☀️ Stage Pré-rentrée · dès le 24 aoûtRéserver ma place →
📘 Fiche de cours · 2e année📐 MP🧮 Mathématiques

Espaces préhilbertiens et projection orthogonale

La géométrie du produit scalaire en MP : Cauchy-Schwarz et son cas d'égalité, bases orthonormées et procédé de Gram-Schmidt, supplémentaire orthogonal d'un sous-espace de dimension finie, projection orthogonale et théorème de la meilleure approximation (moindres carrés). Avec les 4 démonstrations à savoir refaire et les pièges des rapports de jury.

Fiche rédigée par les mentors Majorant — alumni Polytechnique, CentraleSupélec et Mines Paris.

5 définitions4 théorèmes4 démos à savoirMis à jour le 2026-07-04

Vue d'ensemble

Le produit scalaire ajoute à l'algèbre linéaire ce qui lui manquait : les angles, les distances et la notion de perpendiculaire. Ce chapitre consolide les acquis de sup (Cauchy-Schwarz, orthonormalisation) et les prolonge avec l'outil roi de la spé : la projection orthogonale sur un sous-espace de dimension finie, qui réalise la meilleure approximation d'un vecteur — le principe des moindres carrés, des séries de Fourier et de la moitié des problèmes d'analyse-algèbre croisés des concours. Cette fiche regroupe les 3 théorèmes incontournables, les 4 démonstrations à savoir refaire et les pièges relevés dans les rapports de jury.

Au programme MP (officiel) — Espaces préhilbertiens réels : produit scalaire, norme associée, inégalité de Cauchy-Schwarz ; familles et bases orthonormées, procédé de Gram-Schmidt ; supplémentaire orthogonal d'un sous-espace de dimension finie ; projection orthogonale, distance à un sous-espace et théorème de la meilleure approximation ; expression du projeté dans une base orthonormée.

Prérequis

  • Espaces préhilbertiens de sup : produit scalaire canonique, Pythagore
  • Compléments d'algèbre linéaire : sommes directes, projecteurs
  • Intégration (pour les produits scalaires de fonctions : )
🎯 Accompagnement Majorant

Les produits scalaires « exotiques » (intégrales, matrices) te déstabilisent ? Les concours ne travaillent presque que sur ceux-là. Nos mentors alumni X · Centrale · Mines te font manipuler polynômes orthogonaux et distances de fonctions jusqu'à ce que la géométrie devienne un réflexe, même en dimension infinie.

Trouver un mentor MP →

1. Produit scalaire, norme, Cauchy-Schwarz

Définition 1.1 — Produit scalaire, espace préhilbertien

Un produit scalaire sur un -espace vectoriel est une forme bilinéaire, symétrique, définie positive : avec égalité si et seulement si . Le couple est un espace préhilbertien réel ; s'il est de dimension finie, on parle d'espace euclidien.

Définition 1.2 — Norme associée et distance

La norme associée au produit scalaire est ; un vecteur est unitaire si sa norme vaut 1. La distance entre deux vecteurs est . Toute la géométrie du chapitre (angles, perpendiculaires, plus courtes distances) se formule avec ces deux grandeurs.

💡 Les trois produits scalaires des concours. Canonique sur : . Sur : (éventuellement avec un poids ). Sur : . Savoir VÉRIFIER les axiomes (surtout le caractère défini : une fonction continue positive d'intégrale nulle est nulle) est une question d'ouverture récurrente.
Théorème 1.3 — Inégalité de Cauchy-Schwarz ★ À savoir démontrer

Pour tous :

avec égalité si et seulement si et sont colinéaires.

Démonstration (le trinôme positif)

Si , tout est nul : l'inégalité est acquise. Sinon, pour tout , la positivité du produit scalaire donne :

C'est un trinôme du second degré en (coefficient dominant ) qui reste positif sur : son discriminant est négatif ou nul :

d'où l'inégalité. Cas d'égalité : signifie que le trinôme a une racine réelle , c'est-à-dire , donc : colinéarité. Réciproque immédiate.

Applications immédiates à réciter : ; (prendre ).

Proposition 1.4 — Identités de norme

Inégalité triangulaire (conséquence de Cauchy-Schwarz) ; développement ; identité de polarisation (la norme détermine le produit scalaire) ; théorème de Pythagore : .

2. Familles orthonormées et procédé de Gram-Schmidt

Définition 2.1 — Familles orthogonales, orthonormées

Une famille est orthogonale si pour , orthonormée si de plus (soit ). Toute famille orthogonale de vecteurs non nuls est libre (prendre le produit scalaire d'une combinaison nulle avec chaque ).

Proposition 2.2 — Coordonnées dans une base orthonormée

Dans une base orthonormée d'un espace euclidien, tout se calcule par produits scalaires :

Théorème 2.3 — Procédé de Gram-Schmidt ★ À savoir démontrer

Toute famille libre se transforme en une famille orthonormée telle que pour tout . En particulier, tout espace euclidien possède des bases orthonormées.

Démonstration (construction par récurrence)

On construit par récurrence. Initialisation : . Hérédité : supposons orthonormée engendrant . Posons :

Pour : — on a retranché à exactement sa « part » sur chaque direction déjà construite (c'est une projection orthogonale avant l'heure). Et : sinon serait combinaison des , donc des , contredisant la liberté. L'égalité des sous-espaces engendrés se lit sur la formule (triangulaire à coefficients diagonaux non nuls).

En pratique : orthogonaliser d'abord (les ), normaliser à la fin — et sur les polynômes (), le procédé engendre les polynômes de Legendre : LE classique d'écrit.

⚠ Piège — L'ordre de la famille compte. Gram-Schmidt dépend de l'ordre des vecteurs de départ : changer l'ordre change la base obtenue. Les énoncés imposent l'ordre (souvent ) — le respecter, et vérifier chaque conservé, fait partie de la réponse attendue.

3. Supplémentaire orthogonal et projection orthogonale

Définition 3.1 — Orthogonal d'une partie

L'orthogonal de est : c'est toujours un sous-espace vectoriel de , et (un vecteur orthogonal à lui-même est nul).

Théorème 3.2 — Supplémentaire orthogonal (F de dimension finie) ★ À savoir démontrer

Si est un sous-espace de dimension finie d'un espace préhilbertien , alors :

La projection sur parallèlement à est la projection orthogonale , donnée dans toute base orthonormée de par :

Démonstration (analyse-synthèse avec la formule du projeté)

Munissons d'une base orthonormée (Gram-Schmidt). Soit ; posons :

Pour chaque : , donc est orthogonal à chaque vecteur d'une base de , donc à tout entier (linéarité) : . Ainsi , et comme , la somme est directe : .

L'unicité de la décomposition montre que : la formule du projeté est démontrée en même temps que le théorème. En dimension finie, et .

Attention : si est de dimension infinie, le théorème peut tomber en défaut — l'hypothèse « dimension finie » n'est pas décorative et doit être citée.

📐 Méthode-type — Calculer un projeté orthogonal.
  1. Base orthonormée disponible ? Appliquer directement . Sinon, deux options :
  2. Orthonormaliser une base de par Gram-Schmidt (rentable si ou si la base est presque orthogonale), OU
  3. Poser le système : écrire sur une base quelconque de et traduire pour tout — système linéaire (équations normales).
  4. Contrôler : pour chaque générateur, et si .

4. Distance à un sous-espace : la meilleure approximation

Définition 4.1 — Distance à un sous-espace

La distance de à un sous-espace est : — la meilleure approximation possible de par un élément de . A priori, cet infimum n'a aucune raison d'être atteint : c'est tout l'objet du théorème suivant.

Théorème 4.2 — Théorème de la meilleure approximation ★ À savoir démontrer

Soit de dimension finie. Pour tout , le projeté est l'unique point de le plus proche de :

Démonstration (Pythagore fait tout)

Soit . Décomposons :

Les deux morceaux sont orthogonaux : Pythagore donne

avec égalité si et seulement si : le projeté réalise le minimum, et il est unique. La borne inférieure est donc un minimum atteint. Enfin, en appliquant Pythagore à : , d'où la seconde formule.

💡 Exemple complet — Un calcul de moindres carrés. Calculer : c'est dans muni de , avec . Équations normales : et , soit et . Résolution : , , et . Schéma à reproduire tel quel : la moitié des sujets « polynômes orthogonaux » commencent ainsi.
⚠ Piège — Sans projection, pas de minimum garanti. L'infimum n'est un minimum ATTEINT que grâce au théorème (F de dimension finie). Répondre à « calculer l'inf » sans reconnaître une distance à un sous-espace, c'est partir dans une optimisation à deux variables pénible — le réflexe « c'est un projeté ! » est exactement ce que le sujet teste.
🧑‍🏫 Le réflexe moindres carrés

« Calculer inf ∫(f − at − b)² » doit déclencher « projection orthogonale » en 5 secondes. Un mentor Majorant te fait reconnaître et dérouler ce schéma sur les sujets Mines et Centrale des dernières années — équations normales, Pythagore, contrôles — jusqu'à l'automatisme complet.

Réserver une séance ciblée →

5. Erreurs classiques en copie (vues par les correcteurs)

La géométrie préhilbertienne est réputée « sûre » — à condition d'éviter les cinq écueils que les rapports (X-ENS, Mines-Ponts, Centrale, CCINP) recensent inlassablement :

⚠ Erreur 1 — Oublier de vérifier le caractère défini positif. Pour montrer qu'une formule est un produit scalaire, le point délicat est toujours « » — pour les intégrales, il exige la CONTINUITÉ (une fonction continue positive d'intégrale nulle est nulle ; faux pour une fonction seulement intégrable). L'argument de continuité doit être écrit.
⚠ Erreur 2 — Utiliser la formule du projeté avec une base non orthonormée. exige une base ORTHONORMÉE de . Sur une base quelconque, il faut les équations normales. Appliquer la formule directe à une base non orthogonale est l'erreur de calcul n°1 du chapitre.
⚠ Erreur 3 — Invoquer E = F ⊕ F^⊥ sans l'hypothèse de dimension finie. En dimension infinie, l'orthogonal d'un sous-espace peut ne pas être supplémentaire. L'hypothèse « F de dimension finie » doit apparaître dans la rédaction — les jurys y tiennent d'autant plus que les espaces de fonctions sont l'habitat naturel des sujets.
⚠ Erreur 4 — Cas d'égalité de Cauchy-Schwarz bâclé. L'égalité équivaut à la colinéarité — et sa preuve (discriminant nul ⟹ racine ⟹ norme nulle) est exigible. « Par Cauchy-Schwarz, égalité donc colinéaires » sans justification ne rapporte rien quand la question EST le cas d'égalité.
⚠ Erreur 5 — Confondre projection orthogonale et projection quelconque. Un projecteur est orthogonal si et seulement si . Parler de « la » projection sur sans préciser la direction n'a de sens qu'orthogonale — et les propriétés de minimisation n'appartiennent QU'À elle.

6. Pour aller plus loin

Ce chapitre est la moitié « géométrie » du bloc euclidien — la moitié « spectrale » arrive juste après :

  • Endomorphismes des espaces euclidiens — adjoint, endomorphismes symétriques et théorème spectral, isométries : tout s'exprime dans les bases orthonormées construites ici.
  • Suites et séries de fonctions — les coefficients deviennent les coefficients de Fourier ; la projection sur les polynômes trigonométriques est la somme partielle de la série de Fourier (approche culturelle en MP).
  • Probabilités — l'espérance conditionnelle est une projection orthogonale (culture) ; la covariance est un produit scalaire, et Cauchy-Schwarz donne .
  • Analyse numérique et data — moindres carrés = équations normales = projection : la régression linéaire des données est exactement l'exemple de la section 4.
🚀 Stage intensif Majorant

Le bloc euclidien (préhilbertien + théorème spectral) est un pilier des écrits. Nos stages intensifs vacances (1 semaine, 25h) le traitent en continuité avec la réduction, exos type concours et khôlles blanches à l'appui — encadrés par des alumni X-ENS, Centrale et Mines.

Voir les stages MP →

Récap final — Ce qu'il faut absolument retenir

À la veille d'une khôlle ou d'un DS, parcours cette checklist : tu dois pouvoir répondre « oui, sans hésiter » à chaque question.

  • Sais-tu définir un produit scalaire (bilinéaire, symétrique, défini positif) et vérifier les axiomes sur ∫fg ?
  • Connais-tu les trois produits scalaires types (canonique, intégral, tr(AᵀB)) ?
  • Sais-tu démontrer Cauchy-Schwarz par le trinôme, AVEC le cas d'égalité ?
  • Sais-tu retrouver l'inégalité triangulaire, la polarisation et Pythagore ?
  • Sais-tu pourquoi une famille orthogonale de vecteurs non nuls est libre ?
  • Connais-tu les trois formules en base orthonormée (coordonnées, norme, produit scalaire) ?
  • Sais-tu dérouler Gram-Schmidt par récurrence, avec la conservation des Vect ?
  • Sais-tu démontrer E = F ⊕ F^⊥ pour F de dimension finie (analyse-synthèse avec la formule du projeté) ?
  • Sais-tu calculer un projeté : formule en base orthonormée OU équations normales ?
  • Sais-tu démontrer la meilleure approximation par Pythagore, et d(x,F)² = ‖x‖² − ‖p_F(x)‖² ?
  • Sais-tu reconnaître un inf de moindres carrés comme une distance à un sous-espace ?
  • Sais-tu où l'hypothèse « dimension finie » est indispensable ?

Démonstrations à savoir refaire

Fiches associées

📐 MP·Mathématiques

Groupes

Tout le chapitre structures algébriques (partie groupes) en MP : sous-groupes et leur caractérisation, morphismes et noyaux, le groupe ℤ/nℤ, groupes monogènes et cycliques, ordre d'un élément et théorème de Lagrange. Avec les 5 démonstrations à savoir refaire, les méthodes-type et les pièges relevés par les correcteurs.

📐 MP·Mathématiques

Anneaux, corps et arithmétique

Anneaux, corps et toute l'arithmétique modulaire de MP : idéaux de ℤ et de K[X], inversibles de ℤ/nℤ, théorème chinois et systèmes de congruences, indicatrice et théorème d'Euler, petit théorème de Fermat, structure d'algèbre. Avec les 5 démonstrations à savoir refaire, les méthodes-type (Euclide étendu, congruences) et les pièges signalés par les jurys.

📐 MP·Mathématiques

Compléments d'algèbre linéaire

Les quatre outils qui préparent la réduction en MP : sommes directes de plusieurs sous-espaces et bases adaptées, sous-espaces stables et endomorphismes induits, trace et ses invariances, formes linéaires et hyperplans. Avec les 5 démonstrations à savoir refaire, la méthode-type des sommes directes et les pièges signalés par les correcteurs.

📐 MP·Mathématiques

Éléments propres et polynôme caractéristique

Le premier chapitre de la réduction en MP : valeurs propres, vecteurs propres et sous-espaces propres, liberté des familles de vecteurs propres et somme directe, polynôme caractéristique (coefficients trace et déterminant, racines), multiplicités et encadrement 1 ≤ dim Eλ ≤ mλ. Avec les 4 démonstrations à savoir refaire, la méthode-type de calcul de χ et les pièges des rapports de jury.

📐 MP·Mathématiques

Diagonalisation et trigonalisation

Le cœur de la réduction en MP : caractérisations de la diagonalisabilité (base propre, somme directe, dimensions), critère complet χ scindé + dim Eλ = mλ, condition suffisante des n valeurs propres distinctes, trigonalisation sur ℂ, endomorphismes nilpotents et indice, calcul des puissances A^k. Avec les 3 démonstrations à savoir refaire et les pièges des rapports de jury.

📐 MP·Mathématiques

Polynômes annulateurs et Cayley-Hamilton

Le troisième volet de la réduction en MP : polynômes d'un endomorphisme et polynôme minimal, valeurs propres et racines des annulateurs, lemme de décomposition des noyaux, critère polynomial de diagonalisabilité (annulateur scindé à racines simples), théorème de Cayley-Hamilton et ses applications (inverse, puissances). Avec les 3 démonstrations à savoir refaire et les pièges des rapports de jury.

Tu veux aller plus loin sur ce chapitre ?

Nos mentors alumni de Polytechnique, CentraleSupélec et Mines Paris t'accompagnent en cours particuliers — démonstrations détaillées, exos type concours, oraux blancs.

Trouver un mentor →