d'un ouvert » : tu confonds encore le sens de la flèche ? C'est LE réflexe qui débloque les questions de topologie aux concours. Nos mentors alumni X · Centrale · Mines te font pratiquer sur des cas concrets (fermés de matrices, normes subordonnées) jusqu'à l'automatisme.

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1. Limite et continuité dans les evn

Définition 1.1 — Limite en un point

Soient , deux evn, , et . On dit que tend vers en si :

La limite, si elle existe, est unique ( étant adhérent à ). C'est la définition « ε–η » de sup, où les valeurs absolues sont remplacées par les normes de départ et d'arrivée.

Définition 1.2 — Continuité en un point, sur une partie

est continue en si quand ; elle est continue sur si elle l'est en tout point de . En dimension finie, grâce à l'équivalence des normes, la continuité ne dépend pas des normes choisies — on peut prendre celle qui arrange le calcul.

Théorème 1.3 — Caractérisation séquentielle de la continuité ★ À savoir démontrer

est continue en si et seulement si, pour toute suite de convergeant vers , la suite converge vers .

Démonstration (les deux sens, dont la contraposée)

Sens direct. Supposons continue en et . Soit : il existe tel que . Comme , il existe tel que pour ; alors . Donc .

Réciproque (contraposée). Supposons non continue en : il existe tel que, pour tout , un point viole la condition. En prenant , on obtient avec mais . Alors sans que : la caractérisation séquentielle échoue. Par contraposée, elle implique la continuité.

Usage n°1 : pour montrer qu'une fonction est DIScontinue, exhiber une seule suite telle que — souvent plus rapide qu'un raisonnement en ε.

Proposition 1.4 — Opérations et composition

Combinaisons linéaires, produits (si est une algèbre normée), quotients (là où le dénominateur ne s'annule pas) et composées d'applications continues sont continues. Une application à valeurs dans un espace produit (ou de dimension finie) est continue si et seulement si chacune de ses applications composantes l'est. La norme est toujours continue (1-lipschitzienne, par l'inégalité triangulaire inverse).

2. Continuité et image réciproque : l'outil roi

Théorème 2.1 — Caractérisation topologique de la continuité ★ À savoir démontrer

Pour , les assertions suivantes sont équivalentes :

  • (i) est continue sur ;
  • (ii) l'image réciproque de tout ouvert de est un ouvert de ;
  • (iii) l'image réciproque de tout fermé de est un fermé de .
Démonstration ((i) ⟹ (ii), puis (ii) ⟺ (iii) par complémentaire)

(i) ⟹ (ii). Soit ouvert de et : alors ouvert, donc il existe avec . Par continuité en , il existe tel que , c'est-à-dire . Donc est ouvert.

(ii) ⟺ (iii). Immédiat par passage au complémentaire : , et « ouvert » et « fermé » sont échangés par complémentation.

(ii) ⟹ (i). Pour et , la boule est un ouvert ; son image réciproque est un ouvert contenant , donc contient une boule . C'est la continuité en .

📐 Méthode-type — Montrer qu'une partie est ouverte / fermée par continuité.
  1. Écrire la partie comme image réciproque : identifier une fonction continue et un ensemble simple tels que .
  2. Fermés types : (égalité ), (inégalité large ), image réciproque d'un singleton ou d'un intervalle fermé.
  3. Ouverts types : , (inégalité stricte, non-annulation).
  4. Vérifier la continuité de : combinaison / composée de fonctions continues usuelles (norme, coordonnées, déterminant, trace, produit scalaire…).
💡 Exemples matriciels canoniques. : image réciproque d'un OUVERT par continue ⟹ ouvert. : image réciproque d'un FERMÉ ⟹ fermé. : image réciproque de (fermé) par continue ⟹ fermé (et borné, car ses colonnes sont unitaires : borné). Trois preuves en une ligne chacune, là où la voie séquentielle prend un paragraphe.
⚠ Piège n°1 du chapitre — C'est l'image RÉCIPROQUE, pas l'image directe. L'image DIRECTE d'un ouvert par une application continue n'a aucune raison d'être ouverte : envoie l'ouvert sur , ni ouvert. Toujours revenir à (« les tels que »). Inverser le sens est l'erreur de topologie la plus fréquente aux écrits.

3. Applications lipschitziennes et linéaires continues

Définition 3.1 — Application lipschitzienne

est -lipschitzienne s'il existe tel que pour tous . Toute application lipschitzienne est continue (uniformément, même). Exemple universel : est 1-lipschitzienne.

Définition 3.2 — Distance à une partie

Pour une partie non vide , la distance d'un point à est . L'application est 1-lipschitzienne (donc continue), et : elle fournit une fonction-témoin continue pour démontrer que est fermé.

Théorème 3.3 — Continuité d'une application linéaire ★ À savoir démontrer

Pour une application linéaire , il y a équivalence entre :

  • (i) est continue ; (ii) est continue en ;
  • (iii) est bornée sur la boule unité : ;
  • (iv) est lipschitzienne.
Démonstration (le cycle des équivalences)

(iii) ⟹ (iv). Par linéarité, , donc : est -lipschitzienne. (iv) ⟹ (i) ⟹ (ii) : trivial.

(ii) ⟹ (iii). Supposons continue en (avec par linéarité). Pour , il existe tel que . Pour quelconque, le vecteur est de norme , donc :

On a la bornitude avec . Le cycle est bouclé : les quatre assertions sont équivalentes.

Définition 3.4 — Norme subordonnée (norme d'opérateur)

Pour (linéaire continue), la norme subordonnée est la plus petite constante de bornitude :

Elle vérifie et la propriété sous-multiplicative — d'où, sur , .

Théorème 3.5 — Continuité automatique en dimension finie

Si est de dimension finie, TOUTE application linéaire est continue. Plus généralement, toute application -linéaire sur un produit d'espaces de dimension finie est continue (déterminant, produit matriciel, produit scalaire, produit vectoriel : tous continus).

⚠ Piège — En dimension infinie, une application linéaire peut être discontinue. Sur , la dérivation n'est PAS continue : vérifie (sur ) mais . En dimension infinie, « linéaire » n'entraîne JAMAIS « continue » : il faut le prouver (bornitude). Oubli fréquent, épinglé par les rapports.
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4. Erreurs classiques en copie (vues par les correcteurs)

Continuité et topologie se mélangent facilement — florilège des rapports (X-ENS, Mines-Ponts, Centrale, CCINP) :

⚠ Erreur 1 — Confondre image directe et image réciproque. Continue ⟹ image RÉCIPROQUE d'ouvert = ouvert (pas l'image directe). Le sens de la flèche est capital : un ensemble « défini par une condition sur » est . C'est la faute la plus signalée du chapitre.
⚠ Erreur 2 — Croire qu'une application linéaire est toujours continue. Vrai en dimension FINIE seulement. En dimension infinie, il faut vérifier la bornitude . La dérivation sur les polynômes est le contre-exemple à dégainer.
⚠ Erreur 3 — Passer à la limite dans une inégalité stricte. Comme au volet 1 : et continuité donnent (large). Les fermés se prouvent avec des inégalités larges ; les ensembles à inégalités strictes sont des candidats OUVERTS.
⚠ Erreur 4 — Oublier de justifier la continuité de la fonction-témoin. « donc fermé » n'est valable que si l'on a établi CONTINUE. Détailler pourquoi (combinaison de trace, déterminant, coordonnées… toutes continues) fait partie de la réponse — l'omettre est compté incomplet.
⚠ Erreur 5 — Mélanger norme subordonnée et norme de départ. La norme subordonnée DÉPEND des normes choisies sur et . Changer de norme change sa valeur (même si la continuité, elle, ne change pas en dimension finie). Toujours préciser par rapport à quelles normes on calcule .

5. Pour aller plus loin

La continuité en poche, le dernier volet de topologie et toute l'analyse s'ouvrent :

  • Topologie 3 : compacité — l'image continue d'un compact est compacte ; une fonction continue sur un compact est bornée et atteint ses bornes (théorème des bornes généralisé) : la clé de l'équivalence des normes en dimension finie.
  • Suites et séries de fonctions — continuité de la limite uniforme, théorèmes d'interversion : tout repose sur la norme infinie et la continuité.
  • Calcul différentiel — la différentielle est une application linéaire continue ; toute la théorie vit dans .
  • Oraux — continuité du déterminant, densité de , fermeture de : les questions de topologie matricielle se règlent presque toutes par image réciproque.
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Récap final — Ce qu'il faut absolument retenir

À la veille d'une khôlle ou d'un DS, parcours cette checklist : tu dois pouvoir répondre « oui, sans hésiter » à chaque question.

  • Sais-tu définir limite et continuité en un point dans un evn (avec les deux normes) ?
  • Sais-tu démontrer la caractérisation séquentielle de la continuité (dont la contraposée) ?
  • Sais-tu que la norme est 1-lipschitzienne, et l'utiliser comme fonction-témoin continue ?
  • Sais-tu démontrer « continue ⟺ image réciproque d'ouvert = ouvert » ?
  • Sais-tu écrire GLₙ, SLₙ, O(n) comme images réciproques et conclure ouvert/fermé ?
  • Sais-tu pourquoi c'est l'image réciproque (contre-exemple x ↦ x² pour l'image directe) ?
  • Sais-tu définir lipschitzien et que lipschitzien ⟹ continu ?
  • Sais-tu démontrer l'équivalence continue ⟺ bornée sur la boule unité pour une application linéaire ?
  • Sais-tu définir la norme subordonnée et sa propriété sous-multiplicative ?
  • Sais-tu qu'en dimension finie toute application linéaire (et multilinéaire) est continue ?
  • Connais-tu le contre-exemple de la dérivation discontinue en dimension infinie ?
  • Sais-tu que la norme subordonnée dépend des normes choisies ?

Démonstrations à savoir refaire

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