Vue d'ensemble
Comment produire de l'électricité à partir d'un mouvement — et inversement ? La réponse tient en deux phénomènes couplés : les forces de Laplace (un courant dans un champ magnétique subit une force ) et l'induction électromagnétique (une variation de flux magnétique crée une force électromotrice). La loi de Faraday et la loi de Lenz (le phénomène induit s'oppose à sa cause) gouvernent tout. Deux situations : le circuit FIXE dans un champ variable (cas de Neumann) et le circuit MOBILE dans un champ fixe (cas de Lorentz). Leur combinaison réalise la conversion électromécanique — moteurs, alternateurs, haut-parleurs, freinage par induction. Ce chapitre, propre à la PC, est le cœur de l'électrotechnique. Cette fiche regroupe les 3 théorèmes incontournables, les 2 démonstrations à savoir refaire et les pièges relevés dans les rapports de jury.
Prérequis
- Magnétostatique : champ magnétique, flux, force de Lorentz
- Équations de Maxwell (Maxwell-Faraday), ARQS
- Circuits électriques (loi des mailles), mécanique du point
Induction et forces de Laplace : LE couplage électromécanique des sujets de PC. Nos mentors alumni X · Centrale · Mines te font maîtriser Faraday, Lenz et les bilans énergétiques (rail de Laplace, moteur) jusqu'à l'automatisme — la clé de l'électrotechnique.
Trouver un mentor PC →1. Force de Laplace et loi de Faraday
Un conducteur parcouru par un courant , placé dans un champ magnétique , subit la force de Laplace :
C'est la résultante des forces de Lorentz sur les porteurs de charge en mouvement. Elle est ORTHOGONALE au fil et à , de norme . C'est la force motrice des moteurs électriques.
Le flux magnétique à travers un circuit orienté est (en webers). Une variation de ce flux engendre une force électromotrice induite , qui met en mouvement les charges du circuit. Le circuit se comporte comme un générateur de f.é.m. .
La force électromotrice induite est l'opposé de la dérivée du flux (loi de Faraday) :
Le signe traduit la loi de Lenz : le courant induit s'oppose, par ses effets (champ, force), à la CAUSE qui lui donne naissance (loi de modération). C'est un principe de « réaction » qui garantit la stabilité et la conservation de l'énergie.
Le courant d'un circuit crée son PROPRE flux à travers lui-même : , où est l'inductance propre (en henrys). Toute variation de induit une f.é.m. d'auto-induction :
Deux circuits voisins sont couplés par l'inductance mutuelle : le flux de l'un à travers l'autre est . L'auto-induction explique l'inertie électrique des bobines.
2. Conversion électromécanique
On distingue deux situations d'induction :
- Cas de Neumann : circuit FIXE, champ VARIABLE dans le temps. La f.é.m. vient de (Maxwell-Faraday). Exemple : transformateur.
- Cas de Lorentz : circuit MOBILE, champ STATIONNAIRE. La f.é.m. vient du déplacement des conducteurs, via le champ électromoteur . Exemple : rail de Laplace, alternateur.
Dans les deux cas, la loi de Faraday reste valable.
La conversion électromécanique transforme l'énergie mécanique en énergie électrique (générateur) ou l'inverse (moteur), grâce au COUPLAGE induction ↔ Laplace : le mouvement induit une f.é.m. (Lorentz), et le courant induit subit une force de Laplace (résistance au mouvement, Lenz). Ce couplage est conservatif : il ne crée ni ne détruit d'énergie (voir Thm 2.2).
Pour une barre conductrice de longueur se déplaçant à la vitesse dans un champ uniforme et stationnaire (rail de Laplace), la f.é.m. induite a pour norme :
Démonstration (champ électromoteur v ∧ B)
Dans la barre en mouvement, chaque porteur de charge subit la force magnétique , équivalente à un champ électromoteur . La f.é.m. est la circulation de ce champ le long du circuit, ; seule la barre mobile contribue (les rails sont immobiles).
Prenons , , la barre orientée selon sur une longueur . Alors , et de norme . On retrouve le même résultat par la loi de Faraday : , donc . CQFD. Les deux approches (Lorentz et Faraday) coïncident.
Dans la conversion électromécanique, la puissance des forces de Laplace (côté mécanique) et la puissance de la f.é.m. induite (côté électrique) se COMPENSENT exactement :
Démonstration (rail de Laplace)
Gardons une orientation ALGÉBRIQUE cohérente de bout en bout : le long de la barre, ce qui fixe le sens positif de et la normale de la surface. La barre parcourue par le courant subit la force de Laplace . Avec et : . Sa puissance mécanique est (avec ).
Avec la MÊME orientation, la f.é.m. de Lorentz vaut (Thm 2.1), et la puissance ÉLECTRIQUE délivrée au circuit par le générateur induit est Les deux puissances sont donc OPPOSÉES : , soit La puissance mécanique cédée par la barre est INTÉGRALEMENT convertie en puissance électrique (et réciproquement) : le couplage ne crée ni ne perd d'énergie. CQFD. Physiquement, le courant induit circule dans le sens qui rend OPPOSÉE à (Lenz), freinant la barre. Les pertes réelles viennent de la résistance , pas du couplage.
- Orienter le circuit et la surface (convention /), calculer le flux .
- F.é.m. : (Faraday) ; vérifier le sens par Lenz (opposition à la cause).
- Équation électrique : loi des mailles avec , , → courant .
- Équation mécanique : force de Laplace dans le PFD ; coupler avec l'électrique. Vérifier le bilan énergétique ().
Faraday, Lenz, couplage électromécanique, bilan d'énergie : les réflexes de l'induction. Un mentor Majorant te fait coupler équations électrique et mécanique sans erreur de signe — la maîtrise attendue sur les rails, moteurs et alternateurs.
Réserver une séance ciblée →3. Erreurs classiques en copie (vues par les correcteurs)
L'induction est un nid à erreurs de signe et d'orientation. Relevé des rapports (Centrale, Mines-Ponts, CCINP) :
4. Pour aller plus loin
L'induction est le fondement de toute l'électrotechnique :
- Machines électriques — moteurs à courant continu, alternateurs, machines synchrones : le couplage induction-Laplace en action.
- Transformateurs — cas de Neumann, couplage par inductance mutuelle, transport de l'énergie électrique.
- Haut-parleur et microphone — conversion électroacoustique par une bobine dans un champ magnétique.
- Freinage et lévitation — courants de Foucault, trains à sustentation magnétique (Maglev).
L'induction est un pilier de la physique de PC et des concours. Nos stages intensifs vacances (1 semaine, 25h) enchaînent Faraday, Lenz, rail de Laplace et machines avec exos type concours — encadrés par des alumni X-ENS, Centrale et Mines.
Voir les stages PC →Récap final — Ce qu'il faut absolument retenir
À la veille d'une khôlle ou d'un DS, parcours cette checklist : tu dois pouvoir répondre « oui, sans hésiter » à chaque question.
- Connais-tu la force de Laplace dF = I dℓ ∧ B ?
- Sais-tu définir le flux magnétique Φ = ∬ B·dS ?
- Connais-tu la loi de Faraday e = −dΦ/dt et la loi de Lenz (modération) ?
- Sais-tu ce qu'est l'auto-inductance L (Φ_propre = Li, e_auto = −L di/dt) ?
- Sais-tu distinguer cas de Neumann (circuit fixe, B variable) et de Lorentz (circuit mobile, B fixe) ?
- Sais-tu ce qu'est le champ électromoteur v ∧ B ?
- Sais-tu démontrer la f.é.m. de Lorentz |e| = Bℓv (rail de Laplace) ?
- Sais-tu retrouver ce résultat par la loi de Faraday (Φ = Bℓx) ?
- Sais-tu démontrer le bilan P_Laplace + e·i = 0 (couplage conservatif) ?
- Sais-tu que les pertes viennent de R (Joule), pas du couplage ?
- Sais-tu coupler équation électrique et équation mécanique ?
- Comprends-tu le freinage par induction (v décroît en e^(−t/τ)) ?
Démonstrations à savoir refaire
- F.é.m. de Lorentz — champ électromoteur v ∧ B, |e| = Bℓv
- Bilan énergétique du couplage — rail de Laplace, P_Laplace + e·i = 0