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📘 Fiche de cours · 2e année⚗️ PC Physique

Équation de d'Alembert

Le modèle universel des ondes : équation de d'Alembert établie à partir de la mécanique de la corde vibrante, ondes planes progressives f(x−ct) et g(x+ct), célérité c = √(T/μ), ondes stationnaires et modes propres d'une corde fixée à ses deux extrémités (quantification des fréquences), superposition et décomposition modale. Avec les 3 démonstrations à savoir refaire et les pièges des rapports de jury.

Fiche rédigée par les mentors Majorant — alumni Polytechnique, CentraleSupélec et Mines Paris.

5 définitions3 théorèmes3 démos à savoirMis à jour le 2026-07-10

Vue d'ensemble

Une corde de guitare pincée, une onde qui court le long d'un câble : derrière ces images se cache UNE équation, l'équation de d'Alembert , matrice de toute la physique ondulatoire de PC. Ce chapitre l'établit à partir de la mécanique de la corde, décrit ses solutions (ondes progressives, ondes stationnaires), et traite le cas fermé de la corde fixée à ses deux bouts — d'où émergent les modes propres et l'harmonique, le fondement physique de la musique. La méthode de séparation des variables qu'on y rencontre resservira en diffusion thermique et en quantique. Cette fiche regroupe les 3 théorèmes incontournables, les 3 démonstrations à savoir refaire et les pièges relevés dans les rapports de jury.

Au programme PC (officiel) — Ondes dans un milieu unidimensionnel : établissement de l'équation de d'Alembert pour la corde vibrante (approximation des petits mouvements), célérité, structure des solutions (ondes progressives de d'Alembert, ondes stationnaires), séparation des variables ; corde fixée à ses deux extrémités : modes propres, fréquences propres, décomposition d'un mouvement sur les modes ; aspects énergétiques (densités linéiques d'énergie cinétique et potentielle, flux d'énergie).

Prérequis

  • Propagation d'un signal (sup) : onde progressive, célérité, retard
  • Oscillateur harmonique et mécanique du point : PFD, projection
  • Dérivées partielles et développements limités à l'ordre 1
🎯 Accompagnement Majorant

L'équation de d'Alembert va te suivre toute l'année. La maîtriser ici — établissement, solutions, modes — c'est capitaliser pour les ondes sonores, électromagnétiques et quantiques. Nos mentors alumni X · Centrale · Mines t'installent les réflexes une fois pour toutes.

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1. Établir l'équation de d'Alembert de la corde

Définition 1.1 — Le modèle de la corde vibrante

Une corde inextensible, sans raideur, de masse linéique (kg/m), tendue horizontalement avec une tension , vibre transversalement : chaque point d'abscisse se déplace verticalement de . On travaille dans l'approximation des petits mouvements : l'angle que fait la corde avec l'horizontale reste petit ().

Théorème 1.2 — Équation de d'Alembert de la corde ★ À savoir démontrer

Dans l'approximation des petits mouvements, le déplacement transversal vérifie l'équation de d'Alembert :

Démonstration (PFD sur un élément de corde)

Isolons l'élément de corde entre et , de masse . Il est soumis à la tension de part et d'autre : (tangente, vers la droite) et (vers la gauche). La tension a pour norme (constante dans l'approximation) et pour direction la tangente, d'angle avec .

Projection horizontale : . Aux petits angles : la résultante horizontale est nulle à l'ordre 1, cohérent avec l'absence de mouvement horizontal.

Projection verticale : avec , la résultante verticale vaut :

Le PFD vertical pour l'élément ( fois l'accélération ) donne :

d'où . AN corde de guitare : , : — bien plus lent que le son dans l'air, cohérent.

⚠ Piège — La tension est supposée uniforme, ce n'est pas gratuit. constante le long de la corde résulte de l'approximation des petits mouvements (projection horizontale à l'ordre 1). Sans elle, dépendrait de et l'équation ne serait plus linéaire. Toujours ÉNONCER l'approximation avant d'écrire d'Alembert — les rapports sanctionnent l'établissement « magique » sans hypothèses.

2. Structure des solutions : progressives et stationnaires

Théorème 2.1 — Solution générale de d'Alembert ★ À savoir démontrer

La solution générale de est la superposition de deux ondes progressives, l'une vers les croissants, l'autre vers les décroissants :

et sont deux fonctions arbitraires (de classe ), déterminées par les conditions initiales.

Démonstration (changement de variables caractéristiques)

Posons et . Par la règle de dérivation composée :

En reportant dans , les termes en et se compensent et il reste :

Cette équation s'intègre directement : ne dépend pas de , donc , soit . L'onde se propage sans déformation vers les croissants à la vitesse (elle prend en la même valeur qu'en avec le retard ).

Définition 2.2 — Onde progressive

Une onde progressive vers les croissants est une solution de la forme : le profil se propage sans déformation à la vitesse , la valeur en reproduisant celle en avec le retard . De même se propage vers les décroissants. La célérité est la vitesse de propagation de l'information le long de la corde.

Définition 2.3 — Onde stationnaire

Une onde stationnaire est une solution à variables séparées : la dépendance spatiale et temporelle se factorisent. Contrairement à une onde progressive, elle ne « se déplace » pas : elle oscille sur place, avec des nœuds (points immobiles, ) et des ventres (amplitude maximale) FIXES.

Proposition 2.4 — Séparation des variables

En cherchant dans d'Alembert, on obtient . Le membre de gauche ne dépend que de , celui de droite que de : ils sont donc égaux à une même constante . D'où deux oscillateurs harmoniques :

Une onde stationnaire s'écrit donc , avec la relation de dispersion .

⚠ Piège — Progressive et stationnaire sont deux DESCRIPTIONS, pas deux physiques. Une onde stationnaire est la superposition de deux ondes progressives de sens opposés et même amplitude (formule ). Le choix « progressive » ou « stationnaire » dépend du problème : stationnaire pour une corde bornée (réflexions aux bords), progressive pour un milieu ouvert. Opposer les deux comme incompatibles est une erreur conceptuelle.

3. Corde fixée aux deux bouts : les modes propres

Définition 3.1 — Mode propre, nœud, ventre

Un mode propre est une onde stationnaire compatible avec les conditions aux limites du système : la corde y vibre à une fréquence propre unique, tous ses points en phase. Les nœuds sont les points d'amplitude nulle (), les ventres les points d'amplitude maximale ; ils sont FIXES et régulièrement espacés d'une demi-longueur d'onde. Le mouvement le plus général est une superposition de modes propres.

Théorème 3.2 — Modes propres d'une corde de longueur L ★ À savoir démontrer

Une corde fixée en et () ne peut vibrer que sur un ensemble discret de modes stationnaires, indexés par :

Démonstration (conditions aux limites sur φ(x))

Cherchons les modes stationnaires avec , soit .

Condition en : pour tout impose , donc : .

Condition en : . Pour une solution non triviale (), il faut , c'est-à-dire avec . D'où la quantification :

Le mode présente ventres et nœuds (bords inclus). Les fréquences propres sont des multiples entiers du fondamental : ce sont les harmoniques, et c'est cette relation qui rend les instruments à cordes « musicaux ». La longueur d'onde du fondamental vaut : le mode fondamental « tient » une demi-longueur d'onde sur la corde.

Proposition 3.3 — Décomposition d'un mouvement quelconque

Tout mouvement de la corde fixée se décompose comme superposition de ses modes propres :

les coefficients étant fixés par la forme initiale et la vitesse initiale (coefficients de la série de Fourier en sinus — approche culturelle en PC). Le timbre d'un instrument tient au poids relatif des harmoniques dans cette somme.

📐 Méthode-type — Trouver les modes propres d'un milieu borné.
  1. Écrire d'Alembert et chercher les solutions stationnaires (séparation des variables → , ).
  2. Appliquer les conditions aux limites aux DEUX bords : fixe (, nœud) ou libre (, ventre). Elles quantifient .
  3. En déduire les , les fréquences , les longueurs d'onde, et le nombre de nœuds/ventres du mode .
  4. Discuter : harmonicité ( si les deux bords sont de même nature), superposition, effet d'un changement de tension ou de longueur (accord d'un instrument).
💡 Exemple — Accorder une guitare. . Pour monter la note (augmenter ) : tendre la corde (), la raccourcir (frette, ), ou l'alléger (, cordes aiguës plus fines). La dépendance en explique pourquoi accorder demande de gros tours de mécanique pour de petits écarts de fréquence. Corde de La (110 Hz), : , donc — le calcul complet des sujets de TP.
🧑‍🏫 Les ondes stationnaires au clair

Nœuds, ventres, conditions aux limites, harmoniques : un même schéma pour cordes, tuyaux et cavités. Un mentor Majorant te fait dérouler la méthode des modes propres sur tous les cas (fixe-fixe, fixe-libre, libre-libre) jusqu'à ce qu'elle soit automatique — et directement réutilisable en acoustique.

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4. Aspects énergétiques

Définition 4.1 — Densités linéiques d'énergie

Le long de la corde, on définit les densités linéiques (par unité de longueur) :

L'énergie totale d'un tronçon est .

Proposition 4.2 — Bilan et flux d'énergie

L'énergie se conserve et se propage : en définissant le flux (puissance transportée à travers l'abscisse ) , on a l'équation de conservation locale :

Pour une onde progressive pure , on montre (équipartition) et : l'énergie voyage à la célérité , comme l'onde. Pour une onde stationnaire, le flux moyen est nul : l'énergie oscille sur place entre cinétique et potentielle.

⚠ Piège — L'énergie potentielle est ÉLASTIQUE, pas de pesanteur. vient de l'allongement de la corde sous tension (travail de ), pas de la gravité (négligée dans le modèle). L'associer à est un contresens ; l'oublier fausse tout bilan énergétique. Question de compréhension classique aux oraux.

5. Erreurs classiques en copie (vues par les correcteurs)

Chapitre fondateur, erreurs fondatrices : elles se propagent (c'est le cas de le dire) dans tout le reste de la physique des ondes. Relevé des rapports (Centrale, Mines-Ponts, CCINP) :

⚠ Erreur 1 — Établir d'Alembert sans énoncer l'approximation des petits mouvements. Tension uniforme, , pas de mouvement horizontal : ces hypothèses sont le cœur de la démonstration. Les écrire AVANT le PFD est la moitié des points de la question d'établissement.
⚠ Erreur 2 — Se tromper de signe dans le retard t ± x/c. se propage vers les CROISSANTS (retard croissant avec ), vers les décroissants. Une erreur de signe inverse le sens de propagation et fausse toute lecture physique. Vérifier : « à plus grand, l'onde arrive plus tard » ⟹ .
⚠ Erreur 3 — Confondre condition « bord fixe » et « bord libre ». Bord fixe : (nœud de déplacement) ⟹ . Bord libre : la tension transverse s'annule, (ventre de déplacement) ⟹ . La quantification et l'harmonicité en dépendent (un tuyau fermé-ouvert n'a que les harmoniques impairs !). Vérifier la nature de CHAQUE bord.
⚠ Erreur 4 — Oublier que ω = kc lie les deux quantifications. Les conditions aux limites quantifient (géométrie) ; la relation de dispersion en déduit les fréquences. Sauter cette relation, ou quantifier directement, court-circuite la physique. .
⚠ Erreur 5 — Écrire e_p avec le mauvais coefficient. et : va avec le temps (inertie), avec l'espace (élasticité). Les intervertir, ou mettre dans , rend le bilan et l'équipartition faux. Contrôle homogénéité systématique.

6. Pour aller plus loin

L'équation de d'Alembert est la matrice de tout le programme d'ondes :

  • Ondes sonores dans les fluides — même équation, autre variable (surpression, vitesse) ; la célérité devient , modes propres des tuyaux sonores.
  • Réflexion, transmission, dispersion — ce qui se passe aux interfaces et quand et ne sont plus proportionnels (milieux dispersifs, vitesse de groupe).
  • Ondes électromagnétiques — les équations de Maxwell redonnent une équation de d'Alembert vectorielle ; les cavités et guides d'ondes sont des « cordes » en dimension supérieure.
  • Quantique — l'équation de Schrödinger stationnaire dans un puits infini est formellement le problème des modes de la corde fixée : mêmes , même quantification.
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Récap final — Ce qu'il faut absolument retenir

À la veille d'une khôlle ou d'un DS, parcours cette checklist : tu dois pouvoir répondre « oui, sans hésiter » à chaque question.

  • Sais-tu poser le modèle de la corde (μ, T₀, petits mouvements, tan α = ∂ₓy) ?
  • Sais-tu établir d'Alembert par le PFD sur un élément et trouver c = √(T₀/μ) ?
  • Sais-tu pourquoi la tension est uniforme (approximation des petits mouvements) ?
  • Sais-tu démontrer que la solution générale est f(t − x/c) + g(t + x/c) ?
  • Sais-tu retrouver le sens de propagation à partir du signe du retard ?
  • Sais-tu définir une onde stationnaire et faire la séparation des variables (ω = kc) ?
  • Sais-tu qu'une stationnaire = somme de deux progressives opposées ?
  • Sais-tu démontrer les modes propres kₙ = nπ/L, fₙ = nc/2L par les conditions aux limites ?
  • Sais-tu compter nœuds et ventres du mode n, et expliquer l'harmonicité ?
  • Sais-tu décomposer un mouvement sur les modes et relier timbre et poids des harmoniques ?
  • Sais-tu écrire les densités e_c = ½μ(∂ₜy)² et e_p = ½T₀(∂ₓy)² sans les intervertir ?
  • Sais-tu qu'une onde progressive vérifie l'équipartition e_c = e_p et transporte l'énergie à c ?

Démonstrations à savoir refaire

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