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📘 Fiche de cours · 2e année⚗️ PC🧮 Mathématiques

Séries numériques

L'art de sommer une infinité de termes : convergence, somme et reste d'une série, critères pour les séries à termes positifs (comparaison, équivalents, règle de d'Alembert, comparaison série-intégrale), séries de référence (géométrique, Riemann, exponentielle), convergence absolue et semi-convergence, familles sommables (ordre indifférent, sommation par paquets, théorème de Fubini) et produit de Cauchy. Avec les 2 démonstrations à savoir refaire et les pièges des rapports de jury.

Fiche rédigée par les mentors Majorant — alumni Polytechnique, CentraleSupélec et Mines Paris.

5 définitions3 théorèmes2 démos à savoirMis à jour le 2026-07-10

Vue d'ensemble

Additionner une INFINITÉ de termes : voilà l'objet des séries numériques. La première question est celle de la nature — la série converge-t-elle ? Pour les séries à termes positifs, une batterie de critères (comparaison, équivalents, règle de d'Alembert, comparaison série-intégrale) répond presque toujours. Pour un signe quelconque, on passe par la convergence absolue. Le chapitre s'élargit ensuite aux familles sommables : sommer sur un ensemble d'indices DÉNOMBRABLE quelconque (pas forcément ), ce qui autorise à réorganiser les termes librement (sommation par paquets, théorème de Fubini) et à définir le produit de Cauchy. C'est le socle de l'analyse de PC — séries entières, séries de Fourier, probabilités. Cette fiche regroupe les 3 théorèmes incontournables, les 2 démonstrations à savoir refaire et les pièges relevés dans les rapports de jury.

Au programme PC (officiel) — Séries numériques : convergence, somme, reste ; séries à termes positifs (comparaison, équivalents, règle de d'Alembert, comparaison série-intégrale) ; convergence absolue et son implication ; séries de référence (géométrique, Riemann, exponentielle). Familles sommables : famille sommable à valeurs positives puis complexes, sommation par paquets, théorème de Fubini, produit de Cauchy de deux séries absolument convergentes.

Prérequis

  • Suites numériques, limites, équivalents et négligeabilité
  • Intégrales généralisées (pour la comparaison série-intégrale)
  • Séries géométriques et exponentielles (1re année)
🎯 Accompagnement Majorant

La nature d'une série se règle par un équivalent — un réflexe à automatiser. Nos mentors alumni X · Centrale · Mines te font maîtriser critères de convergence, familles sommables et produit de Cauchy — le socle des séries entières, de Fourier et des probabilités.

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1. Séries numériques

Définition 1.1 — Série, convergence, somme, reste

La série de terme général est la suite des sommes partielles . Elle converge si a une limite finie , la somme . Le reste est , qui tend vers .

Condition nécessaire : si converge, alors (mais la réciproque est FAUSSE : diverge).

Définition 1.2 — Convergence absolue

La série est absolument convergente si converge. L'intérêt : est positif, on lui applique tous les critères des séries à termes positifs. Une série qui converge sans converger absolument est semi-convergente (ex. ).

Définition 1.3 — Séries de référence

À connaître par cœur :

  • Géométrique : converge ssi , de somme .
  • Riemann : converge ssi .
  • Exponentielle : converge (vers ) pour tout .
Théorème 1.1 — Comparaison et équivalents (séries à termes positifs) ★ À savoir démontrer

Soient POSITIVES. Alors :

  • Majoration : si et converge, alors converge.
  • Équivalents : si , les séries et sont de MÊME NATURE.
Démonstration (sommes partielles bornées et croissantes)

Majoration. Notons et . Comme , la suite est CROISSANTE. Comme , on a (finie car converge). Ainsi est croissante et MAJORÉE par , donc CONVERGE (théorème de la limite monotone). converge.

Équivalents. Si (termes positifs), alors pour grand, . Par la majoration appliquée dans les deux sens : converge converge (via ), et converge converge (via ). Même nature. CQFD.

Théorème 1.2 — Règle de d'Alembert et comparaison série-intégrale

Deux outils complémentaires :

  • d'Alembert : si et , alors ⟹ convergence, ⟹ divergence ( : cas douteux).
  • Comparaison série-intégrale : pour positive DÉCROISSANTE, et sont de même nature (encadrement par des intégrales sur des intervalles de longueur ).
⚠ Piège — uₙ → 0 ne suffit PAS à la convergence. La condition est NÉCESSAIRE mais pas suffisante : diverge alors que . Inversement, si , la série diverge GROSSIÈREMENT (contrôle rapide à faire en premier).

2. Familles sommables

Définition 2.1 — Famille sommable

Une famille indexée par un ensemble DÉNOMBRABLE , à valeurs positives, est sommable si l'ensemble des sommes finies est majoré ; sa somme est . Pour une famille à valeurs COMPLEXES, elle est sommable si l'est (sommabilité = convergence absolue). L'avantage : l'ordre de sommation n'a AUCUNE importance.

Définition 2.2 — Produit de Cauchy

Le produit de Cauchy de deux séries et est la série de terme général :

Il correspond au « produit des sommes » regroupé selon . Si et sont ABSOLUMENT convergentes, alors l'est aussi et .

Théorème 2.1 — Convergence absolue, sommabilité et Fubini ★ À savoir démontrer

Toute série absolument convergente est convergente. Pour une famille sommable, on peut sommer par paquets et intervertir l'ordre des sommations (théorème de Fubini) :

Démonstration (convergence absolue ⟹ convergence)

Soit absolument convergente (). Posons . Comme , on a . La série converge (série à termes positifs), donc par comparaison (Thm 1.1), converge.

Par linéarité, , différence de deux séries convergentes : converge. CQFD. (La sommation par paquets et le théorème de Fubini pour les familles sommables sont ADMIS ; leur usage sur des familles sommables est exigible.)

📐 Méthode-type — Déterminer la nature d'une série.
  1. Terme → 0 ? Si , divergence grossière (fin).
  2. Signe constant ? Si oui, chercher un ÉQUIVALENT simple () et conclure par Riemann ; ou d'Alembert si des factorielles/puissances.
  3. Signe quelconque ? Étudier la convergence ABSOLUE (, série positive). Si elle converge, la série converge.
  4. Sommes doubles / familles : vérifier la sommabilité () avant d'intervertir les sommations (Fubini).
💡 Exemple — Nature par équivalent, et une somme double.
: le terme général (positif), et converge (Riemann, ) : donc CONVERGE.
: famille positive, sommable car (Fubini + géométriques).
🧑‍🏫 Les critères de convergence au point

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3. Erreurs classiques en copie (vues par les correcteurs)

Les séries punissent les critères appliqués hors de leurs hypothèses. Relevé des rapports (Centrale, Mines-Ponts, CCINP) :

⚠ Erreur 1 — Appliquer un équivalent à une série de signe non constant. Le théorème des équivalents exige un SIGNE CONSTANT (termes positifs à partir d'un rang). avec des termes oscillants ne donne pas la même nature. Pour un signe quelconque : passer par la convergence absolue.
⚠ Erreur 2 — Conclure au cas ℓ = 1 de d'Alembert. Si , la règle de d'Alembert NE CONCLUT PAS (cas douteux) : il faut un autre critère (équivalent, Riemann). Beaucoup écrivent « donc divergence » — faux.
⚠ Erreur 3 — Intervertir des sommations sans sommabilité. (Fubini) n'est licite que si la famille est SOMMABLE (). Sans cette hypothèse, l'interversion peut changer le résultat. Toujours vérifier la sommabilité (souvent via les termes positifs).
⚠ Erreur 4 — Confondre convergence et convergence absolue. La convergence absolue IMPLIQUE la convergence, mais pas l'inverse ( est semi-convergente). Montrer que diverge ne prouve PAS que diverge : il faut une étude directe (critère spécial des séries alternées, regroupement).
⚠ Erreur 5 — Oublier de vérifier la décroissance (série-intégrale). La comparaison série-intégrale exige positive ET DÉCROISSANTE. Sans la décroissance, l'encadrement par les intégrales est faux. Vérifier la monotonie avant d'appliquer.

4. Pour aller plus loin

Les séries sont la brique de toute l'analyse de PC :

  • Séries de fonctions et séries entières — convergence normale, rayon de convergence : des séries paramétrées.
  • Séries de Fourier — décomposition d'un signal périodique en série trigonométrique.
  • Probabilités — l'espérance et les fonctions génératrices sont des sommes de séries / familles sommables.
  • Exponentielle de matrice et analyse — le produit de Cauchy fonde la manipulation des séries entières (produit, composition).
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Récap final — Ce qu'il faut absolument retenir

À la veille d'une khôlle ou d'un DS, parcours cette checklist : tu dois pouvoir répondre « oui, sans hésiter » à chaque question.

  • Sais-tu définir convergence, somme et reste d'une série ?
  • Sais-tu que uₙ → 0 est nécessaire mais pas suffisant ?
  • Connais-tu les séries de référence (géométrique, Riemann α > 1, exponentielle) ?
  • Sais-tu démontrer le critère de comparaison (sommes partielles bornées) ?
  • Sais-tu utiliser les équivalents (signe constant) pour la nature ?
  • Connais-tu la règle de d'Alembert (et le cas douteux ℓ = 1) ?
  • Sais-tu la comparaison série-intégrale (f positive décroissante) ?
  • Sais-tu définir la convergence absolue et la semi-convergence ?
  • Sais-tu démontrer que convergence absolue ⟹ convergence ?
  • Sais-tu ce qu'est une famille sommable (ordre indifférent) ?
  • Sais-tu qu'on n'intervertit les sommations (Fubini) que si sommable ?
  • Connais-tu le produit de Cauchy (cₙ = Σ aₖ bₙ₋ₖ) ?

Démonstrations à savoir refaire

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